Remise de lettres de créance de M. Nabil Assaf, nouveau Représentant de la FAO en Tunisie    La scène musicale tunisienne en deuil : Décès du violoniste Amine Boudidah    L'Université de Gafsa et l'Ecole Normale Supérieure de Ouargla signent une convention de coopération    Forum des créatrices arabes 2026 à Sousse : la traduction au cœur des débats littéraires féminins    Alerte météo en Tunisie : Pourquoi il ne faut surtout pas ranger vos manteaux ce week-end    Importations sous contrôle : ce que ça change pour ton porte-monnaie en Tunisie    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Samsung Galaxy S26 Ultra embarque un nouveau codec vidéo pour réaliser des contenus de qualité professionnelle    Dhafer L'Abidine remporte le prix du meilleur réalisateur au Festival de Manchester pour son film Sophia    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Urgence nationale : Incendies et accidents dopent l'activité des soldats du feu    Les élèves tunisiens étudient toujours avec des manuels scolaires datant de 2004    Des pluies importantes attendues au nord et une amélioration du taux de remplissage des barrages    Boussi : une voix virtuelle pour sensibiliser à la fragilité du littoral tunisien    Titre    Quand se joue la demi-finale aller entre l'EST et Sundowns ?    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    Mohamed Salah Ben Aïssa - Hommage à un maître; quelques vérités pour l'histoire    Tunisie : victoire convaincante pour les débuts de Lamouchi    Engrais: la guerre au Moyen Orient met à nu la fragilité de la Tunisie    La nouvelle direction de l'UGTT, conduite par Slaheddine Selmi, appelle à la reprise du dialogue social    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Salon des patients sous le thème 'Parlons santé, prévention, nutrition et bien-être' du 3 au 5 Avril 2026 à la Cité de la Culture de Tunis    Concours Ecole Normale Supérieure : 110 places ouvertes pour l'année universitaire 2026-2027    LG Electronics confirme son leadership mondial sur le marché des téléviseurs OLED pour la 13e année consécutive    JAZZIT Festival 2026 : le festival de Jazz à Tunis de retour pour des moments musicaux intenses    Météo en Tunisie : temps nuageux, températures en baisse    Cette nuit, la France change d'heure : ce qui va concrètement changer    Décès de la journaliste Frida Dahmani : une grande figure de la presse tunisienne s'éteint    16es de finale de la Coupe de Tunisie : qui sera absent pour l'Espérance de Tunis ?    Décès de Frida Dahmani, correspondante de Jeune Afrique    Arabie Saoudite : visas expirés ? Prolongation et sortie sans frais jusqu'au 14 avril    Guerre en Iran et dans la région: éléments de décryptage    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    IWG ajoute un nouvel espace de travail Regus à Sfax    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    La Société des Transports de Tunis organise des sorties culturelles pour les écoles primaires    Le fenugrec ou helba: Une graine ancestrale aux vertus multiples    Mahmoud El May - Choc énergétique global : l'entrée dans une stagflation durable    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Abdelkader Mâalej: L'angliciste des services de l'information    Abdelaziz Kacem, en préface du livre d'Omar S'habou: Gabriem ou la tentation de l'Absolu    Secousse tellurique en Tunisie, au gouvernorat de Gabès ressentie par les habitants    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Détourner pour mieux saisir
«Ma Tunisianité», par SLOWN
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 08 - 2015

Il revient là avec cette nouvelle exposition personnelle qui reflète son envie de chanter son amour pour son pays. Sa manière à lui de contribuer à l'édifice de notre identité collective
La galerie du Petit Carnot de l'Institut français de Tunis abrite, depuis le 11 août, l'exposition «Ma Tunisianité» du photographe Slown. Une occasion de (re)découvrir le travail de ce jeune artiste que certains doivent déjà connaître grâce à sa série d'expositions : «Réalisateurs en portraits » présentées lors des trois éditions des Rencontres des réalisateurs tunisiens. Un travail très personnel qui opte pour la mise en espace et en scène dans une veine pop.
