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Education : les défaillances d'un système
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 10 - 2014


Par Brahim Oueslati*
« Pour faire un citoyen, commençons par faire un homme. Ouvrons des écoles partout. Quand on n'a pas en soi la lumière intérieure que donne l'instruction, on n'est pas un homme ; on n'est qu'une tête du troupeau multitude, qui se laisse faire, et que le maître mène tantôt à la pâture, tantôt à l'abattoir. Dans la créature humaine, ce qui résiste à la servitude, ce n'est pas la matière, c'est l'intelligence. La liberté commence où l'ignorance finit ». Victor Hugo.
Plus de deux millions d'élèves ont rejoint l'école en cette nouvelle année scolaire qui verra l'introduction de nouvelles mesures dont notamment le retour au fameux concours de «la Sixième » et à l'enseignement des langues française et anglaise respectivement à partir de la deuxième année et la troisième de base. Il faut dire que la rentrée scolaire a, toujours, constitué un événement majeur dans la vie des familles tunisiennes qui ne lésinent pas sur les moyens pour bien préparer leurs enfants à l'école. Avec comme premier objectif, la réussite. Tant il est vrai que l'école a, longtemps, été considérée comme un véritable ascenseur social. Mais cette vision a complètement changé et l'ascenseur, parce que mal entretenu, est, aujourd'hui, en panne. L'école n'assure, pratiquement, plus l'égalité des chances et sa perception n'est plus comme avant, devenant de plus en plus négative. Cette perception est largement partagée, même dans les pays de l'Ocde.
Il ne suffit pas d'accorder une part importante de ses ressources budgétaires à l'éducation, comme c'est le cas de la Tunisie avec environ 5% du PIB et 15% du budget général de l'état, pour rendre le système éducatif performant. Car malgré les moyens importants mobilisés au service de l'enseignement, les résultats sont décevants. Les différents rapports d'évaluation réalisés au cours des dernières années sont unanimes, « malgré les réformes introduites dans le système éducatif et les performances quantitatives, le rendement interne ne s'est pas amélioré. Les taux de promotion intra et intercycles diminue entre 2002 et 2011 dans tous les cycles d'enseignement, alors que les taux de redoublement et d'abandon augmentent» (1). Pis, certaines évaluations ont montré que « les élèves tunisiens manifestent aussi des faiblesses évidentes dans le domaine des langues et des mathématiques que traduisent les difficultés qu'ils éprouvent à communiquer, à rédiger, à résoudre des problèmes» (1).
Un bref rappel des réformes de l'éducation
La Tunisie a connu trois réformes de son système éducatif, guidées toutes par le même principe fondamental, assurer l'éducation pour tous. La première, œuvre de Mahmoud Messadi, ministre de l'Education de 1958 à 1968, a été initiée durant les premières années de l'indépendance, alors que le pays était confronté à deux difficultés majeures, un taux d'analphabétisme très élevé (87%) et un taux de fécondité très fort. Voulue et défendue par le président Habib Bourguiba, cette réforme a été concrétisée dans une loi promulguée le 4 novembre 1958, obéissant aux principes fondamentaux suivants :
– La démocratisation et la généralisation de l'enseignement,
– La gratuité de l'enseignement,
– L'accès au développement par la promotion de l'homme,
– La sauvegarde et la promotion de la culture nationale.
Une année plus tard, le texte de la Constitution adoptée en juin 1959 est venu consacrer dans son préambule le droit à l'éducation, proclamant que « le régime républicain est le moyen le plus efficace pour assurer le droit des citoyens à l'instruction ». Cette réforme avait contribué à unifier et à tunisifier les programmes scolaires et à former, par la suite, des hauts cadres pour le pays nouvellement indépendant. Le taux de scolarisation qui était de 30% seulement pour les enfants en âge d'être scolarisés avait sensiblement augmenté en moins de dix ans frôlant les 70 %, alors que le taux d'analphabétisme est tombé de 83 à 37%. Toutefois, cette loi ne pouvait plus s'adapter aux exigences des nouvelles étapes marquées notamment par l'apparition des nouvelles technologies, l'adoption de nouvelles méthodes pédagogiques et des transformations économiques et sociologiques importantes. D'autant plus qu'elle a subi plusieurs bricolages thérapeutiques qui ont fini par en dénaturer le sens et l'essence : la durée de l'enseignement secondaire est passée de 6 à 7 ans, le baccalauréat est devenu un diplôme unique, au lieu de deux parties, le brevet supprimé, l'enseignement professionnel remplacé par l'enseignement technique, les livres et les programmes scolaires ne véhiculent plus les finalités arrêtées par la loi...
