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L'implication de la femme reste insuffisante
Marché du travail
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 04 - 2016

En Tunisie, la part de la femme active dans le marché du travail se limite à 28%. On estime également que le taux moyen d'employabilité des femmes ne dépasse pas les 20%, sur les cinq dernières années, contre une moyenne mondiale de 53%.
Raoudha Ben Saber, présidente de la Chambre nationale des femmes chefs d'entreprise (Cnfce) a annoncé, le 31 mars 2016, le lancement de la première académie des femmes chefs d'entreprise, en partenariat avec l'Organisation internationale du travail (OIT). «L'objectif étant d'améliorer la notorité de la chambre en tant qu'acteur principal de renforcement de l'entrepreneuriat féminin, de renforcer l'échange d'expériences, d'initier et d'encourager les jeunes à la création d'entreprises», précise-t-elle au cours de la conférence-débat organisée par la Cnfce sur «la relation du travail entre la flexibilité et la sécurité», au siège de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat (Utica).
Une initiative louable, selon Samira Meraï, ministre des Affaires de la Femme et de la Famille, insistant sur le besoin de mettre à la disposition des femmes un accompagnement spécifique pour les encourager à la création de projets. Le 1er cursus de formation de l'académie est dédié au thème de la conformité sociale, et s'étendra de mars à juin 2016.
Inégalité
La conférence-débat a constitué une occasion pour débattre de l'employabilité de la femme et des différents obstacles à son insertion au marché du travail. Selon Samira Meraï, la part de la femme active dans ce marché se limite à 28%. On estime également que le taux moyen d'employabilité des femmes ne dépasse pas les 20%, sur les cinq dernières années, contre une moyenne mondiale de 53%. Des taux assez faibles quand on sait que la femme tunisienne participe avec un taux de 60,2% dans les formations pour la création d'entreprises; ce qui indique qu'elle rencontre des difficultés lors du processus de création, selon Mme Meraï.
Des difficultés qui concernent également l'inégalité dans les salaires et la concentration de son travail dans des secteurs traditionnels qui ne correspondent pas aux aspirations et ambitions de la femme. Ce qui exige plus d'efforts pour une meilleure implication de la femme dans le marché de l'emploi.
Un programme national sera lancé pour renforcer l'initiative féminine et développer les compétences de la femme à travers la création de projets et la formation. Ce programme vise à créer une cinquantaine de projets dans chaque région. Une ligne de crédit spécifique sera consacrée à la création de projets avec plusieurs partenaires, dont la Cnfce et l'OIT, et on pense aussi à mettre en place une garantie aux projets créés par les femmes. «D'ailleurs, le plan de développement vise à faire monter la part de la femme dans le marché du travail à 35% d'ici à fin 2020», indique Mme Meraï.
Difficultés
De son côté, Mohamed Ali Deyahi, directeur du Bureau de l'OIT pour les pays du Maghreb, a affirmé qu'il y a une tendance à la féminisation de la pauvreté et du chômage, au niveau mondial, reflété par l'inégalité des chances sur le marché du travail. Il ajoute que les réussites scolaires des femmes ne sont pas traduites en termes d'emploi.
En Tunisie, le taux de chômage des femmes est estimé à 22,2%, selon les chiffres de l'Institut National de la Statistique (INS), contre 12,4% pour les hommes, en rupture avec cette stigmatisation de la prépondérance du travail féminin. Pour les femmes diplômées du supérieur, ce taux s'élève à 41,1%. Même au niveau du patronat, le représentant de l'OIT indique que les femmes représentent moins de 10% des membres de l'Utica, selon une étude de l'organisation.
Pour M. Deyahi, les difficultés de l'entrepreneuriat féminin se situent à trois niveaux. Premièrement, le financement, d'où la nécessité de mettre en place des mécanismes appropriés. Deuxièmement, la question commerciale pour les femmes qui investissent le champ rural, nécessitant la création d'un système de mutualisation de la commercialisation afin de réduire les coûts. Troisièmement, l'accès aux marchés publics qui constituent une grande source de financement. «Pourquoi ne pas introduire une dose de discrimination positive à ce niveau?», signale M. Deyahi.
Flexicurité
Intervenant sur la notion de flexicurité — notion alternant la flexibilité avec la sécurité au travail —, Mansour Hellal, expert indépendant, a indiqué que les paradigmes du marché du travail ont changé. «Nous sommes passés d'une économie administrée à une économie de marché, de l'emploi précaire à l'emploi décent, de la logique de poste à la logique de compétences, de la formation initiale à la formation continue, du syndicat unique au pluralisme syndical, du droit légal au droit conventionnel», explique-t-il. Des changements qui consacrent l'approche par compétences, les conditions du travail décent, l'enrichissement par la formation et le droit négocié.
Concernant la législation du travail, il affirme qu'il y a des difficultés ayant trait à la rigidité des horaires, la difficulté d'embauche, la difficulté de licenciement, le coût du licenciement, la réglementation du droit de grève et le poids du secteur informel. A ce niveau, Khelil Gheriani, membre du bureau exécutif de l'Utica, a précise qu'il est impératif de mettre en pratique le concept de flexibilité au niveau de l'annulisation des horaires de travail. «Certains secteurs, comme le textile et habillement, exigent une flexibilité d'horaires parce qu'ils connaissent des pics de demandes et des baisses de production, selon les saisons. On souffre de la rigidité de la législation du travail», indique-t-il.
D'ailleurs, cela constitue l'un des axes de travail pour en améliorer l'environnement, en dotant la législation de plus de souplesse. M. Gheriani estime que les difficultés ne proviennent pas du texte, mais de la pratique, où il y a des dépassements et des licenciements abusifs. Un deuxième axe important, selon le représentant de l'Utica, est d'assurer la formation et la pérennité de l'emploi, en misant sur l'évolution de l'entreprise et sur une meilleure gestion de la carrière de l'employé.
Le troisième axe concerne la mise en pace d'une assurance perte d'emploi, en cas de licenciement ou fermeture d'entreprise. M. Gherian estime que les mécanismes de remboursements sont draconiens, et appelle à «alléger cette négociation assez lourde et appliquer des indemnités classiques afin d'assurer une continuité de l'indemnisation et garantir la sécurité du travailleur».
Le quatrième axe concerne la politique active du marché du travail. «S'il n'existe pas un mécanisme pour gérer le marché du travail, les chances d'insertion et de création d'emplois seront réduites», estime-t-il.
Maha Ouelhezi


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