On a découvert Slown en 2009 à l'occasion de sa première exposition personnelle «Tunice, une autre vision de Tunis » présentée à l'espace «La Parenthèse» à la médina de Tunis. Depuis, il a fait son bout de chemin. Après des études au Canada, en rentrant, il enchaîne les expositions et prend part, entre autres, au Salon d'automne de Tunis et aux Rencontres internationales de la photographie de Ghar El Melh. Grand amoureux du cinéma, il est l'auteur d'un court métrage intitulé «Le Temps, la Mort et Moi» nominé dans plusieurs festivals entre Tunis, Alger, Nice et Paris.
Il revient avec cette nouvelle exposition personnelle «Ma tunisianité» qui, comme il le note, reflète son envie de chanter son amour pour son pays. Sa manière à lui de contribuer à l'édifice de notre identité collective. «On vit une époque trouble où la mondialisation arrivée à maturation perd petit à petit ses ambitions humanistes et progressistes. On vit le retour des nationalismes, du repli identitaire et, par conséquent, l'avènement d'un nouveau fascisme modéré ». En Tunisie, l'identité fut le débat houleux de la Révolution. Au moment où on devait écrire ensemble la Tunisie de demain, on s'est rendu compte qu'on ne l'imaginait pas tous de la même manière.Alors, qu'est-ce que la tunisianité ? Une sous-branche de l'arbre arabo-musulman ? Un fantasme bourguibien ? Le cœur du Maghreb ? Ou un pays occidental d'Afrique ?», s'interroge Slown. Et cette identité est, pour lui, multiple, en mouvement et métissée à l'infini. Elle évolue et change au gré des clichés rencontrés dans cette promenade photographique à laquelle il nous convie. Elle est ouverte à un autre imaginaire collectif qui l'inspire et fait que «Blanche Neige» des frères Grimm devient «Samra Samra». Toujours dans des mises en scène Jha et Ommi Sissi, deux personnages de la culture enfantine traditionnelle, deviennent nos contemporains et sont présentés dans un contexte actuel. Ici, l'artiste se joue des codes, une manière de dire que le patrimoine collectif est en mouvement, en progression. Il ne s'annule jamais mais se renouvelle.
Slown s'attaque aussi à la variété tunisienne en détournant et interprétant en photographie des chansons du patrimoine national à l'instar de «Tih el tali», «Taht el yasmina fellil». Cela donne lieu à des jeux de mots photographiques. Loin de ce côté ludique et parodique, Slown a eu envie de parler de l'asphyxie sociale régnante. «Après avoir vécu l'attentat de Charlie Hebdo à Paris ensuite celui du Bardo... l'attaque de Sousse était la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.J'ai ressenti une asphyxie aiguë et là, je me suis rendu compte que cet état était permanent et c'est peut-être cela qui nous fait tenir debout car depuis la révolution et la libération de la presse, l'actualité a changé de couleur. Optimiste aux premières heures du départ de Ben Ali, elle est devenue anxiogène, comme si le devoir de la presse était de nous maintenir dans un état de défiance et d'amertume», explique le jeune photographe. Et c'est là que tire son sens sa série «Khanga» où le sang vient maculer la vie quotidienne des Tunisiens et l'actualité médiatique. L'exposition s'attarde aussi sur l'oppression sociale des jeunes avec la symbolique d' «El Ayn», cet œil social qui juge et scrute. Sa tunisianité, Slown la définit, aussi, à travers son regard porté sur la femme tunisienne: «C'est dans leurs luttes que les femmes tunisiennes ont pris vie car oui, il n'y a pas de modèle unique et moi je me suis attardé sur ceux qui me fascinent le plus, en commençant par le plus récent, celui de cette femme qui brille par sa visibilité tout en restant invisible, celle qui porte sur elle le voile du monde. Ensuite, je suis allé du côté de celle qui ôtera la barbe à la Tunisie de demain. Je me suis baladé par la suite pour décrire la militante de gauche en avant-poste de l'armée des droits et des libertés et, pour finir, la Tunisienne ancrée dans ses racines pour mieux laisser ses branches s‘émanciper», note-t-il dans ce sens.
Détournement, fiction,montage et mise en scène sont les matériaux dont use le photographe pour raconter cette perpétuelle quête d'une identité loin d'être immuable. L'exposition interpelle par la force figurative et narrative de ces clichés qui mettent en scène de jeunes modèles. Elle nous présente une autre approche photographique loin du reportage ou de ce qui est saisi dans l'ici et le maintenant. A voir.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.