El Kazma et K-off : Sous le signe du rire, la résilience et la réflexion    Des spécialistes alertent : la chirurgie esthétique va bien au-delà de l'apparence    Lotfi Chedly - Sadok Belaïd: Un professeur, un modèle...un ami    Education : une plateforme innovante pour développer l'imaginaire des élèves    Prix des billets, dates, vente officielle : le guide complet du Mondial 2026    Le Marché de l'agriculteur à Tunis les jeudis et vendredis pour soutenir le pouvoir d'achat des citoyens    Chômage de longue durée en Tunisie : la nouvelle plateforme va-t-elle enfin débloquer les recrutements ?    Météo en Tunisie : températures en hausse    Alerte : faux comptes Facebook usurpent l'identité du ministère de la Défense    Santé, innovation, IA : Philip Morris International plaide pour une transformation à impact réel    Réseaux sociaux et enfants : voici les pays qui veulent les interdire    Pain brun : attention à la couleur trop foncée    Salaire en Tunisie : où va réellement votre argent chaque mois ?    Le Pr Slim Laghmani poursuit ses entretiens à New York, en soutien de sa candidature au poste de juge au Tribunal international du droit de la mer    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    L'hérédité et le destin: la part du biologique et la part du social    70 ans de relations Tunisie–Japon : un nouvel accord pour booster l'économie nationale    Voici le programme de la Ligue 1 aujourd'hui... deux duels à ne pas rater !    Bonne nouvelle pour les diplômés chômeurs ? Saïed fait le point    9 avril : Musées et sites historiques gratuits en Tunisie    Stade olympique d'El Menzah : les travaux reprennent enfin fin 2026 !    Match PSG vs Liverpool : où regarder le match des Quarts de finale aller de la ligue des champions UEFA du 08 avril    Que reste-t-il du droit international ? Un colloque international à la Faculté des Sciences juridiques de Tunis, les 13 et 14 avril 2026    Accès gratuit aux musées et sites historiques de Tunisie à l'occasion de la fête des martyrs    Réouverture du détroit d'Ormuz : quel impact sur les prix des billets d'avion ?    Championnat mondial de calcul mental 2026 : un élève tunisien âgé 8 ans remporte le 1er prix    Téléviseurs QNED evo 2026 : LG repousse les limites du grand écran avec l'IA    L'Institut supérieur de biotechnologie de Sfax organise une journée portes ouvertes avec plus de 30 entreprises industrielles    Météo en Tunisie : ciel partiellement nuageux, températures en légère hausse    Vidéo-Buzz : la pub LEGO spécial Coupe du monde 2026 avec les stars du foot : secrets de tournage    Réunions de printemps 2026 du FMI et de la Banque mondiale : Alors que tout change...    Soliman plage: Préserver la station balnéaire de la progradation de la côte    Prix des cinq continents de la Francophonie 2026-2027 : lancement de l'appel à candidatures    L'Université de Tunis et l'Université Gustave Eiffel à Paris scellent une coopération académique et scientifique    Analyse - Récupération en Iran: «Il faut sauver le pilote Ryan»    Journées du Film Francophone 2026 à Tunis, Sousse et Sfax : 15 films de 13 pays à découvrir du 9 au 25 avril    Samia Salma Belkhiria - L'agriculture biologique en Tunisie: Un grand potentiel à promouvoir    Augmentation tarifs Musées Tunisie 2026 : Agences de voyage en colère    Gouverner dans le brouillard permanent: les trois qualités du dirigeant de demain    Lorand Gaspar: Le poète des instants fugaces    Artémis II lancée : une mission spatiale habitée vers la lune, plus de 50 ans après Apollo 17    Mohamed Nafti: L'engrenage de la destruction    Enseignement supérieur en Tunisie : chiffres clés, étudiants, diplômés et recherche en forte activité pour l'année 2024-2025    L'effet Jaouadi ou le triomphe de l'excellence opérationnelle    Le champion du monde tunisien Ahmed Jaouadi remporte la médaille d'or avec un nouveau record au championnat des universités américaines    Décès du journaliste Jamal Rayyan, figure historique d'Al Jazeera Arabic    "Monsieur Day", In memoriam    Sabri Lamouchi : Une bonne nouvelle impression (Album photos)    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



Protestations et blocages de routes à cause des coupures d'eau : L'Aïd de la soif
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 08 - 2020

