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Les jeunes Tunisiens ont besoin d'un message d'espoir
Près de 24% de la population ont entre 18 et 29 ans
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 07 - 2015

Un message fort ne saurait venir que du président de la République qui pourrait annoncer une initiative pour mettre la question de la jeunesse au cœur de l'actualité. Avec un appel à l'organisation d'états généraux s'inscrivant dans une dynamique participative qui aboutirait à la mise en place d'une nouvelle politique de la jeunesse
On ne compte plus le nombre de jeunes Tunisiens engagés dans les rangs de groupes terroristes, ni ceux qui ont pris le large pour finir au fin fond de la mer ou encore dans les prisons européennes. Ceux d'entre eux qui ont échappé à ces tristes sorts vivent comme des parias, à la marge de l'eldorado rêvé. Ils sont, d'après un rapport des Nations unies, près de 5.500 à avoir rejoint les conflits à l'étranger en Syrie et en Irak notamment. Attirés par les sirènes du jihad et les délices du paradis avec ses « houris » que leur font miroiter ces prédicateurs «envahisseurs» qui ont débarqué chez nous à l'invitation d'associations dont l'objet est directement lié à une doctrine religieuse pure et dure, endoctrinés par des imams radicaux qui ont transformé certaines mosquées en des centres de mobilisation et de prêches wahhabites, ils ont laissé derrière eux des familles désemparées et inconsolables. Des réseaux ont été mis en place, profitant du laxisme des gouvernements de transition et en premier lieu celui de la Troïka, financés par des «donateurs» de certains pays du Golfe, pour faciliter le recrutement et le transfert de milliers de jeunes Tunisiens dans les zones de conflits. Près de deux mille d'entre eux ont trouvé la mort dans ces sales guerres qui se déroulent loin de chez eux et ensevelis sans tombe ni mémorial. D'autres jeunes, et ils se comptent également par milliers (plus de 25.000), ont succombé à l'eldorado européen dès les premiers jours ayant suivi le 14 janvier 2011. Certains ont péri, d'autres se sont trouvés rassemblés dans de véritables camps de concentration sur l'autre rive de la Méditerranée, ou placés en détention, en proie à de graves difficultés et à une humiliation sans fin. Rares sont ceux qui ont réussi à se frayer un chemin dans les méandres de cet eldorado rêvé. Ce désir d'émigrer et d'émigrer clandestinement a, toujours, constitué une réalité dans le milieu des jeunes depuis longtemps déjà. Ce phénomène est d'autant plus inquiétant que la motivation la plus citée est l'absence d'avenir en Tunisie, puisque les raisons invoquées sont la recherche d'un emploi et l'amélioration de la situation sociale. Il s'est accentué au cours des dernières années à cause de la frustration et la déception face à cette réalité cruelle et crue qui prévaut dans le pays. Ils sont frappés de plein fouet par le chômage et sont les premières victimes de la dégradation de l'économie nationale.
Et pourtant, c'est la génération la plus instruite
Des chiffres qui sonnent comme un échec total pour cette « révolution » dont les jeunes étaient le véritable moteur. Le slogan mobilisateur « emploi, liberté, dignité nationale » n'a plus aucune portée et le drapeau national, rouge et blanc, tant hissé et brandi, a été peu à peu remplacé par ce fanion noir, emblème des organisations terroristes, comme Daesh. Pas plus tard qu'il y a à peine un mois, il a été étalé au grand jour dans l'enceinte de la salle de sport d'El Menzah, à l'occasion de la tenue du congrès d'un parti qui prône le retour au Califat et qui considère la démocratie comme une hérésie.
Dans une tribune publiée dans La Presse au mois de janvier dernier, un diagnostic a été fait de ces jeunes Tunisiens désemparés et en proie à l'angoisse et au désespoir. Ils sont près de 2 millions 500 mille âgés entre 18 et 29 ans et représentent environ 24% de la population totale. Avec un taux d'alphabétisation de plus de 96%, dont 20.4% de niveau supérieur, un taux qui a presque triplé en dix ans, ils sont la génération la plus instruite de toute l'histoire du pays. Presque la moitié des jeunes se trouvent concentrés dans deux régions, le Centre-Est avec 24.6% et le Grand Tunis avec 23.3%, suivies de loin par le Sud avec 15.6% et le Nord-Ouest avec 13.7%. La concentration dans les deux premières régions s'explique, essentiellement, par l'existence d'une carte universitaire plus variée avec un grand nombre d'institutions proposant toutes les spécialités avec environ 60% de l'ensemble des étudiants, et une forte concentration d'industries à haute valeur ajoutée et génératrice d'emplois. Cette jeunesse qui attend beaucoup de sa révolution semble, aujourd'hui, désorientée face à une situation extrêmement confuse et emmêlée.
Une société fâchée avec ses jeunes
Qu'ont fait les gouvernements successifs et les partis politiques pour ces jeunes totalement déçus par l'évolution de la situation du pays et se sentant trahis par une classe politique qui a usurpé leur «révolution » dont les causes sont toujours là, pour ne pas dire qu'elles ont empiré ? Pratiquement rien ! La situation s'est même dégradée avec l'accroissement du taux de chômage, l'aggravation de la pauvreté, la détérioration de la situation sécuritaire, la flambée des prix, la désintégration de l'économie nationale, la résurgence de phénomènes comme le terrorisme, la recrudescence de la violence et de la criminalité...On a l'impression que la société tunisienne est fâchée avec sa jeunesse.
Les dernières élections législatives et présidentielle ont démontré que les jeunes se désintéressent de la politique. Moins de 20% des 18-29 ans ont voté. Un désaveu pour toute la classe politique qui a été incapable d'intégrer les jeunes et de les accompagner. Les partis doivent se rendre à l'évidence: les jeunes s'intéressent à la politique autrement. Ils ne vivent pas les mêmes expériences que les générations précédentes. Tout a changé, la société, les repères, les valeurs et les grandes problématiques. Ils ont leurs propres formes d'expression et sont à la recherche d'autres modes d'action pour marquer leur différence et leur singularité. Les démarches ponctuelles doivent être écartées et il faut penser à insérer les stratégies de participation de la jeunesse dans un cadre institutionnel et structurel ainsi que dans les processus de développement politique, social et économique, autour d'un véritable projet pour la jeunesse. Les jeunes ont besoin d'un message fort de la part de la classe politique, loin de toute forme d'embrigadement et d'exploitation à des fins politiciennes. Un message d'espoir qui ouvrirait devant eux de nouveaux horizons. Ils ont besoin d'être écoutés et soutenus. Certes il n'existe pas de baguette magique ni de solutions miracles pour les problèmes des jeunes, mais un autre discours prometteur et porteur d'espoir et de valeurs pourrait être inventé. Ce message fort ne saurait venir que du président de la République qui pourrait annoncer une initiative pour mettre la question de la jeunesse au cœur de l'actualité. Avec un appel à l'organisation d'états généraux s'inscrivant dans une dynamique participative qui aboutirait à la mise en place d'une nouvelle politique de la jeunesse.


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