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«Le déficit hydrique impacte fortement la distribution de l'eau potable»
Entretien avec... M. Mosbah Helali, Président-Directeur-Général de la Sonede
Publié dans La Presse de Tunisie le 31 - 07 - 2018

Les coupures d'eau survenues au cours de ces derniers mois et dues à une intervention de la Sonede pour effectuer des travaux de maintenance suite à des fuites d'eau occasionnées par des conduites endommagées ont plongé les habitants dans un profond désarroi. Ces derniers ,qui ont dû composer avec une situation difficile, ont été contraints de recourir au système D pour s'alimenter en eau potable. L'accident récent, à Sidi Hassine Sijoumi, d'une grosse conduite qui a été endommagée par un engin, a fait ressurgir de nouveau le spectre de la pénurie d'eau chez les riverains qui s'interrogent sur les raisons qui se cachent derrière ces épisodes de coupures d'eau devenues récurrentes.
Dans un entretien avec La Presse, le président-directeur-général de la Sonede, M. Mosbah Helali, a bien voulu éclairer notre lanterne en explicitant les raisons de ces coupures d'eau tout en évoquant plusieurs points importants relatifs à l'impact de la sécheresse sur l'alimentation en eau potable, à la stratégie nationale à l'horizon 2030 destinée à renforcer la desserte en eau potable à travers tout le territoire et à la politique de maintenance de la Sonede desservie par le déséquilibre existant entre le prix de revient et le prix de vente de l'eau et dont l'impact se ressent négativement sur les ressources financières de la société. Entretien.
Entretien conduit par Imen HAOUARI
La première question que je vais vous poser reflète une des principales préoccupations des abonnés de la Sonede. Quelles sont les causes à l'origine des épisodes de coupure d'eau qui sont survenues au cours des derniers mois?
Comme vous le savez, la Sonede exploite aujourd'hui 54.000 km de conduites sur tout le territoire et environ 6.000 ouvrages hydrauliques. Tout cela nécessite bien entendu des opérations d'entretien et de la maintenance préventive et curative. Or, les opérations de maintenance sur n'importe quel réseau supposent une interruption du système. On ne peut pas faire de la maintenance préventive et procéder éventuellement à l'extension des réseaux et au renforcement des équipements sans faire des arrêts programmés dans le temps et dans l'espace.
En cas d'opération de maintenance qui nécessite une interruption du système de distribution, la Sonede émet des avis pour informer ses abonnés qu'elle diffuse dans les médias et sur les réseaux sociaux. Il faut savoir que généralement ces interventions sont programmables et sont gérées en dehors de la saison estivale, à savoir généralement au cours de l'automne, l'hiver et le printemps. On parle de coupures d'eau programmées. Maintenant, il y a ce qu'on appelle les coupures d'eau inopinées. Il s'agit dans ce cas-là d'un autre type d'intervention sur le réseau.
Celle-ci relève de la maintenance curative qui consiste à intervenir pour réparer des pannes et des fuites inopinées qui arrivent sur le réseau. Ces pannes et ces fuites résultent du fait que ce réseau est sous pression depuis plusieurs années. L'eau circule à travers 54.000 km de conduites ce qui augmente la probabilité des pannes inopinées. C'est normal qu'il y ait des coupures sur le réseau et que le service soit interrompu de temps en temps. La Sonede intervient en cas de panne pour effectuer les travaux nécessaires et rétablir l'alimentation et la distribution de l'eau potable. Notre intervention sur le réseau achevée, nous procédons à la remise en eau dans le réseau ce qui nécessite un temps matériel nécessaire avant un retour à la normale. Il y a des interventions sur des conduites de distribution de petit diamètre qui ne nécessitent pas une coupure prolongée ; par contre il y a d'autres interventions qui se font sur des conduites d'adduction de grand diamètre.
A titre d'exemple, deux interventions dans le Grand-Tunis ont été accompagnées d'un grand tapage médiatique. Citons celle de l'opération de Sidi Hassine Sijoumi survenue il y a deux semaines. Nous sommes intervenus dans cette zone pour réparer une conduite qui a été endommagée par un engin de chantier. Récemment, nous avons dû procéder à une coupure partielle de l'alimentation en eau pour réparer une fuite d'eau sur une conduite de diamètre de 1.400 mm qui alimente la banlieue nord. Cela s'est traduit par une réduction du volume d'alimentation de cette zone de 50%. Un avis a été émis par la Sonede pour prévenir les habitants. Les équipes de la Sonede ont été mobilisées toute la nuit pour minimiser le temps d'intervention de cette coupure sur la continuité de l'alimentation en eau dans la zone concernée.
