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Le selfie ne tue pas, le terrorisme oui ! A vos appareils !
Opinion
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 03 - 2016


Par Dr Sahbi BEN NEBLIA
Samedi, on sort avec les amis, on publie une dizaine de selfies, on capte l'instant. Dimanche, un jour de repos, on prend juste deux selfies pour rester connectés avec notre entourage. Lundi matin, comme tous les jours, on commence la journée avec un selfie. Le 7 mars 2016, notre premier selfie enflamme la Toile, il s'agit d'un selfie en pleine action antiterroriste. Pourtant, nous étions sereins, confiants. Nous n'avions pas peur, nous contrôlions la situation. Nous avions capté l'instant. Nous avions capté nos états d'âme avec un sourire. Mais, attendez, un selfie c'est fait pour être partagé sur les réseaux sociaux!
Finies les 5 minutes de gloire à la télévision, vous êtes au cœur de l'événement, vous le créez, la télévision viendra vers vous, vous serez la source de l'information. Nous vivons à l'ère de l'instantanéité. Vive les téléphones intelligents. Vive la personnalisation du moment. Adieu l'ère du direct. Le selfie est image, mais attention, il ne s'arrête pas à la beauté. Il capte ce que nous reflétons, notre état d'âme. Il ne s'agit pas, comme le prétendent plusieurs, d'un acte narcissique, car on ne cherche pas la beauté, on ne capte plus le moment, on capte l'état d'âme à un moment donné et à un endroit précis.
Parfois, le lieu n'est pas important. Qui peut affirmer connaître le lieu de la prise du selfie du soldat avec les terroristes tués ? Nous le savons, tous, c'est Ben Guerdene, le 7 mars 2016. Nous le cautionnons ! C'est la force du selfie.
Peu importe le moment, ce qui nous intéresse est la personnalisation du moment. Nous captons le moment avec nos yeux et nous l'adaptons à nos états d'âme. Cet état d'âme risque d'être contagieux, car les selfies sont pris pour être postés et partagés sur la Toile. Le selfie est dans nos âmes. Il est capté avec un téléphone. Le téléphone arabe est révolutionné, d'ailleurs comme la Tunisie. Le selfie, c'est nous les Tunisiens.
Pourquoi tout ce tollé sur un selfie, alors que nous avons capté nos états d'âme? C'est à cause des cadavres des terroristes qui apparaissent dans le selfie?
La guerre contre le terrorisme est une guerre d'images! Le selfie est une image :
Daech est numérique, le selfie l'est aussi
L'horreur est numérique, le selfie l'est aussi
Le terrorisme est une image, le selfie l'est aussi !
La guerre est une guerre d'information, le seflie en fait partie! Au-delà de la guerre contre le terrorisme, ce à quoi nous assistons est une guerre de l'information et de l'image qui, du reste, est le nerf de la bataille. La perte de contrôle sur la diffusion des images coûte cher. Les Etats-Unis ont perdu au Vietnam à cause de la presse écrite. La guerre du Golfe de 1991 a été sabotée par CNN. En 2000, Al-Jazeera a eu l'exclusivité de l'information et des images durant la guerre contre le terrorisme en Afghanistan. Nous avons eu droit à visionner des cadavres, des corps déchiquetés, des maisons détruites, des villages bombardés et même d'entendre la voix de l'ennemi des libertés. Au nom de la liberté d'expression et de la presse, Al-Jazeera nous a offert des images choquantes. Nous l'avons endossé.
Y a-t-il une différence entre la couverture d'Al-Jazeera, en 2001, et le selfie du 7 mars 2016?
Pourquoi le selfie dérange-t-il ? Quelle est la différence entre les images des terroristes diffusées par les chaînes de télévision tunisiennes et le selfie? Les deux ont montré les cadavres des terroristes.
En quoi les droits de l'homme ont-ils été violés?
Pour ceux qui doutent de mes convictions humanitaires et humanistes, lisez mes chroniques précédentes.
Imaginez, s'il y avait eu les selfies en 2003 en Irak, nous aurions su que les Tunisiens étaient très présents dans les attentats de voitures piégées et des attaques terroristes. Ils auraient capturé leurs états d'âme en Irak. A l'époque, Ben Ali leur facilitait le départ pour s'en débarrasser. L'ancien régime était au courant du réseau bien structuré de recrutement des jihadistes et d'envoi des combattants dans les zones de conflits. L'exportation des bombes à retardement en Irak était une excellente solution pour avoir la paix en Tunisie et vendre l'image de la Tunisie en tant que terre de paix et de sécurité.
Après la révolution, les systèmes de recrutement et d'envoi étaient déjà en place. Ils étaient bien rodés. Il ne leur restait plus qu'à travailler à pleine capacité. Ils étaient mis au jour, ils ne travaillaient plus dans la clandestinité.
Encore une fois pour ceux qui doutent, j'ai travaillé en Irak de 2005 à 2009, j'ai vu des horreurs et j'ai entendu les témoignages des journalistes, des rédacteurs en chef et des hauts cadres irakiens. Pourquoi personne n'en parle? Il n'y avait pas de selfies à l'époque, je vous l'ai dit, mais rappelez-vous l'exécution de Yousri Al-tariqi en novembre 2011 en Irak. Ce jeune a été arrêté en 2006.
Selfie et self-tech, peu importe, une nouvelle appropriation psychologique de la guerre contre le terrorisme, crie : « Je suis là, je suis l'événement, en pleine action avec mon sourire, pas de stress, aucune crainte, je vous attends ».
N'ayez crainte .... Je suis prêt à affronter vos selfies !


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