Plus de 30 ans après, une deuxième réforme a vu le jour, réalisée par Mohamed Charfi, ministre de l'Education et des sciences de 1989 à 2004. Promulguée en juillet 1991, la nouvelle loi portant réforme de l'enseignement a introduit plusieurs nouveautés, dont notamment l'enseignement de base d'une durée de 9 ans, un cycle complet qui accueille les enfants à partir de 6 ans, dans l'objectif de « les former de façon à développer leurs potentialités propres et leur garantir, autant que faire se peut, un niveau minimum de connaissance qui soit à même de les préserver de la régression à l'analphabétisme et qui leur permette soit de poursuivre leur scolarité dans le cycle suivant, ou d'intégrer la formation professionnelle, ou de s'insérer dans la société ». Entamé depuis l'année scolaire 1989-1990, l'enseignement de base, obligatoire jusqu'à l'âge de 16 ans, devait permettre, notamment, de diminuer le taux de déperdition ou d'abandon scolaire.
Outre l'enseignement de base, la loi 1991 a supprimé les sections professionnelles et techniques et a adopté un enseignement secondaire d'une durée de 4 ans, sanctionné par un examen national, le baccalauréat.
Mais cette loi n'a pas duré longtemps. Dix ans après, une autre, conçue par Moncer Rouissi, ministre de l'Education et de la Formation professionnelle de 2001 à 2003, est venue l'abroger. Encore en vigueur, la nouvelle loi d'orientation de l'éducation et de l'enseignement promulguée en juillet 2002 a placé l'élève «au centre de l'action éducative ». Elle a défini le rôle de l'école comme « la cellule de base du système éducatif et une structure pédagogique à part entière » qui doit « assurer les fonctions d'éducation, d'instruction et de qualification ». Elle a institué, pour la première fois, l'année préparatoire et introduit, notamment, des programmes spécifiques pour les élèves handicapés dans les écoles ordinaires et adopté des mesures pour améliorer davantage la qualité de l'enseignement et la vie scolaire (2).
Les résultats obtenus au cours des années d'indépendance sont édifiants. « Les disparités régionales et du genre en termes de demande d'éducation sont presque éliminées, l'analphabétisation éradiquée pour la tranche d'âge 10-14 ans et l'universalité de l'éducation au premier cycle est atteinte » (3), avec une couverture totale de la population en âge d'être scolarisée, un taux brut de scolarisation de 100% et plus de 5% du PIB consacré à l'éducation.
L'abandon scolaire, un phénomène récurrent
Un chiffre annoncé tout dernièrement par le ministère de l'Education a sonné comme un échec de tout un système, plus de cent mille (100.000) jeunes ont abandonné l'école au cours de l'année scolaire 2011-2012, alors qu'il devrait sonner comme une évidence pour les décideurs et les pédagogues qui savent bien que notre école va de plus en plus mal et qu'elle s'est enlisée dans une situation difficile à cause de l'inconstance des options et la contradiction des décisions successives. L'abandon ou le décrochage scolaire est le résultat d'une série d'échecs que vit l'élève sur les plans familial, scolaire et social. Il n'est pas un phénomène nouveau ni spécifique à un pays, il est plutôt international, chaque pays a une approche et des politiques qui lui sont propres.
Il s'agit, en fait, d'un phénomène récurrent qui ronge l'éducation dans le monde. L'abandon ou décrochage scolaire sont deux termes qui désignent « l'interruption temporaire ou définitive des études avant l'obtention d'une reconnaissance des acquis (diplôme, certificat, attestation d'études,...) de la part d'une institution d'enseignement. Le décrochage scolaire est généralement utilisé dans le contexte d'un abandon à l'ordre d'enseignement secondaire alors que l'abandon scolaire est un terme global qui est utilisé à la fois pour le secondaire, le collégial et l'universitaire ». Véritable « maladie nosocomiale de l'école » (4) d'après certains pédagogues, le décrochage « recouvre de multiples réalités allant de l'ennui sporadique en classe, à la phobie scolaire, en passant par l'absentéisme». Des études réalisées dans les pays de l'Ocde mais aussi au Québec ont montré que ce phénomène, apparu au début des années soixante-dix du siècle dernier, est la conséquence de « la détérioration des liens entre l'enfant, l'école et la société » (5). Il est le résultat de la conjugaison de plusieurs facteurs ayant trait, essentiellement, aux difficultés d'apprentissage et aux problèmes de comportement qui se trouvent « amplifiés par des facteurs liés tant à l'école qu'à la famille »(5). La famille joue, en effet, un rôle de premier plan dans la réussite ou l'échec scolaire de l'enfant. Il est évident que l'enfant qui vit dans une famille déchirée (divorce, orphelinat, violence conjugale, disputes...), souffrant d'un manque d'affection et de tendresse, ne peut pas s'épanouir dans le milieu scolaire. Il en est de même des enfants souffrant d'un handicap physique, mental ou de dyslexie et qui ne sont pas pris en charge par des pédagogues formés pour. Mais les causes sont encore plus complexes et plus profondes. Elles sont inhérentes au mode de fonctionnement même de l'école et à sa capacité d'adapter ses méthodes aux besoins des élèves, à la qualité des équipements pédagogiques et ludiques et bien entendu à la qualité des enseignants. Les causes du décrochage scolaire peuvent, également, être liées à l'environnement social. « Les jeunes en décrochage scolaire appartiennent plus souvent à un milieu socioéconomique faible ou à un groupe social vulnérable; en moyenne, le taux de décrochage scolaire en Europe est deux fois plus élevé chez les jeunes issus de l'immigration que chez les jeunes autochtones; en outre, les garçons y sont plus exposés »(6).
