Les prix alimentaires mondiaux en hausse en mars à cause de la guerre    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    FIFEJ 2026 à Sousse : un festival du film dédié à la jeunesse plus ambitieux et inclusif    Alerte Trafic : Fermeture nocturne du pont de l'aéroport Tunis-Carthage dès ce soir    Slim Sanhaji a la tête de la 27e édition des Journées Théâtrales de Carthage, JTC 2026    Météo en Tunisie : températures en légère hausse, pluies éparses    Samsung Electronics leader du marché mondial des téléviseurs pour la 20ème année consécutive    Crise énergétique : le Bangladesh raccourcit les journées de travail et ferme les marchés plus tôt    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Nouveau discours de Donald Trump: le bout du tunnel reste encore lointain    La Nazionale mise sur la continuité : Gattuso soutenu par la Fédération    Voici les projets de la Banque mondiale qui touchent les Tunisiens    Tunisie : le barrage El Moula à Tabarka rempli à 100 %    Cerises : le kilo grimpe jusqu'à 60 dinars en Tunisie    Selim Sanhaji nommé à la tête des Journées théâtrales de Carthage 2026    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Bordeaux : Une nouvelle agence consulaire pour rapprocher les Tunisiens de chez eux    ''Ni élégants, ni à la hauteur'' : Macron réagit aux moqueries de Trump    La bibliothèque dorée de Trump : 50 étages... avions, escaliers dorés et salle de danse    Epson Tunisie, Ecole L'Odyssée et Socrate School célèbrent la créativité écoresponsable des jeunes talents    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Météo en Tunisie : persistance du temps froid et des pluies orageuses    Espérance de Tunis face à Sundowns : les arbitres officiels révélés    France - Tunisie : Extradition refusée pour Halima Ben Ali...    FIFA : décision finale sur l'Iran pour 2026    Festival du Cinéma Palestinien en Tunisie : 1ère édition du 2 au 12 avril 2026 à l'espace Le Rio à Tunis    Les Emirats interdisent l'entrée aux Iraniens    L'activité de la marque SEAT transférée temporairement vers le showroom CUPRA Ain Zaghouane    Prix Orange de l'Entrepreneur Social en Afrique et au Moyen Orient, POESAM , lancée dans sa 16e édition    Météo en Tunisie : temps froid, neige et pluies orageuses dans plusieurs régions    Sadok Belaïd: Dans son sillage...    Tunisie : décès d'Afif Hendaoui, une carrière entre diplomatie et enseignement    L'ancien ministre et ambassadeur Afif Hendaoui est décédé    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    Dhia Bouktila: La science est fille de l'imagination    Hommage au Doyen Sadok Belaïd: Témoignage et dialogue entre Philippe Noiret, Bertrand Blier, Louis de Funès et Raymond Devos    Watania Sports : diffusion expérimentale en marge des célébrations du 60e anniversaire de la Télévision tunisienne    Pionnière de l'océanographie tunisienne, la Professeure Founoun Chakroun est décédée    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Ce n'est plus la loi de la jungle, c'est pire, c'est la loi de Trump !    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Saison Méditerranée 2026 : Louis Logodin annonce une programmation culturelle franco-tunisienne    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Ahmed Jaouadi et Ahmed Hafnaoui brillent aux Championnats SEC : la natation tunisienne au sommet aux USA    La sélection tunisienne de judo senior remporte 11 médailles au tournoi international Tunis African Open    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'entreprise autrement : Des déficits de plus en plus graves
Publié dans La Presse de Tunisie le 27 - 11 - 2019

Comment une société matériellement, intellectuellement, culturellement et moralement appauvrie, régie par un Etat qui croule sous les dettes, la corruption et la bureaucratie, qui souffre en plus de terribles incohérences internes, devenant ainsi souvent un frein au progrès et ne pouvant plus imposer le respect de la loi, comment une société pareille peut-elle sortir de la redoutable spirale de décomposition dans laquelle elle s'est retrouvée ?
