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‘'La veille de l'eulogie''...Le syndrome de l'artiste face à son mal-être
Lu pour vous
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 04 - 2016

Anis Laâbidi se pose en narrateur qui cherche à élucider le mystère de la disparition d'un cinéaste de renom et c'est la découverte de 17 feuillets manuscrits qui le met sur la piste. Là où Sersi raconte son mal-être momentanément en sursis d'une œuvre cinématographique sur les traces d'un simple d'esprit qui se révèle exceptionnel. Cela étant fait, il constate que tout était faux dans sa vie et choisit le néant !
Avant d'en arriver à l'eulogie (éloge funèbre) finale qui explique tout, le narrateur se lance dans une fastidieuse recherche de Moncef Sersi, le cinéaste ami d'enfance disparu dans des conditions brumeuses. Fouillant son domicile à la recherche d'un indice, le narrateur découvre 17 feuillets numérotés...
A première vue, cela ressemble à un recueil de nouvelles, mais on se rend bien vite compte que ce ne sont que des chapitres successifs qui retracent un seul et même récit...
Dans une première partie, nous avons L'idiot de l'avenue Bourguiba, Le monstre de l'attente, Le professeur Nada, Les Divagations du mercredi, Le cimetière sordide, L'autorail. Dans la seconde partie, nous découvrons Cérès, Kalila et Dimna, Ahmed Abdeljalil, la Face de mauvais augure, Le chauve, Maria, emmène-moi vers ton Sahara, La lune qui apparaît à la fenêtre, Okacha, Le soir de la Patrie triste, Jaqueline. Le troisième volet est au dénouement en trois actes : le narrateur entame, d'abord, la compilation des 17 feuillets, puis c'est le moment de l'éloge funèbre (le 18e feuillet), et enfin quand la vérité se cristallise.
Torturé, au propre et au figuré !
Tout commence quand Moncef Sersi, cinéaste de passion, de métier et de vocation, devient obsédé par Salah, le simple d'esprit de l'avenue Bourguiba qui, au plus fort de la révolution du 14 janvier, fut photographié un genou à terre, tenant une baguette de pain comme on le ferait d'un fusil mitrailleur. L'intérêt de Sersi pour ce personnage est assorti d'interrogations lancinantes qui montrent à quel point il est sujet de confusion et de subjectivité inexplicables : ‘'Pourquoi ai-je choisi ce personnage ? Quel scénario et quel film pourraient avoir un simple d'esprit pour héros ?''
En vérité, ce n'est rien de moins qu'une voix intérieure qui le lui a commandé, cette même voix impérieuse qui l'a fait revenir de Paris à Tunis en laissant tout derrière lui, qui l'a poussé à épouser Nada sur un coup de tête... Sersi suit alors Salah à la trace, caméra vidéo en main pour documenter tout ce qu'il fait. Pour deux jours seulement, il stoppe cette poursuite pour être au chevet de son fils, Asef, qui souffre d'un mal durable. Quand il revient, Salah l'étonne en demandant de ses nouvelles, une conversation s'engage et Sersi constate le haut-le-cœur que le simple d'esprit ressent pour cette ville qu'il trouve radicalement sordide et qu'il compare à un cimetière hideux. Ils prennent, désormais, le café ensemble chaque matin et quand Sersi prend la décision de rentrer à son village pour écrire son scénario, Le Sers, il emmène Salah avec lui. Un nouveau Salah qui se livre naturellement à la caméra et raconte comment il a été arrêté au grave motif d'avoir comploté contre l'Etat et torturé par deux investigateurs qu'il nomme Kalila et Dimna, du nom des héros principaux de l'ouvrage du même nom écrit par Abdullah Ibn al Muqaffaa au 13e siècle, deux chacals parlants, 400 ans avant La Fontaine qui, au 17e siècle faisait parler les animaux. Salah était boulanger et menait une vie toute simple jusqu'à ce qu'un étudiant en Droit, Ahmed Abeljalil, issu de son village lui demandât de l'héberger sans lui dire qu'il était considéré comme l'ennemi du Pouvoir. Et même quand le juge finit par l'acquitter, Salah devient ‘'perdu''.
C'est tout cela que racontera le film de Sersi qui rencontre le narrateur après sa sortie en salle. Il lui confie qu'il a recréé l'image de Salah en sachant que les gens ne se rappellent que les comédiens et jamais le cinéaste qui a enfanté l'œuvre cinématographique. Une déception récurrente qui devient la goutte qui a fait déborder le vase plein suite à la découverte par Sersi que Asef n'était pas son fils et que Salah était en vérité l'amoureux secret de son épouse Nada... Voyant que tout était faux dans sa vie, il choisit le néant !
L'ouvrage
‘'La veille de l'eulogie'', 170p., mouture arabe
Par Anis Laâbidi
Editions Dar Waraqa, 2015
Disponible à la Librairie al Kitab, Tunis


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