CAN 2025 : arbitres des quarts de finale    Bulgarie : lancement d'un visa pour freelances et travailleurs à distance – qui est éligible et comment l'obtenir !    Leïla Trabelsi : l'audience pour corruption reportée à février    Le film Palestine 36 d'Annemarie Jacir arrive en Tunisie : un film événement présenté par CineMad (trailer)    Algérie : Vers l'importation d'un million de moutons sur décision du président Tebboune    Comment regarder le Supercoupe d'Espagne?! Détails sur la chaîne en direct    Tunisie – vignette automobile 2026 : Comment payer en ligne ?    Hausse notable des cas de grippe saisonnière    Tunisair : Perturbations des vols vers Paris le 7 janvier    Lancement du programme d'aide à la publication Abdelwahab Meddeb 2026 par l'IFT    Pluies record en Tunisie : Korba et Aïn Draham sous les précipitations    Epson: Innovation, stratégie globale et avenir de l'impression durable    La Tunisie, premier investisseur africain en France, en nombre de projets    Eau en Tunisie : 159 alertes citoyennes en décembre, Sfax et Gafsa en tête    Huile d'olive : prix garanti à 10,200 Dinars/kg pour tous    Météo en Tunisie : temps froid, chutes des neiges aux hauteurs ouest    Moez Hassen signe au Red Star pour la Ligue 2    Algérie – RDC : diffusion et chaînes pour suivre le match en direct    Commémoration ce vendredi au CNOM du 40ème jour du décès de Dr Mounira Masmoudi Nabli    De 'Sahar El Layali' à l'Académie d'Art de Carthage : Tamer Habib transmet l'art du scénario à la nouvelle génération tunisienne    LEGO Smart Play : La brique intelligente ou Smart Brick qui révolutionne le jeu au CES 2026    Mathilde Panot (LFI) : « La France doit impérativement refuser d'être le vassal des Etats-Unis »    Secousse tellurique en Tunisie, au nord de Béja ressentie par les habitants    Météo en Tunisie : Pluies éparses sur les régions du nord    E-consulat : un nouveau service numérique pour les Tunisiens au Japon    Kaïs Saïed réaffirme le rôle clé des médias publics et la liberté de la presse en Tunisie    Investir en Tunisie: une nouvelle donne    Le ministère de l'Environnement accélère la numérisation des services de délivrance des autorisations    Béja : secousse tellurique de 4,3 ressentie    L'Université de Sousse et le Centre Universitaire de Maghnia (Algérie) scellent un partenariat stratégique    SOS Villages d'Enfants Tunisie : plus de 8700 personnes ont bénéficié des services de l'association en 2025    Combien coûte le jogging de Maduro ? Le prix qui surprend    L'Ecole de Tunis (1949): modernité picturale, pluralisme culturel et décolonisation du regard    Examen civique en Europe : ce que les Tunisiens doivent savoir sur les nouvelles règles    La Fédération tunisienne de football se sépare à l'amiable de l'ensemble du staff technique de la sélection nationale de football    Chaos dans le ciel grec : tous les vols suspendus    Tunisie–Mali (1-1, tab. 2-3): Une élimination frustrante    Match Tunisie vs Mali : où regarder le match des huitièmes de finale de la CAN Maroc 2025 le 03 janvier?    Prix littéraires: une moisson à améliorer (Album photos)    ''Bourguiba, l'orphelin de Fattouma'', ce dimanche matin à Al Kitab Mutuelleville    Zahran Mamdani prête serment sur le Coran et entre dans l'histoire de New York    Conseil de sécurité: Vives contestations de la reconnaissance du Somaliland par Israël    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Ouverture de la 26e édition des Journées théâtrales de Carthage    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'Aboyeur à la conquête d'El Jem
Exposition d'art contemporain
Publié dans La Presse de Tunisie le 08 - 08 - 2017

Un réel défi : celui de penser et d'installer une œuvre d'art contemporain dans ce genre de lieu (éclairage, mise en espace, etc.)
Le site de l'amphithéâtre d'El Jem a accueilli, samedi dernier lors de la soirée de l'Orchestre du bal de l'opéra de Vienne, des visiteurs bien particuliers : de jeunes gens vêtus et maquillés de blanc, portant chacun une sorte de muselière... Il s'agit des aboyeurs de Faten Rouissi . Une performance qui s'inscrit dans le cadre de l'exposition-concept «L'Aboyeur».
