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La flore en vedette
20e édition de la foire des plantes et des fleurs «Floralies 2016»
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 05 - 2016


La foire s'achève aujourd'hui
«Un simple regard posé sur une fleur, et voilà une journée remplie de bonheur». L'effet qu'opère la flore sur les humains relève du magique. D'ailleurs, nombreux sont les Tunisiens qui, dès les premières brises du printemps, entreprennent d'égayer leurs jardins et même leurs maisons en y ajoutant une touche végétale. Abordables tant pour les personnes aisées que pour les gens modestes, les plantes apportent aux uns comme aux autres ce brin de confort bien mérité, cette lueur d'espoir qui, chatoyante et sensitive, dissipe la grisaille de l'hiver.
Depuis 20 ans, les pépiniéristes et les férus de plantes se donnent, chaque année, un rendez-vous immanquable. La 20e édition de la Foire des fleurs et des plantes «Floralies 2016» a ouvert ses portes, le 19 avril 2016, au Parc du Belvédère. Il continuera à accueillir ses visiteurs jusqu'à aujourd'hui 1er mai. La nature, dans ce qu'elle a de plus beau et de plus enivrant s'offre magnifiquement au regard admirateur des adultes et des enfants. Il est 10h30 en cette matinée ensoleillée. Adel s'applique à déposer soigneusement les pots de fleurs et à enrichir son stand. Il est à sa première participation à Floralies. «J'y participe, contraint, car j'ai du mal à vendre mes produits vu que ma pépinière se situe dans une rue peu fréquentée de l'Ariana. Cela fait une semaine que j'expose mes plantes et je découvre, non sans déception, une rude concurrence car inéquitable entre les participants. Les grandes sociétés appliquent une fourchette de prix imbattables, au détriment des petits pépiniéristes, ce que je trouve injuste», souligne-t-il, frustré. Selon son avis, et dans les grandes pépinières, l'on recourt à l'usage immodéré des engrais afin de produire de jolies plantes, sans pour autant respecter les techniques de culture. Du coup, c'est le travail bâclé qui réussit à séduire le client et non celui effectué dans les règles de l'art.
Les plantes médicinales
aux mille et une vertus
Tournant la page, Adel présente ses plantes comme on présente ses enfants. Fier de son travail, il n'hésite pas à montrer les racines qui enrobent la base de chaque pot ou encore à extraire la plante de son pot pour prouver la compacité de la plante et du sol. Comme tout pépiniériste, il propose des plantes grasses, des plantes à fleurs et autres aromatiques, de quoi répondre favorablement à tous les goûts. Toutefois, en fin connaisseur, il sait qu'il n'existe pas de plus précieux que les plantes médicinales. «Elles ont mille et une vertus. Idéales pour la santé, odorantes et faciles à entretenir, les plantes médicinales ne manquent pas dans notre pays. L'on y trouve, ainsi, la citronnelle, la menthe, la sauge, le romarin, le thym, le basilic, la verveine et tant d'autres encore. Personnellement, poursuit-il, je suis en train de faire des recherches sur une plante méconnue, dite «zaater el moulouk» ( le romarin des rois ) et j'ai la certitude qu'elle possède de grandes vertus».
En face du stand de Adel, se trouve celui de Mansour Saïdani. Ce pépiniériste est originaire de Sejnane. Il a toujours exercé son métier de jardinier auprès des particuliers dans la banlieue nord de Tunis, jusqu'au jour où il a décidé à monter sa petite entreprise. Tout comme Adel, il voue un intérêt particulier aux plantes médicinales, mais pour des motifs essentiellement commerciaux. «Les Tunisiens en demandent de plus en plus. Ils préfèrent, en effet, cultiver leurs propres plantes sources de bien-être dans leurs jardins et dans leurs balcons», indique-t-il. Par ailleurs, il étale une multitude de plantes à fleurs qui, par leurs couleurs surprenantes et par leurs motifs singuliers, ne laissent aucun client indifférent. Mais la plante qu'il vante le plus, c'est bien le rosier grimpant appelé communément «ward aârbi» qui, selon ses dires, peut facilement atteindre plus de dix mètres de hauteur. Mansour propose des plantes dont les prix varient de 800 millimes à 25dt.
Les plantes de ma région
En se promenant entre les étals floraux, l'on découvre un stand dédié exclusivement aux plantes grasses. Ce sont les plantes locales typiques de la région du nord-ouest, ou plus exactement de Tabarka. «Je ne vends pas de plantes importées, bien qu'elles soient assez sollicitées. Je préfère proposer des plantes locales de ma région, notamment les ficus, les fougères, le fusain, l'hortensia, le bougainvillier, etc.», indique Wissem Balhi. Ce participant assidu est convaincu que les clients seront nombreux durant les week-ends. Entre –temps, il n'a d'autre choix que d'être patient.
Outre l'exposition-vente des végétaux, Floralies permet aux fabricants de poteries d'exposer leurs produits. Wael Abdel Aâl représente une société de fabrication de poterie située à Moknine. Depuis 16 ans, il participe à Floralies en y exposant des pots en terre cuite naturels et autres, émaillés. «Les pots naturels sont généralement utilisés pour contenir les plantes dans les espaces extérieurs notamment dans les jardins et les vérandas. Quant aux pots peints ou recouverts d'émaux, ils sont destinés aux plantes d'intérieur», précise-t-il. Cette année, ladite société offre aux clients une panoplie de pots émaillés d'un style assez recherché, qui épouse parfaitement les nouvelles tendances de la décoration d'intérieur; des pots ayant des formes géométriques, peints de couleurs sobres (le bronze) ou de couleurs vives, comme l'orange et le pistache. La fourchette des prix oscille entre 500 millimes et 65 dinars. Rachida et Mohamed Hermassi, un couple de seniors, quittent le parc du belvédère, après avoir acheté une plante à petits bourgeons rouges. Bien que Mohamed soit connaisseur en l'art de cultiver la terre, il n'est pas passionné de plantes. C'est Rachida qui tient, à chaque occasion, à garnir sa maison de plantes grasses et à fleurs. «J'aime les végétaux. C'est beau à voir», indique-t-elle, timide. Mariem, quant à elle, passe d'un stand à un autre, à la recherche de la perle rare, de la plante qui saurait la séduire. Cette jeune femme entretient avec la nature une relation fusionnelle. «Je ne peux vivre sans être entourée de plantes. Je trouve qu'elles me procurent une touche de bonheur et de béatitude essentielles à mon bien-être», avoue-t-elle. Aussi, garnit-elle ses deux balcons de plantes grasses et autres, aromatiques comme le géranium et le jasmin. Et pour la petite cour qui donne sur sa cuisine, elle y cultive des plantes comestibles, comme la verveine, la menthe, le basilic, etc.


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