Protestations, sit-in et blocages de routes à cause de l'eau. On sait que chaque année à pareille période, les contestations et les revendications pour un accès équitable à l'eau ont lieu. Qu'a-t-on fait depuis l'année dernière pour assurer un approvisionnement en eau potable de bonne qualité dans toutes les régions durant cette période estivale qui connaît un pic de consommation ?
Rien ! Certes, à l'occasion de l'Aïd El-Idha, la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede) a appelé, les citoyens à rationaliser leur consommation en eau et à reporter les usages secondaires après 16h00.
« L'objectif étant de limiter les fortes demandes en eau, particulièrement avec la hausse des températures », souligne la Sonede dans un communiqué.
Mais ce genre de communiqué n'est pas en mesure de calmer les ardeurs des citoyens dans les régions touchées par les « coupures » telles qu'à Béja où la route la reliant à Téboursouk au niveau d'Aïn Melliti a été bloquée par des citoyens en signe de protestation contre les coupures successives d'eau et son faible débit. Ou encore à La Mornaguia où les entrées et les sorties de la ville ont été bloquées pour revendiquer la reprise de l'approvisionnement en eau à partir du barrage Béni Mtir sans la mélanger avec celle provenant de la station de traitement de Ghdir El Golla. Des perturbations et une coupure dans la distribution de l'eau potable ont également été enregistrées dans les délégations de Kébili-Nord et Kébili-Sud.
Mais étant donné la gravité de la situation où ces formes de manifestations ont donné parfois pris des tournures criminelles, un Conseil ministériel consacré au suivi de la situation de l'eau potable a été tenu hier à La Kasbah durant lequel l'accent a été mis sur l'impératif de fournir des prestations d'approvisionnement conformes aux normes et d'accélérer les projets de la société nationale d'exploitation et de distribution des eaux (Sonede) afin de répondre aux attentes des citoyens.
Certes, le Chef du gouvernement a appelé à garantir une eau potable de bonne qualité à tous les citoyens, mais concrètement, la tâche ne sera pas facile et la Tunisie aura à revivre dans les années à venir les mêmes scénarios non seulement en été mais aussi en hiver.
En effet, dans un rapport publié en août 2019, le coordinateur général de l'Observatoire tunisien de l'eau, Alaa Marzouki, a indiqué que la vétusté des réseaux de distribution de l'eau est à l'origine des 112 coupures enregistrées durant les jours de l'Aïd et qui ont touché 105 mille abonnés (en 2019). La détérioration de ces réseaux aurait entraîné la perte de 25 à 30% de quantités d'eau distribuées, a-t-il ajouté, soulignant que le ministère de l'Agriculture a chargé la Société nationale d'exploitation et de distribution des eaux de renouveler ses infrastructures, en mobilisant ses propres ressources, ce qui n'est pas envisageable, en raison des difficultés financières de la société.
Et même si le financement demeure le principal obstacle que rencontre la Sonede, pour renouveler son réseau, les problématiques demeurent aussi liées à l'absence d'une stratégie nationale «clairvoyante» de gestion des ressources hydriques car à quoi servirait une mobilisation des nouvelles ressources en eau qui seront injectées dans des réseaux vétustes ?
Bien qu'il soit urgent que la Sonede entame la modernisation de ses infrastructures, le développement de ses modes de gestion et d'intervention et la réalisation des projets structurants, ce ne serait qu'un simple coup d'épée dans l'eau si on n'élabore pas une stratégie à long terme susceptible de garantir la sécurité hydrique dans un pays menacé par l'accroissement des besoins en eau, en raison de la croissance démographique, de l'aggravation du phénomène de raccordement anarchique aux réseaux, d'une exploitation intensive de ses nappes phréatiques à travers la création de plusieurs grands barrages, lacs collinaires, outre le sondage de puits.
Qu'attendons-nous, dès lors, pour élaborer la carte des ressources hydriques ? Pour revoir le système d'exploitation d'une manière radicale et pour adopter de nouvelles orientations pour la rationalisation de la consommation et l'exploitation d'autres nappes non mobilisées jusqu'à présent ? Ou pour la réalisation d'une banque de données sur les ressources hydriques en Tunisie (eaux de surface et eaux profondes) ainsi que pour l'instauration d'un système d'information géographique numérisé facilitant la prise de décision et la gestion de l'exploitation des eaux ? Nos ancêtres étaient-ils plus conscients en matière de gestion de cette précieuse ressource ? Il suffit de revisiter l'histoire de l'eau en Tunisie, depuis les vestiges découverts à El Guettar, en passant par la maîtrise de l'eau à l'époque punique et la période de l'Afrique romaine, les thermes d'Antonin, les citernes, les aqueducs de Zaghouan à Carthage et le Temple des eaux, les bassins des Aghlabites et le système d'irrigation et de la régulation de l'eau d'Ibn Chebat, pour appréhender son importance et les équipements développés pour sa sauvegarde. En attendant de voir le nouveau gouvernement, qui sera issu des prochaines élections législatives, accorder une priorité à cette question vitale de sécurité hydrique, tendons les mains vers le ciel pour une prière rogatoire (istisqa) !


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.