Pourquoi les coupures d'eau sont devenues de plus en plus fréquentes, notamment pendant la saison estivale?
Les interventions ne sont pas de plus en plus fréquentes étant donné que la moyenne oscille entre 50 et 70 interventions par jour. Il faut savoir qu'il existe deux types de coupures. Pendant la saison de pointe qui correspond à la période estivale, les coupures d'eau qui sont généralement observées ne sont pas dues à l'intervention de la Sonede sur le réseau mais à l'insuffisance des ressources en eau de certaines régions. Etant donné que notre pays passe par une troisième année de sécheresse, les réserves en eau sont en train de s'amenuiser dans certaines régions qui souffrent du manque d'eau. Cette sécheresse a généré une baisse du niveau des barrages.
Aujourd'hui, des villes comme Le Kef, Zaghouan, le bassin minier de Gafsa souffrent du manque de pluviométrie à l'origine de la pénurie d'eau qui est observée dans ces régions. Il faut aussi savoir que la sécheresse est à l'origine de la baisse des réserves des barrages qui sont actuellement à 30% de leur capacité maximale. Le manque de pluviométrie est également responsable de la réduction du niveau des nappes souterraines. Cette année, on a constaté au cours du mois de mai une baisse de quatre mètres du niveau des nappes souterraines dans la ville de Zaghouan.
C'est ce qui explique le fait que les ressources en eau se sont amenuisées. D'ailleurs le débit des forages exploités sur cette nappe a baissé substantiellement. Idem dans la région du Kef où la baisse du niveau des nappes souterraines est à l'origine de la réduction du débit des forages et des pompages. D'où la perturbation de la distribution de l'eau potable dans cette région. Ce phénomène n'est pas propre à la Tunisie. L'impact négatif des changements climatiques se fait actuellement sentir en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et dans le bassin méditerranéen.
Quelles sont les causes de la pénurie d'eau observée dans plusieurs régions?
Ce qui est préoccupant c'est que cette élévation de température exceptionnelle couplée à trois années de sécheresse a impacté négativement la consommation en eau. Il y a une corrélation directe entre la hausse de la température et la consommation en eau, ce qui a accentué la pression sur les ressources hydriques au cours des trois dernières années. Celle-ci menace de plus en plus l'équilibre entre les ressources et la demande et qui est à l'origine de la perturbation fréquente de l'alimentation en eau potable. Citons le cas des villes du Sahel et de Sfax dont l'approvisionnement en eau potable s'effectue à partir d'un système alimenté à partir des eaux des barrages de Sidi Salem et Nebhana. Sidi Salem ne renferme actuellement que 135 millions de m3, alors que l'année dernière qui était également une année de sécheresse il y avait à la même date 155 millions de m3. Ce qui ne représente que 28% de sa capacité. Voyez-vous, les barrages sont pratiquement vides. Or, le barrage Nebhana assure essentiellement l'alimentation en eau durant la pointe estivale des régions du Cap Bon, du Sahel et de Sfax. L'année dernière, ce barrage contenait 8 millions de m3. Depuis, les réserves en eau ont baissé et s'élèvent actuellement à 2 millions de m3. Du coup, ce déficit nous a posé problème. Toutefois, nous avons fait en sorte de gérer la situation.
Quelle est la politique adoptée par la Sonede pour répondre aux besoins en eau de la population?
Nous avons des traditions à la Sonede qui datent depuis maintenant de cinquante ans. Chaque année, lorsque l'été se termine — il s'agit de la saison où la consommation en eau atteint son pic —, nous préparons le programme du passage à l'été suivant. Nous avons commencé la préparation de l'été 2018 depuis l'année dernière. Ce programme comporte la création de nouveaux forages, le renforcement des réseaux d'adduction et de distribution ainsi que celui de la capacité de pompage. La Sonede a programmé pour cette année la création de 88 forages profonds sur toute la République en ciblant notamment les points vulnérables où l'équilibre est fragile entre les ressources et la demande. 17% des ressources en eau sont utilisés pour l'eau potable. Cette stratégie a un coût : 40 millions de dinars. Elle a pour principal objectif d' atténuer l'impact négatif de la rareté des ressources en eau et du déficit hydrique dans les régions. Rappelons que la pénurie d'eau dans les régions est due au manque des ressources en eau suite à trois années consécutives de sécheresse. La rareté des ressources due à la sécheresse est responsable des coupures d'eau dans les régions vulnérables.