D'ailleurs en Europe, le taux moyen du décrochage scolaire (du primaire au secondaire) est de l'ordre de 13.5%, d'après les statistiques de 2012 (3), avec des pics de 30% à Malte, 20 % en Espagne et au Portugal. En France, le taux se situe autour de 12% contre 17.5% en Italie. Dans les pays de l'Europe du Nord, le taux est bien plus bas et se situe entre 4 et 6% seulement.
Plus près de chez nous en Algérie, on enregistre entre 500.000 et 560.000 déperditions par an dans les cycles primaire et secondaires (7). Au Maroc, la situation n'est guère meilleure puisque, chaque année, plus de 400.000 enfants quittent le système scolaire.
Des chiffres inquiétants
L'abandon scolaire est-il devenu une fatalité ? Il faut dire que les chiffres sont inquiétants et nous interpellent tous. Selon les statistiques publiées par le ministère de l'Education (8), au total, 99.647 jeunes ont quitté les bancs de l'école en 2010-2011 répartis selon les trois cycles comme suit :
Primaire Préparatoire Secondaire Total
Effectif 1.003.017 469.459 466.939 1.939.415
Abandon 10.030 42.423 47.194 99.647
Taux 1.0% 9.0% 10.1% 20.1%
Une simple lecture des données statistiques fait ressortir que c'est au niveau des premières années du cycle préparatoire et du cycle secondaire que l'on enregistre les plus forts taux de décrochage avec 12.7% en 7ème année de l'enseignement de base, soit 24.910 élèves et 14.1% en première année secondaire, soit 20.575. Cela signifie tout simplement que les enfants vivent mal le passage d'un niveau à un autre. Les taux de redoublement confirment cette tendance et qui sont respectivement de 22.8% en 7ème année de base et de 19.0% en première année secondaire, alors que les taux moyens sont de 17.6% et de 15.5%. Observons le tableau suivant :
Année Passent Taux Redoublent Taux
7e 126.612 64.5% 44.786 22.8%
8e 111.289 76.4% 23.543 16.2
9e 106.387 83.4% 14.419 11.3%
Total préparatoire 444.288 73.3% 82.748 17.6%
1ère 97.784 66.9% 27.749 19.0%
2e 92.663 78.0% 16.132 13.6%
3e 83.989 85.4% 8276 8.4%
4e 73.042 70.5% 20.113 19.4%
Total secondaire 347.478 74.4% 72.267 15.5%
Total général 691.766 73.49% 155.015 16.6%
Pour savoir si les taux d'abandon ont tendance à baisser ou le contraire au cours des dernières années, on doit prendre deux années de référence, celle de 1989-1990 qui a vu l'introduction pour la première fois de l'enseignement de base et celle de 1994-1995 qui a coïncidé avec la première promotion du cycle primaire dans sa nouvelle formule. On constate que le taux d'abandon au niveau de l'enseignement primaire a sensiblement baissé, passant de 7.0% à 4.4%. Cette baisse s'est confirmée au cours des années suivantes, descendant pour la première fois sous la barre de 2.0% en 2004-2005, année qui a enregistré un taux de 1.7%, pour tomber à 1.0% en 2010-2011 et en 2011-2012.
