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L'Etat débordé...
Au cœur de l'économie
Publié dans La Presse de Tunisie le 14 - 04 - 2017


Par R. EL HERGUEM
Les événements chauds et la vague de protestations qui ont gagné Tataouine, Le Kef et Kairouan sont un indice révélateur de l'échec du modèle de gouvernance économique, proposé par le gouvernement depuis des années. Les gouvernements ont beau changer, le contexte politique aussi, on voit de plus en plus de régions se révolter contre leur sort, réclamer leurs droits au développement et au service minimal du bien-être. Nous ne sommes pas là pour parler des détails, pour donner raison ou non aux parties impliquées, mais une chose est sûre, ces plans économiques, ces actes pris depuis 5 ans et qui essayent de dépasser l'injustice de l'ancien modèle, ne donnent pas leurs effets. Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans cette histoire : des budgets conséquents sont prévus pour le développement des régions intérieures, une volonté gouvernementale et institutionnelle (Assemblée des représentants du peuple) est prononcée , mais sur le terrain, tous ces projets et ces actions pour pousser l'investissement et embaucher les diplômés et non diplômés tombent à l'eau. Ces régions qui regorgent de richesses, et qui réclament le droit à une partie de la rente de ces richesses, montent au créneau. La vague peut être contagieuse et se propager à d'autres zones qui gèrent la misère et le sous-développement. La fermeture de l'usine de câble au Kef est, à notre avis, un très mauvais signe pour le gouvernement. Comment gérer cette situation compliquée et de plus en plus chaude ? Peut-on parler maintenant d'une révision du modèle de développement régional et de la gouvernance économique de ce dossier ? C'est du moyen et long terme. Or, et pour le moment, il y a des mesures urgentes à prendre pour résoudre des problèmes qui remontent à des dizaines d'années. Il y a urgence pour le gouvernement, et pour les représentants de l'appareil exécutif dans les régions, de veiller à la réalisation des projets publics qui ont des dotations mais qui se perdent dans les complications administratives et les soupçons de complaisance et de corruption. Quelque chose doit changer dans l'approche économique envers les régions : l'Etat doit mieux gérer ces protestations en présentant un service minimum à ces régions et en veillant à accorder des avantages concrets et à choisir des responsables qui savent négocier et écouter les protestataires. Cela en admettant que la conception des plans de développement économique ou du moins les mesures et les outils de suivi et d'application soient plus souples et orientés plus vers les résultats. Cela à moyen terme, l'urgent étant de calmer les esprits et de mettre fin à la dégradation des indicateurs macroéconomiques..


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