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Guerres sans fin
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 10 - 10 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE
Jeudi dernier, la guerre, déclenchée par George W. Bush le 7 octobre 2001 contre le régime des talibans en Afghanistan, est entrée dans sa dixième année, et ni Washington ni l'Otan n'ont la moindre idée sur la manière de conclure ce conflit insensé. Jusqu'à présent, les stratèges occidentaux, qu'ils soient à Kaboul, à Washington ou à Bruxelles (où l'Otan a son siège) se sont avérés incapables d'imaginer une stratégie de sortie qui mettrait fin à ce qui est devenu le cauchemar des troupes étrangères, confrontées à une insurrection talibane de plus en plus hardie et de plus en plus agressive.
Les attaques quotidiennes effectuées au nord-ouest du Pakistan à coups de missiles lancés par des drones américains, visaient à tuer les cadres de la nébuleuse terroriste d'Al Qaïda, réfugiés dans les montagnes surplombant la frontière pakistano-afghane. Presque tous les jours, des communiqués d'origine américaine font état de la mort de nombreux «terroristes», information que personne ne peut vérifier. En revanche, ce qui est parfaitement vérifiable, c'est que les attaques des drones ont accru de manière dramatique les difficultés des troupes étrangères en Afghanistan.
Les talibans pakistanais, voulant se venger des attaques américaines, se sont mis à attaquer quotidiennement les convois de carburant, de nourriture et de matériel destinés aux troupes de l'Otan avant même qu'ils ne franchissent la frontière afghano-pakistanaise du côté de Peshawar ou, plus au sud, du côté de Quetta. Les camions incendiés à proximité de ces deux villes pakistanaises se comptent par centaines, posant un véritable problème d'approvisionnement pour les troupes étrangères en Afghanistan qui s'élèvent actuellement à plus de 150.000 soldats.
On peut légitimement s'étonner qu'avec un nombre si élevé de soldats dotés d'armes, de tanks, d'hélicoptères et d'avions de combat des plus sophistiqués, les Etats-Unis et l'Otan peinent à venir à bout d'une insurrection dont la pauvreté, l'ignorance et le sous-équipement sont les caractéristiques principales de ses combattants !
Il est vrai que les talibans sont chez eux, connaissent les montagnes afghanes comme leurs poches et peuvent en un clin d'œil fondre parmi les civils, laissant l'armée la plus puissante du monde désorientée. Il est vrai aussi que les forces étrangères, qui ont souvent la gâchette trop facile, ont servi beaucoup plus les talibans que la «cause» pour laquelle elles combattent.
En faisant un nombre élevé de victimes civiles, les forces américano-atlantistes ont involontairement accru la popularité des talibans, en dépit de leur cruauté et de leur obscurantisme, et accru en même temps le ressentiment et la haine des forces étrangères parmi la population afghane, qui ne croit plus beaucoup aux promesses d'un avenir démocratique et prospère.
Mais les Afghans ont-ils jamais cru en un avenir démocratique et prospère ? Il est permis d'en douter quand on sait l'histoire de l'Afghanistan, un pays ensanglanté tour à tour par des conflits fratricides et des guerres contre l'occupation étrangère. Avant l'invasion du pays par les troupes soviétiques en décembre 1979, les Afghans s'étaient entredéchirés pendant des années durant lesquelles se succédaient coups d'état et révolutions de palais.
L'invasion soviétique avait unifié des factions et des tribus dont la plupart étaient à couteaux tirés. Pendant les 10 ans de guerre contre l'occupant soviétique (1979-1989), les Afghans n'ont jamais été aussi unis. Une unité qui a vite fait de voler en éclats dès le départ du dernier soldat russe.
Les Etats-Unis qui, durant cette décennie, étaient excessivement généreux en argent et en armes avec la résistance hétéroclite afghane, avaient tourné le dos à l'Afghanistan aussitôt les soviétiques défaits. Une erreur stratégique monumentale qu'ils sont en train de payer jusqu'à ce jour.
Pendant sept ans (1989-1996), les Afghans s'étaient entretués dans l'indifférence quasi-totale, détruisant le peu d'infrastructures qui avaient échappé à la guerre avec les Soviétiques. Le régime obscurantiste des talibans, qui avait fini par s'imposer en 1996, avait un seul point positif : il avait apporté une stabilité que le pays n'avait pas connu depuis des décennies.
Le régime des talibans se serait probablement maintenu jusqu'à ce jour, si son chef, le Mollah Omar, avait accepté de remettre Oussama Ben Laden aux Américains, comme ils le lui avaient demandé au lendemain des attaques terroristes du 11 septembre 2001 contre New York et Washington. Il faut dire aussi que l'Afghanistan, en particulier, et le monde, en général, se seraient portés aujourd'hui beaucoup mieux si George Bush n'avait pas décidé en 2003 d'abandonner le travail inachevé en Afghanistan pour aller tirer le diable par la queue en Irak.
Ce sont ces erreurs stratégiques monumentales commises par les politiciens américains qui font que malgré 100.000 GI's et 52.000 soldats de l'Otan, les Etats-Unis se trouvent encore embourbés dans ce qui est devenu la plus longue guerre étrangère de l'histoire américaine.
Cette guerre coûte aujourd'hui au contribuable américain plus de 100 milliards de dollars par an, soit sept fois le produit national brut afghan. Nous avons là l'une des énigmes que les futurs historiens auront du mal à élucider : la plus grande puissance du monde, aidée par la plus grande alliance militaire de la planète, a échoué, en dépit de dépenses illimitées, à stabiliser un pays pauvre et arriéré.
Le plus terrifiant est que la métastase du cancer afghan n'a pas l'air de se limiter aux frontières afghanes. Les zones tribales du nord-ouest du Pakistan semblent succomber de jour en jour au modèle afghan, combinant anarchie et violence. Ce que tout le monde redoute, c'est que les clones pakistanais des talibans afghans arrivent à leur fin qui consiste à «afghaniser» le Pakistan. Et si, à Dieu ne plaise, ils arrivent à menacer les structures étatiques à Islamabad et à généraliser l'anarchie et la violence au «pays des purs» qui, de surcroît, est détenteur d'un arsenal d'armes nucléaires, les conséquences désastreuses ne se limiteront sûrement pas à l'Asie du Sud.


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