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Wassim Ghozlani, photographe baroudeur
Portrait
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 02 - 2016

Il fait partie de la «génération révolution» devant laquelle le 14 janvier a ouvert les portes des galeries et des médias internationaux. Wassim Ghozlani a su exploiter cette opportunité en s'engageant à fond pour fédérer les photographes tunisiens autour de projets communs.
N'ayant pas encore trente ans, il a déjà, à côté de tous ses projets artistiques, cofondé avec l'architecte Olfa Feki, la Maison de l'image, à Tunis. Une belle plateforme de rencontre et d'échange entre professionnels de l'image, qui expose depuis le 24 janvier « Views of Tunisia », le travail plein de force et de sensibilité de 24 photographes tunisiens sur les 24 gouvernorats du pays. La Maison de l'image est aussi un lieu d'ancrage dans l'espace et dans le temps pour Wassim Ghozlani, un photographe baroudeur, qui aime partir sur les routes de Tunisie et rencontrer ses hommes, ses paysages, ses monuments.
Cet artiste, qui vient à l'origine du webdesign, bien que passionné par l'image depuis sa plus tendre jeunesse, a eu la chance d'accompagner le fameux Josef Koudelka à travers son périple tunisien. C'était en 2011 : le photographe tchèque poursuivait un travail de série sur les sites archéologiques de la Méditerranée.
«Nous avons sillonné le pays, parcourant 3.500 km ensemble. J'ai été frappé par l'empathie qu'il sait créer avec les hommes et les femmes et dont on retrouve les traces dans ses images. Il n'y a pas un village, pas un bourg perdu où on ne s'est pas arrêtés pour partager un café avec les gens et parler avec eux », se souvient Wassim Ghozlani.
Villages oubliés, routes non goudronnées
Plusieurs mois avant la révolution, le jeune homme s'inscrivant dans cette même tradition de photographes itinérants entame une collection intitulée « Postcards from Tunisia » (Cartes postales de Tunisie), dont une quarantaine d'instantanés ont été exposés à l'Institut du monde arabe à Paris (IMA) en janvier 2013. Ces photos réalisées en tirage numérique sur alu de 25 cm sur 25 cm, adoucies par des teintes délavées, quasi intemporelles raconteront le long de deux années de pérégrinations (jusqu'à décembre 2012), un pays secret, fragile, profondément rural, à travers ses routes non goudronnées et ses villages oubliés.
« En Tunisie, et sous l'ancien régime, la carte postale rassure et compense la misère quotidienne...Elle nourrit obsessionnellement l'imaginaire qu'elle crée. Une sorte de havre de paix avec palmiers, chameaux et autres images folkloriques », commente l'artiste.
« Views of Tunisia » poursuit en fait cette quête de la Tunisie profonde, mais cette fois entre amis. Le projet devait à l'origine être associé à l'ouverture de la Maison de la photo en février 2015. Mais faute de moyens et de sponsors, l'exposition est reportée à cette année.
«Les artistes ont fini leur travail en 2013, ils ont su patienter pour que l'initiative aboutisse enfin. Certains qui ne se connaissaient pas auparavant travaillent aujourd'hui ensemble. Cette expérience nous a soudés», souligne, heureux, Wassim Ghozlani.
Objectif atteint pour le cofondateur de la Maison de l'image : fédérer les photographes autour de démarches créatives et de visions esthétiques plurielles. Des carnets de voyage de chaque artiste sont actuellement sous presse, ils permettront de garder une trace de ces périples aux quatre coins de la Tunisie.
Grace au GIZ, l'agence de coopération allemande, et à l'Ambassade d'Allemagne, l'exposition partira la semaine prochaine, sous un autre format, des planches métalliques, dans les régions. Elle voyagera de Sidi Bouzid, à Siliana, Kasserine, Kairouan, Le Kef et Béja.
«The Tunisians», portrait d'un peuple en révolution
Si les routes de la Tunisie le passionnent autant, c'est parce que Wassim Ghozlani, qui fait partie des photographes de la révolution — s'inscrivant dans cette génération devant laquelle le 14 janvier a ouvert les portes des galeries et des médias internationaux — emprunte parfois la démarche de l'anthropologue. Il aime plus que tout aller jusqu'au bout de la liberté de mouvement acquise au gré de la révolution. Mais aussi explorer les différents cheminements qu'a pris la Tunisie post-autoritarisme. Son nouveau projet « The Tunisians », (Les Tunisiens) probablement inspiré de « The Americans » du fameux photographe américain Robert Franck, raconte les Tunisiens dans leur quotidien multiple. Les portraits entourés du cadre de vie et des conditions de travail des hommes et des femmes sont pris au moyen d'un téléphone portable, le témoignage des modèles est également enregistré sur le mobile.
«Cette manière de faire discrète, ordinaire et humaniste réduit les distances qui surgissent lorsque le photographe arrive bardé de matériel sophistiqué. Elle facilite l'échange et l'identification». De petites histoires de vie naissent de chaque rencontre. Elles sont publiées sur une page Facebook dédiée à cette série et suivies par plus de 250.000 internautes. Le projet «The Tunisians» sera bientôt intégré dans une plateforme Web ainsi que dans une application mobile. Une partie de cette série vient d'être offerte par l'artiste aux Restos du cœur pour illustrer les pages d'un calendrier publié en série limitée dans le but de ramasser des fonds en faveur d'une association très active dans le domaine caritatif et humanitaire. Une démarche sociale, très proche de son univers esthétique...


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