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Un instrument pour mettre en œuvre la démocratie sociale
Formation professionnelle
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 03 - 2017

Plus de 110.000 décrocheurs comptabilisés par an, sans diplômes ni aucune qualification, et autant de candidats à la marginalisation, la délinquance, l'émigration clandestine et, pire que tout, au terrorisme.
Une des raisons qui pourrait expliquer la présence modeste de 85 élus au démarrage de la plénière tenue hier au Bardo, la physionomie du débat en perspective, plutôt technique que politique. Trois projets de loi à l'ordre du jour, N°49/2016 relatif à la consécration de l'obligation d'accès à la formation professionnelle initiale, N°81/2016 portant approbation de l'accord du transport aérien conclu le 19 novembre 2015 entre la République tunisienne et la République du Congo, et le dernier projet de loi organique n°77/2016 portant sur la convention cadre conclue le 4 octobre 2016 entre le gouvernement tunisien et la Société islamique internationale de financement du commerce (Sifc). Des textes de loi suscitant des interventions ponctuelles des parlementaires, dont le nombre a sensiblement augmenté lorsqu'est venu le moment du vote.
La séance, sous la présidence de Abdelfatteh Mourou, a été entamée avec l'examen du projet de loi portant sur la formation professionnelle, d'où la présence de Imed Hammami, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, et de Saida Ounissi, secrétaire d'Etat chargée de la Formation professionnelle.
Le texte N°49, soumis au débat dans sa version amendée, comporte quatre articles. Il stipule dans son article 3 que le parent refusant d'orienter son enfant sorti de l'école sans diplôme vers une structure professionnelle, et après avoir été averti par écrit, s'expose à une amende dont le montant varie de 20 à 200 DT, laquelle risque de doubler en cas de refus persistant. La loi est innovante, justement, par son caractère obligatoire.
Externaliser une main-d'œuvre
La lutte contre le décrochage scolaire par le biais de la formation professionnelle, si elle réussit, transformera en profondeur le paysage social. Cet outil, optimisé, permettra de lutter efficacement contre l'abandon scolaire précoce et le chômage. Parmi les chiffres, effarants, révélés au cours de la séance publique, plus de 100.000 jeunes apprenants quittent le système éducatif par an. A raison de 300 par jour, si on cumulait ceux sortis de l'école primaire, du collège et du lycée. Plus de 110.000 décrocheurs comptabilisés annuellement, sans diplômes ni aucune qualification, et autant de candidats à la marginalisation, la délinquance, l'émigration clandestine, et, pire que tout, au terrorisme. Les enfants et les jeunes adolescents présentent la catégorie ciblée par le texte de loi qui projette, en les dotant de formation professionnelle, de garantir leur insertion dans le marché du travail ainsi que leur intégration sociale. L'accent est mis durant le débat sur l'encadrement de l'Etat à l'endroit de ces jeunes, dont le soutien familial pourrait parfois être insuffisant.
Précisions utiles, les dispositions ne sont mises en œuvre toutefois que pour vaincre le dérochage scolaire. C'est le ministère de l'Education qui s'est fixé depuis l'année dernière des objectifs pour lutter contre l'abandon scolaire. C'est l'autorité de tutelle, le ministère de la Formation professionnelle et de l'Emploi, qui se met au service de ces jeunes « en mobilisant les ressources de l'Etat pour soutenir des milliers de mineurs qui seraient sans cela perdus et exclus de la société », précise encore le ministre au cours du débat. Parmi les autres pistes à l'étude, fait savoir M. Hammami, l'Etat caresse l'ambition d'externaliser une main-d'œuvre qualifiée en direction du continent africain.
Territorialisation des centres de formation
Les députés ont attiré l'attention des membres de l'exécutif sur un certain nombre de points qui ont entravé jusque-là la bonne mise en œuvre d'une politique efficace de la formation professionnelle, la vétusté des centres de formation professionnelle, leur capacité d'accueil nettement inférieure au nombre des postulants, le manque de ressources humaines et d'effectifs. La nécessaire territorialisation des centres en les dotant d'internats. Les jeunes concernés étant pour la plupart originaires de localités isolées. La diversification des offres en vue de couvrir les préférences des candidats souhaitant revenir en formation dans des filières de leur choix. Tenir compte de la demande du marché du travail, une requête qui revenait souvent au cours des interventions parlementaires.
Consensuel, le texte de loi n'a pas rencontré de réelles oppositions, il a été adopté avec 112 voix pour, 2 contre et 7 abstentions. Dans l'imaginaire collectif, la formation professionnelle est le signe d'échec scolaire ou de moindre réussite. Ce sont les cursus longs et diplômants qui sont respectés socialement. Pourtant, des pays qui se sont érigés en modèles en la matière, dont l'Allemagne, ont dépassé ce cliché discriminant. La formation professionnelle devenue un instrument utile, appuyé par un plan d'action efficace, pourrait agir en faveur de la tant convoitée démocratie sociale.


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