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Parer à la déflation en stimulant l'investissement
BCT — Baisse du taux d'intérêt directeur
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 10 - 2015

Chedly Ayari : «La convergence d'une croissance négative au cours de deux trimestres consécutifs et d'une inflation, qui est en train de s'ajuster à la baisse, fait, sur fond de chômage au mieux stable, pointer le réel risque d'une déflation, le pire scénario qui puisse arriver. Il s'agit aujourd'hui d'arrêter
le glissement vers la déflation».
En décidant, ce mercredi, de baisser son taux d'intérêt directeur, à deux mois de la fin de l'année,
la BCT lance un signal aux investisseurs privés et s'inscrit dans la logique et la volonté d'amorcer,
dès 2016, un nouveau cycle positif de croissance. Avec, pour commencer, 2,5% de croissance
L'abaissement du taux directeur de la BCT de cinquante points de base, courant cette semaine, a suscité des réactions mitigées, favorables, défavorables, critiques et même l'indifférence. C'est que le taux d'intérêt intéresse plusieurs catégories d'acteurs, investisseurs, banquiers, consommateurs, etc. Et chacun appréhende cette décision en fonction de ses intérêts et de son impact sur son activité. En apparence, il s'agit d'une décision relativement brusque, dans la mesure où elle n'a été ni revendiquée par le milieu des affaires ni annoncée d'avance. Mais au fait, «c'est une décision mûrement réfléchie et parfaitement en phase avec l'évolution de la conjoncture». D'après M. Chedly Ayari, gouverneur de la Banque centrale de Tunisie, rencontré en exclusivité, cette décision tient compte d'une dangereuse conjugaison de deux indicateurs économiques, à savoir l'évolution de l'inflation et de la croissance.
En effet, c'est la première fois que ces deux indicateurs s'orientent vers la baisse en même temps. Même en 2011, lorsque la croissance a chuté à cause du choc révolutionnaire, l'inflation s'est orientée vers la hausse et la croissance économique a été tirée par la consommation.
Aujourd'hui, après deux trimestres consécutifs de baisse de la croissance, ce qui est considéré par les économistes comme une récession technique, cette tendance baissière se confirme et «la récession devient réelle», affirme le gouverneur de la BCT. Et l'indicateur de cette confirmation est l'indice de la production industrielle qui a toujours du mal à redémarrer. Il n'y a pas d'investissement !
En ce qui concerne la baisse de l'inflation, M. Ayari explique qu'elle est due à plusieurs facteurs, dont bien sûr les efforts du ministère du Commerce de contrôle et de régulation des circuits de distribution, mais surtout à cause de la baisse de la demande aussi bien extérieure qu'intérieure, l'une consécutive à la crise du secteur touristique et, l'autre, à la baisse de la consommation liée au pouvoir d'achat.
«La convergence, de la sorte, d'une inflation à la baisse et d'une croissance vers la baisse conduit automatiquement vers la déflation économique, tendance qu'il faudrait absolument éviter».
Parallèlement à cela, la BCT a relevé que la demande sur les crédits au niveau des banques a suivi une tendance baissière. Les banquiers disent qu'il n'y a pas de demande sur les crédits et les entreprises disent que les crédits coûtent cher. Problématique : comment rendre le crédit moins cher et plus accessible aux entreprises ?
Un taux de croissance à la portée
C'est ainsi, donc, que le Conseil d'administration de la BCT est parvenu à la décision d'abaisser le taux directeur. D'un côté, pour encourager les investisseurs à investir. De l'autre, pour rompre la tendance baissière de la croissance et amorcer un nouveau cycle de croissance positive, «même faible, l'essentiel c'est de renverser la tendance vers la hausse». D'où, la baisse du taux d'intérêt directeur, la première depuis 2011.
Dans cet ordre d'idées, le gouverneur de la BCT souligne, en réponse à certaines critiques, que cette baisse ne touchera pas à l'épargne. «D'ailleurs, explique-t-il, même lorsque le taux d'intérêt a été augmenté, à deux reprises depuis 2011, l'épargne n'a pas réagi.» C'est que «l'épargne est déconnectée du taux d'intérêt» en Tunisie (une particularité) et il existerait d'autres explications à cela. En Tunisie, l'épargne enregistre des taux modestes par rapport aux revenus, car les gens et le pays, en général, vivent au-dessus de leurs moyens.
Répondant à une question de La Presse concernant la certitude de la BCT de relancer l'investissement suite à cette mesure, M. Chedly Ayari a reconnu que l'investissement ne dépend pas uniquement du coût du financement. Sans doute, l'environnement sécuritaire et social est aussi important que le coût du crédit, mais en adoptant cette mesure juste à deux mois de la fin de l'année, la BCT lance un signal aux investisseurs — qu'ils ont d'ailleurs saisi avec satisfaction — tout comme les banquiers d'ailleurs, précise Chedly Ayari. Cette décision s'inscrit dans la logique de la relance économique annoncée dans le cadre du projet de budget 2016, soit réaliser 2,5% de croissance. «C'est la contribution de la Banque centrale», a noté M. Ayari, «mais ce n'est point un cadeau que nous faisons aux investisseurs. Nous voulons que le secteur privé prenne le risque qu'il faut pour relancer l'économie», estimant que la Tunisie est dotée d'un potentiel suffisant pour entamer un nouveau cycle positif de croissance à partir de 2016. Sans doute, on ne pourrait pas réaliser des taux de croissance élevés, 8 ou 9 %, «mais une moyenne de 5% est à notre portée pour les prochaines cinq années», a-t-il précisé, «profondément convaincu que 80% des atouts sont d'ordre intérieur», même si les moteurs de la croissance incluent les exportations et les IDE. «Il y a, à cet égard, un travail à faire au niveau du climat social, au niveau de la logistique et même au niveau de la productivité». Car, au fait, il ne faut pas se leurrer, « seul le travail peut aider la Tunisie à remonter la pente », conclut le gouverneur de la BCT qui ne s'est guère empêché de dire que dans les années soixante, la Tunisie était partie de rien, mais, avec beaucoup de travail, elle a réussi à réaliser des niveaux de croissance remarquables. Aujourd'hui, dit-il, il nous faudra « une révolution dans la culture du travail... »


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