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Ah, le bon vieux temps !
Ariana — ramadan
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 07 - 2015

La ville des roses a perdu son charme ramadanesque d'antan. Au grand dam des vieux arianais
Non, le mois de Ramadan n'est plus ce qu'il était à la ville de l'Ariana. Le charme des années 60-70 qui faisait la joie et la fierté des Arianais est hélas passé de vie à trépas. A jamais.
«A l'époque, on adorait le mois saint pour ses belles traditions et son ambiance bon enfant», se souvient Am Salah, 71 ans, qui nous invite, visiblement ému et nostalgique, à un saut dans le passé. «En ce temps-là, se remémore-t-il, le mois du carême était, pour nous, sacré et spécial. Avant la rupture du jeûne, c'était l'inévitable tournée quotidienne des épiceries qui n'avaient, croyez-moi, rien à envier aux grandes surfaces d'aujourd'hui. Tout y était, on en raffolait et on ne rentrait jamais bredouille. Tout près de ces épiceries montées et gérées dans leur majorité par les Djerbiens de père en fils, les étals étaient à perte de vue. C'est là où on vendait toutes sortes de pains préparés à la maison et au goût délicieux et, par-dessus le marché, aux tarifs accessibles à toutes les bourses. Dans la foulée, les crémeries, également fort prisées par le consommateur de l'époque, méritaient le détour, pour faire ses emplettes de laitages, dont l'indispensable pot de «lben arbi». Après le retentissement du canon de la mairie annonçant la rupture du jeûne, la ville se transformait en cimetière où pas âme qui vivait, à l'exception des gérants de cafés.
A propos des cafés, on en comptait cinq, dont les plus fréquentés s'appelaient «El-bellar», «Koumenji» et «Al-jomhouria» qui ne désemplissaient pas jusqu'à l'aube. C'est là où, outre les interminables parties de cartes expédiées bruyamment devant un ensorcelant narguilé et un thé à la menthe ou aux amandes, pas question d'y rencontrer un adolescent ou un voyou, pas question, non plus, d'entendre des propos obscènes. Ce qu'on entendait par contre, ce sont les tubes inoubliables et enivrants de Oum Kalthoum, Abdelwaheb, Sayed Dérouiche, Zakaria et autres cheïkh Safti. Mais, pour les Arianais de l'époque, il y avait aussi d'autres évasions nocturnes. Soit dans le mausolée de Sidi Ammar qu'on investissait, en quête de piété et de solidarité avec les pauvres gens qui s'y massaient. Soit au Montazeh Bir Belhassen où l'on vendait, sur l'immense verdure du parc, fricassés, sandwichs, briks à l'œuf et beignets sucrés, tout en s'attablant au café du Montazah, alors que les enfants s'y adonnaient à leur défoulement habituel au milieu des fêtes foraines où les jeux organisés dans les stands attiraient de nombreux compétiteurs et badauds. J'allais oublier les tournées des chevaux (kalisses) qui drainaient les enfants, pour un tour dans les rues et alentours de la cité. Une attraction populaire dont l'instauration remontait à l'époque des juifs arianais et du tramway qui traversait la ville. Ah ! le bon vieux temps!».
Une cité «balafrée»
Rompant avec sa nostalgie, Am Salah se départit soudain de son calme dès qu'il commença à parler du Ramadan de nos jours. Bonjour grincement de dents, bonjour froncement de sourcils ! «Aucune comparaison», lance-t-il, l'air triste et la mélancolie à son paroxysme, avant de s'expliquer : «Dites-moi, est-ce que le mois saint existe encore à l'Ariana? Permettez-moi d'avoir le regret de répondre par «non». Regardez ce qu'on voit aujourd'hui, sinon un marché municipal désespérément vide sous l'ampleur du phénomène des étals anarchiques où tous les abus sont permis : hausse illicite des prix, denrées alimentaires acquises par voie illégale sans transiter par les circuits de distribution contrôlés par l'Etat, saletés à perte de vue, comportement ordurier des vendeurs, produits facilement périssables, absence totale de contrôle et que sais-je encore. Après la rupture du jeûne, c'est à un autre décor non moins maussade et lugubre que vous êtes conviés, comme en témoignent ces cafés bondés où se mêlent blasphèmes et noms d'oiseau, et autour desquels pullulent les méchouas crasseux qui vendent du merguez grillé dont on ignore la provenance. En dehors de ces cafés aujourd'hui boudés par les familles arianaises de première souche, la cité est paralysée : aucune autre animation nocturne, la célèbre Kharja de Sidi Ammar s'est éclipsée et les chaussées sont jalonnées d'ordures ménagères dont le ramassage, irrégulier, est désormais à la merci d'une municipalité dépassée. Non, messieurs, la belle Ariana du bon vieux temps a disparu. Elle est devenue «balafrée», invivable, en attendant, peut-être, des jours meilleurs».


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