Née en 1967 à Tunis, Faten Rouissi vit entre Tunis et Bruxelles. Son travail, protéiforme, fait appel à différents médiums, notamment la peinture, la sculpture, le textile mais aussi l'installation, la vidéo, la performance ou le happening. Elle développe une réflexion engagée autour de l'exercice du pouvoir, de la vie citoyenne ou des excès médiatiques, de ce qui transforme et régule la société contemporaine, en Tunisie et ailleurs. Elle œuvre, depuis de nombreuses années, pour le développement du paysage culturel de la Tunisie. En menant des actions avec l'association «24h pour l'art contemporain», qu'elle a fondée en 2012, dans l'idée d'installer une dynamique artistique (art contemporain) dans les régions. Reconnue sur la scène internationale, elle a en outre été lauréate, en 2014, du Prix de la Ville de Dakar au Sénégal, dans le cadre de la 11e biennale de l'art africain contemporain Dak'art.
L'Aboyeur est une exposition-installation-happening et mapping autour d'un personnage à la fois fictif et réel, celui de «L'Aboyeur». Comme on nous l'explique, ce personnage conçu et imaginé par l'artiste Faten Rouissi vient refléter un phénomène social et médiatique et pointer du doigt un comportement des plus désagréables qui trouve échos, essentiellement, sur les tribunes du paysage audiovisuel. Une face aux traits indéfinis, une muselière à la bouche, il incarne «le râleur, celui qui a toujours l'injure à la bouche, celui qui harcèle de cris, de criailleries pénibles et qui ne cesse de protester avec énergie»... «L'Aboyeur se présente également comme un outil incontournable pour faire connaître, défendre ou condamner une cause pour laquelle les mass-médias se font les porte-parole. L'artiste en parle comme d'un personnage euphorique qui véhicule des images, pas toujours vraies, et des idées souvent préconçues... c'est celui qui aime faire sensation (fait le buzz) sur les plateaux télévisés, sur les ondes radios, dans les manifestations culturelles, politiques... celui dont la voix porte loin sans forcément avoir raison. «A cette forme de contestation, libératrice et salvatrice, mais aussi sauvage et parfois sans contenu rigoureux, portée par les passions parfois davantage que par la réflexion, l'artiste a répondu par la création de ce personnage hybride et paradoxal», note la critique et commissaire de l'exposition, Marie Deparis-Yafil, et d'ajouter : «Ici, à El Jem, l'Aboyeur, provisoirement apaisé, se refuse ce soir de bal aux grands discours et choisit pour une fois le silence, afin de laisser la place à la joie pure de la musique».
Cette exposition d'art contemporain est une première dans l'histoire de l'amphithéâtre d'El Jem. L'idée étant d'exploiter la symbolique de ce haut lieu du patrimoine national, exploiter un événement également (l'artiste a joué sur les paradoxes : la musique symphonique évoque par définition un ensemble harmonieux, l'Aboyeur, quant à lui, suggère une sonorité parfois désagréable...). Faire, aussi, s'entrecroiser art visuel, musique, histoire contemporaine et patrimoine historique. Un réel défi : celui de penser et d'installer une œuvre d'art contemporain dans ce genre de lieu (éclairage, mise en espace, etc.), et ce, dans le cadre d'un événement musical.
Un monument/un parcours
Le projet s'est présenté sous forme d'itinéraire, une sorte de parcours artistique qui débute sur la grande esplanade de l'amphithéâtre avec un happening interactif avec le public. 15 performers installés ici et là, absorbés au début par leurs téléphones et autres tablettes et ordinateurs, bouffés par les réseaux sociaux. Ils finissent par inviter le public à participer à leur action, prenant des selfies, ouvrant des directs sur facebook, etc. L'Aboyeur a été aussi incarné en son et en lumières avec un mapping sur une partie de la façade de l'édifice... Intitulée le «bal des aboyeurs», cette performance en lumières pouvait, malheureusement presque, passer inaperçue, car trop d'éclairages aux alentours... Une fois à l'intérieur, ce sont des aboyeurs en sculptures/assemblages que l'on a pu croiser. Dès l'entrée dans l'amphithéâtre, et sur le parcours qui mène aux gradins et aux chaises, la vie et l'œuvre de «L'Aboyeur» se décline sous toutes leurs formes, de l'enfance au mariage, dans tous leurs états plastiques (tableaux, sculptures et installations), et tous leurs états d'âme. Mêmes problèmes, les œuvres n'étaient pas assez mises en valeur. En route vers les gradins, «l'Aboyeur géant» nous attendait. Une sculpture de cinq mètres de haut, réalisée en collaboration avec un artisan ferronnier d'El Jem. «Une sorte de monstre, évoquant de toute sa hauteur la puissance des médias et des "Aboyeurs" dans la démocratie», comme l'indique l'artiste. La même œuvre était animée par mapping mais les éléments graphiques manquaient de dynamisme et l'effet de lumière n'était pas aussi marqué... Une très bonne initiative, celle de faire rencontrer patrimoine historique et art contemporain, de faire se coïncider différentes formes artistiques, d'interpeller le public sur un phénomène contemporain et d'en faire un partenaire. L'idée gagnerait à être plus travaillée et contourner assez les contraintes techniques, mieux appréhender le lieu, ses avantages et ses contraintes.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.