Le réseau de la Sonede a considérablement vieilli. Est-ce que vous allez remplacer les vieilles conduites par de nouvelles ou continuer à entretenir les anciennes?
Il faut maintenir une certaine cadence de renouvellement afin que le système ne vieillit pas. Il s'agit de faire de la rénovation au fur et à mesure du degré de vétusté relevé. Nous commençons par les conduites les plus vieilles que nous remplaçons par de nouvelles. Il en est de même pour les équipements vétustes. Nous procédons aussi à des coupures préventives pour réaliser des extensions sur le réseau afin de pouvoir raccorder de nouveaux abonnés et alimenter de nouveaux quartiers. Actuellement, nous comptons trois millions d'abonnés, un abonné correspondant à une famille. Sur la population totale, cela correspond à 11,5 millions d'habitants.
Faire de la maintenance et intervenir sur le réseau n'est pas nouveau. N'importe quel système évolue en termes d'extension et de vieillissement. Tous les jours, des conduites deviennent vieilles et des conduites neuves sont posées. C'est un réseau vivant qui bouge et qui change. La mission de la Sonede est de renouveler constamment ce réseau à une cadence bien déterminée. Si on veut garder un réseau en bon état avec une moyenne de vie acceptable, il faut renouveler chaque année 1.100 km de conduites. La Sonede ne renouvelle qu'entre 120 et 150 km de conduites car les charges d'exploitation sont financées à partir des recettes de la vente d'eau. Or, celles-ci ne permettent pas à la société de mener une politique de maintenance et de renouvellement du réseau à une cadence appropriée dans la mesure où les ressources financières qui en découlent sont insuffisantes. On ne peut pas maintenir constamment le réseau en bon état à cause du déséquilibre qui existe entre le prix de revient et le prix de vente. Pour chaque m3 vendu, la Sonede perd 200 millimes. Ce déséquilibre entre les prix de vente et de revient est à l'origine indirectement du vieillissement prématuré du réseau, ce qui a un impact sur la fiabilité du réseau ainsi que sur la cadence des interventions sur le réseau et des coupures d'eau.
Nous sommes un pays qui vit une situation de stress hydrique critique. Que prévoit la Sonede pour bien gérer les ressources hydriques existantes et garantir à la population une continuité dans l'approvisionnement en eau potable au cours des prochaines années ?
La raréfaction des ressources en eau et la prolongation de la période de sécheresse ponctuée d'épisodes de canicule qui dépassent trois jours risquent à moyen et long terme de peser négativement sur l'activité de la Sonede. Cela a été démontré avec des calculs directs et une évaluation de la demande en eau de la population au cours de ces périodes de grande chaleur. Ces épisodes caniculaires génèrent une hausse de la demande en eau alors que les ressources en eau sont les mêmes et se trouvent à un niveau minimum. La raréfaction des ressources en eau, la hausse des températures due aux changements climatiques et de la demande en eau et l'augmentation du déficit hydrique sont autant de facteurs qui impactent négativement l'alimentation et la distribution de l'eau potable et qui sont responsables des coupures d'eau notamment dans les zones vulnérables où l'équilibre entre les ressources et la demande est fragile. Il faut savoir que la dotation unitaire de chaque citoyen est de 450 m3 par habitant/an. Nous nous trouvons en dessous du seuil de stress hydrique qui est de 1.000 m3 par habitant/an.