Pour la création d'un observatoire de l'éducation
Quand des milliers de jeunes quittent chaque année l'école sans aucune qualification et que des milliers d'autres trébuchent au cours de leur scolarité, c'est qu'il y a problème. Un problème touchant au fond même du système éducatif et à toutes les composantes de la vie scolaire, à savoir les parents, les enseignants et l'administration. L'école est un tout qui gravite autour d'un élément central qui est l'élève. Le manque d'équipements, le peu d'encadrement, l'absence d'activités ludiques, la non-implication de la famille et de la société civile dans la vie scolaire, ne favorisent pas un climat propice à la réussite. Toute défaillance se répercute inexorablement sur les résultats des élèves. En dépit des réflexions engagées depuis le début des années 1970 sur le phénomène de l'abandon scolaire et malgré la multitude des mesures prises pour en réduire les taux, les résultats sont là qui confirment les défaillances d'un système incapable d'apporter des remèdes aux maux de l'école. Que de consultations ont été réalisées et que de séminaires et ateliers ont été organisés et dont les recommandations sont restées sans aucun suivi. Un conseil supérieur de l'éducation a, même, été créé en 2000 (décret n° 2000-2260 du 10 octobre 2000) à l'effet de « donner son avis sur l'organisation de la politique nationale en matière d'éducation ainsi que sur les moyens susceptibles d'en assurer la réalisation », mais sans résultats concrets.
Certes, et il faut se rendre à l'évidence, il n'y a pas de solution miracle à l'abandon scolaire. Des pays mieux nantis que le nôtre n'ont pas réussi à juguler ce phénomène. Par contre, ils sont arrivés à trouver des solutions pour les décrocheurs, à travers la multiplication des filières de l'enseignement professionnel et sa valorisation. Ils ont mis en place des politiques portant de manière cohérente à la fois sur les différents types d'enseignement, le primaire, le secondaire, le professionnel et le supérieur, et engagé les fonds importants pour réduire au maximum, les taux d'échec et d'abandon scolaires et créer les structures d'accueil nécessaires pour éviter que les décrocheurs ne se volatilisent dans la nature. Des politiques qui, en s'attaquant aux causes du décrochage, ont pris en considération tous les aspects liés aux problèmes et aux préoccupations des jeunes, qu'ils soient de santé comme la consommation des stupéfiants et de l'alcool, ou des problèmes de violence et de délinquance ou encore la question pertinente du chômage. Pour éviter que l'école ne devienne une fabrique de chômage et de criminalité.
Les gouvernements successifs d'après le 14 janvier 2011, parce que provisoires, n'ont pas accordé une attention prioritaire aux problèmes de l'enseignement. Le droit à l'éducation ne figure même pas dans le préambule de la nouvelle Constitution comme ce fut le cas pour celle de juin 1959. Aussi est-il impératif de penser à la création d'une structure supérieure indépendante chargée des questions de l'éducation et de l'enseignement, sous forme d'instance supérieure ou d'observatoire, au lieu et la place du Conseil supérieur précédemment mentionné, et de la doter de tous les moyens nécessaires pour mener à bien sa mission. Cette structure, qui comprendra dans ses rangs des représentants de toutes les composantes de la famille de l'éducation et de l'enseignement, des syndicats et de la société civile, aura pour principales missions d'engager une réflexion profonde sur le système éducatif, proposer une nouvelle réforme intégrant tous les cycles et types d'enseignement, une réforme non figée s'adaptant à toutes les transformations dans un monde en perpétuel changement. Elle se penchera, également, sur l'élaboration des politiques efficaces de lutte contre l'abandon scolaire en préconisant des mesures de prévention, d'intervention et de compensation, la faiblesse du rendement des institutions éducatives et de tous les maux qui affectent l'école comme la violence. Elle veillera à la mise en place de stratégies d'action globales en faveur des jeunes et assurera la coordination entre les différentes structures en charge du secteur.
Entre temps, il faut que cessent les réformettes et les mesures prises à la hâte, sans réflexion ni consultation préalable. Il y va de l'avenir de nos enfants et de la nation.
*Ancien directeur général de l'Observatoire de la jeunesse
1) Analyse du système éducatif tunisien, Organisation internationale du travail 2013.
2) Mustapha Ennaïfer, évolution de la politique éducative en Tunisie- novembre 2010.
3) Le système éducatif tunisien ; enjeux et défis, Institut tunisien des méthodes quantitatives 2011.
4) Le terme de maladie nosocomiale désigne n'importe quelle maladie attrapée lors d'un séjour dans un milieu de santé et suspecte d'avoir été contractée dans cette structure. Par extension, le terme désigne ici un mal inhérent su système éducatif.
5) Rémi Thibert, le décrochage scolaire, diversité des approches, diversité des dispositifs, Institut français de l'éducation, mai 2013.
6) Commission européenne, conclusions du 26 novembre 2009 sur l'éducation des enfants issus de l'immigration.
7) Journal Liberté du 30 novembre 2011
8) Statistiques scolaires, publication du ministère de l'éducation, année 2011-2012.


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