Question d'autant plus urgente que la situation économique du pays est plus qu'inquiétante, car la création des richesses a régressé de sorte qu'elle est devenue incapable de faire vivre décemment la plupart des habitants du pays, de permettre la maintenance les infrastructures existantes et chose très grave, incapable prochainement de développer d'autres infrastructures et de s'acquitter de ses dettes.
La situation du pays est également plus qu'inquiétante en ce qui concerne les dangers réels qui guettent sa souveraineté politique, économique et culturelle et qui fragilise sa sécurité au niveau de ses frontières aussi bien physiques que cybernétiques ainsi que pour la protection de ses données sensibles et à caractère confidentiel.
Une question épineuse qui s'impose à nous tous, car elle concerne notre société à nous, notre Etat, notre pays. Elle concerne aussi notre présent ainsi que l'avenir des générations futures. Une question à laquelle nous devons tous répondre, ensemble et le plus rapidement possible.
C'est-à dire arrêter d'abord de se lamenter et commencer tout de suite à réfléchir à des solutions efficaces et réalisables pour l'immédiat, le moyen et le long terme. Chose assez difficile, il faut le reconnaître car une bonne majorité d'entre nous ne sont pas capables de réfléchir correctement, ni d'ailleurs de planifier.
Que dire alors de pouvoir choisir, y compris ceux qui vont le représenter au sein des pouvoirs publics et de savoir prendre les décisions qu'il faut au moment opportun ? Or décider c'est faire démarrer le processus de l'action et l'action c'est la vie.
Un déficit, qui en conjugaison avec un ensemble d'événements survenus tout au long de ces dernières décennies ainsi que certaines pratiques collectives imposées, a eu pour entre autres conséquences néfastes la prédisposition inquiétante d'une bonne majorité de notre société à croire tout ce qui se dit et à devenir ainsi réceptive à toutes les rumeurs et les interprétations les plus alambiquées de la religion.
Il a également réussi à créer chez nous, et au sein d'une bonne frange de notre société, une forte prédisposition au mimétisme social et au suivisme. Pire, à commencer sérieusement et en toute inconscience, à détruire les fondements de notre identité et à saper notre sentiment d'appartenance à notre patrie.
La cause de ce déficit est bien claire, notre système éducatif, de socialisation, d'enseignement et de formation qui, depuis longtemps, a fait faillite, n'a, hélas pas réussi à produire cette compétence vitale chez nous, qu'est la capacité de réfléchir, de bien poser les problèmes et d'en imaginer des solutions.
Pire, il a réussi à la détruire après avoir pendant une période bien déterminée favorisé son développement. Cela sans parler d'autres compétences aussi vitales les unes que les autres, telle que la planification, comme déjà dit, l'anticipation ou la créativité qui sont restées embryonnaires ou sont totalement défaillantes.
Le système en question n'a, en fait, réussi qu'à favoriser la paresse et la malhonnêteté intellectuelles, et à ancrer en nous et chez nous une culture imprégnée de bon nombre de tares, telles que la fainéantise, la dépravation des mœurs, l'incivilité, le parasitisme, les sentiments d'infériorité, l'attentisme, le je-m'en-foutisme, la mentalité d'assisté, le défaitisme, la propension à la gabegie et à l'anarchie, etc.
Comment aurait-il pu réussi à nous apprendre à réfléchir alors qu'il n'a même pas réussi à nous apprendre à parler correctement, ni à comprendre, assimiler, maîtriser et comment utiliser les concepts les plus usuels, outils indispensables à la réflexion.
Il est aujourd'hui plus qu'aisé, en effet, de constater l'incompétence inquiétante d'une bonne majorité des Tunisiens, dont des enseignants universitaires, de tenir un discours fluide, cohérent et assez structuré, même dans notre parler tunisien.
Mais avant d'essayer de répondre à cette épineuse question, chacun est en droit d'en poser une autre : «Ladite société peut-elle réussir cette difficile et presqu'impossible mission ? ». A notre humble avis, oui elle peut, à condition de vouloir le faire, le pessimisme et le désespoir étant les pires ennemis de la vie.
Par Foued ALLANI


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.