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Lire, c'est affirmer son être
Autrement dit
Publié dans La Presse de Tunisie le 01 - 11 - 2017


Par Bady BEN NACEUR
Le vertige du temps qui passe vite ! Trop vite, peut-être, me semble-t-il... et déjà le mois de novembre («Quand novembre, de brume inonde le ciel bleu», Hugo), le mois de la mort et des turpitudes humaines — la fin de la guerre 14/18, guerre mondiale — et chez nous, presque trente ans déjà, le 7 novembre que l'on croyait libérateur, et puis des cauchemars et tant d'endurances, pour tout recommencer, et pour se leurrer encore et encore ! Sans oublier que nous sommes au seuil du nouvel an, janvier 78 — déjà quarante ans ! Espérons qu'il ne sera pas trop noir, et puis la «guerre du pain», les grèves que l'on disait «sauvages», ça vous rappelle quelque chose, chers lecteurs ?
L'histoire se répète avec une nouvelle mise en scène et de nouveazux actants d'un théâtre où va se jouer un nouveau drame, il faut bien occuper le bon peuple. «Et si cela n'est pas sûr, c'est quand même peut-être !», dixit Jacques Brel.
Il faut relire «L'homme révolté», 1951 d'Albert Camus pour comprendre ce qui se passe aussi, depuis presque sept ans en Tunisie, et que l'on croyait — naïvement — que c'était une révolution pour nous, enfin ! La première dans le monde arabe. Albert Camus mais aussi Jean-Paul Sartre qui formaient la paire pour une pensée salvatrice et que nous apprenions sur les bancs du lycée. J'ai retrouvé, tout à fait par hasard, des notes écrites durant un cours de philo. Le professeur y avait mêlé, à ces deux auteurs qui ont bercé bien des générations, par la suite, les points de vue d'autres philosophes et sociologues pour décortiquer ce que l'on appelait alors «La crise de l'humanisme occidental», titre de ce cours reproduit sur l'un de mes cahiers avec une encre, couleur-sépia : Heidegger, Karl Jaspers, Emmanuel Mounier... c'était au lendemain de la seconde guerre mondiale quand les découvertes scientifiques poussaient comme champignons après la pluie. Et le professeur de renchérir que nous devions apprendre ce passé-là pour mieux comprendre notre présent et affronter l'avenir avec moins de panique. Ces «découvertes scientifiques» avaient été faites «par nécessité» et pour «affirmer ou réaffirmer la vocation universelle de l'Occident, tout en renforçant le sentiment de la relativité chez l'être humain».
En effet, à partir de ce moment, ces penseurs se sont aperçus (c'est moi qui résume) que «l'individu biologique n'était (jusque-là) qu'un agrégat de phénomènes chimiques dont le pourquoi commençait à peine à se révéler, l'homme étant perdu dans un univers dont il ne soupçonnait pas les dimensions et qui le dépasse infiniment (l'univers)». Ces philosophes et sociologues devaient ainsi dénoncer «les pressions, les motifs extérieurs, d'ordre personnel aussi bien que social, qui conditionnent un comportement». Et c'est ainsi «qu'une des bases de la civilisation occidentale s'en est trouvée renouvelée».
Après Heidegger, toute la philosophie du siècle dernier insistait alors sur l'angoisse fondamentale de la condition humaine : «L'homme ignorant la stabilité est emporté dans un mouvement permanent, dans une recherche indéfinie et, en même temps, il se sent étroitement fini, puisque tout le conduit à la mort». «Au sein de cet écoulement tragique, la personne garde une place unique». C'est Jean-Paul Sartre qui le déclare dans sa Critique de la raison dialectique (1960). Car pour lui, le point de départ de toute philosophie est «la distinction entre l'homme et le monde». Et seule l'activité humaine peut constituer donc une référence authentique.
Heidegger affirme quant à lui que «l'homme, en acceptant librement d'assumer l'angoisse, dépasse la fuite dans le quotidien» et libre à lui de la subir. J'allais dire comme ce qui se passe aujourd'hui, en Tunisie.
Mais c'est à Albert Camus que va ma pensée de ce jour et dont je retrouve des traces, que j'avais oubliées, dans ce cours magistral. Parce qu'il est méditerranéen comme nous. Ainsi, propose-t-il d'une part de se révolter (L'homme révolté), et de «s'ouvrir à l'autre», dans son ouvrage (L'exil et le royaume 1956).
Sa pensée «moderne» allait ainsi définitivement rejeter l'individualisme du XIXe siècle. Elle n'admet plus la séparation des êtres se développant parallèlement les uns les autres comme on essaye outrageusement de le faire aujourd'hui, dans la société tunisienne.
A l'individu, elle oppose, avec Karl Jaspers et Emmanuel Mounier la personne qui, tout à la fois, «subit le monde et sait le juger, voire le maîtriser».
Mais que se passe-t-il aujourd'hui, dans la société tunisienne, cet abattement général, ce déni de la personne, sa mal-vie, cet être humain que l'on bafoue tous les jours jusqu'à en faire un individu bon à suivre les moutons de panurge ? Relisez ces auteurs, vous m'en direz tant, chers lecteurs, car la lecture réaffirme votre être, votre «persona» jusqu'à la révolte, la désobéissance, la sédition même...


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