Cette situation va s'aggraver d'ici 2030 car avec l'augmentation de la population, la dotation par habitant va baisser pour se limiter à 350 m3 par habitant /an. A titre de comparaison, en France la dotation est de 2.300 m3 par habitant/an. Nous sommes loin de cette moyenne et nous sommes appelés à gérer cette situation très difficile. Une stratégie nationale à l'horizon 2030 a été mise en place. Elle repose sur quatre principaux axes. Nous allons poursuivre la mobilisation des ressources en eau conventionnelles. Le but étant d'atteindre d'ici 2020 un taux de mobilisation de 95% avec l'achèvement de la construction de nouveaux barrages. On est actuellement à 92%. Cette stratégie repose également sur le recours aux ressources en eau non conventionnelles et la réutilisation des eaux usées épurées pour l'agriculture. Enfin, le quatrième axe s'articule autour de l'importance de réussir la transition d'une politique de gestion de l'offre des ressources en eau à une politique de gestion de la demande basée essentiellement sur la sensibilisation des abonnés à l'économie d'eau. Il s'agit de changer les mentalités et de ne plus continuer à considérer que nous sommes un pays riche en ressources en eau. Nous avons une direction de la communication qui réalise périodiquement des actions de communication et de sensibilisation auprès des abonnés.
Le citoyen tunisien est-il un grand consommateur d'eau?
Le Tunisien n'est pas à vrai dire un grand consommateur d'eau. La moyenne de consommation par litre et par habitant s'élève à 140 litres par jour par habitant. C'est une moyenne qui se rapproche de la moyenne mondiale. Nous considérons que c'est une moyenne qui est correcte et qu'hormis des exagérations qui ont été relevées et qui sont relatives au recours à l'eau potable pour d'autres usages comme l'agriculture à titre d'exemple, le Tunisien n'est pas un grand consommateur d'eau. Nous sommes dans les normes internationales.
De nombreux citoyens se sont plaints du goût de l'eau du robinet. La Sonede a-t-elle des explications à ce sujet?
L'eau potable est contrôlée par la Sonede quotidiennement. 53 mille échantillons sont analysés au niveau des laboratoires de la société. Le ministère de la Santé effectue également des prélèvements et des analyses de contrôle inopiné chaque année. Il faut comprendre que le goût de l'eau dépend des qualités organoleptiques et des caractéristiques physico-chimiques de cette dernière. Le goût de l'eau diffère selon sa provenance. En effet, beaucoup de critères entrent en jeu. Le goût dépend de la provenance, de la salinité, des sels minéraux qu'elle contient... Une eau de roche est différente d'une eau qui provient d'un barrage ou d'une nappe souterraine. Le goût de l'eau diffère également d'une région à l'autre. Le goût de l'eau potable n'est pas le même que l'on soit dans la région de Kairouan ou à Tunis. Si vous allez dans la région du Kef, le goût est similaire à celui de l'eau minérale. Les caractéristiques physico-chimiques de l'eau dépendent de plusieurs critères comme nous l'avons expliqué précédemment. Le goût diffère d'une roche à une autre, d'un barrage à un autre, d'une nappe souterraine à une autre... Par exemple, les eaux souterraines du sud sont plus salées que celles du nord, c'est pour cette raison que nous faisons du dessalement. Dans le Sud, il y a quatorze stations de dessalement en service. Il y a d'autres stations qui vont être réalisées à Gabès, Sfax, Kerkennah et Sousse. Six autres stations sont également prévues dans les gouvernorats de Gafsa, Tozeur, Médenine et au sud de Sidi Bouzid. Tout cela pour ramener la salinité de l'eau à des niveaux corrects.
Le réseau d'alimentation et de distribution d'eau potable est-il suffisamment sécurisé par la Sonede?
Les conduites souterraines sont normalement sécurisées. Il y a un travail en équipe qui est effectué entre les différents intervenants sur la voie publique afin de protéger le réseau et d'éviter que des accidents ne se produisent. Nous tentons d'assurer une bonne coordination entre tous ces intervenants pour minimiser les risques. Mais le risque zéro n'existe pas.
Le Tunisien est-il un mauvais payeur?
95% sont de bons payeurs. Mais on trouve aussi de mauvais payeurs dans toutes les catégories. Les impayés des abonnés s'élèvent à 312 millions de dinars. Il s'agit d'un cumul qui date depuis l'an 2000. Toutefois, il représente 4% seulement du chiffre d'affaires. Le vrai problème réside dans le déséquilibre qui existe entre le prix de revient et le prix de vente et qui est responsable des difficultés que traverse actuellement la Sonede.
La facture de l'eau va-t-elle augmenter?
Ce n'est pas à la Sonede seule de décider ou pas si la facture de l'eau va augmenter. Pour l'heure, il n'y a aucune décision qui a été prise dans ce sens.


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