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La Tunisie, terre de civilisation, d'histoire et de religion
Manifestations de religiosité
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 11 - 2017

Les temples racontent les histoires des religiosités anciennes : romaine, phénicienne, carthaginoise, berbère, qui chantent les louanges des divinités et leur font des offrandes et sacrifices en vue de bénir ou d'exaucer leurs actes et vœux
Dans le cadre de l'événement intitulé "Savoir-savoir" organisé par l'Institut de recherche sur les religions et par l'association Zanoobya pour l'art et la créativité, se tient un cycle de conférences, le troisième mardi de chaque mois, et ce, du 21 novembre jusqu'au 19 juin, sur la thématique générale «Manifestations de la religiosité en Tunisie», à l'espace El-Teatro, au centre de Tunis.
La rencontre inaugurale, organisée mardi dernier, a été présentée tour à tour par Zayneb Farhat, présidente de Zanoobya et par le doyen Sadok Belaid, président du comité fondateur de l'Institut de recherche sur les religions. C'est Zyed Krichène, journaliste et communicateur, qui en a été le modérateur.
Enracinée dans l'Histoire, terre de civilisation, la Tunisie est aussi le creuset de nombre de religions comme en témoigne l'émergence au fil des âges de ses temples, ses synagogues, ses églises et ses mosquées, et comme le confirme, aujourd'hui, sa religiosité plurielle. C'est dans ce cadre que s'insèrent ces conférences qui cherchent à traiter des manifestations de religiosité à travers les religions et les courants religieux tels que pratiqués dans le pays.
Les manifestations religieuses depuis les origines de la vie
Les confréries soufies, le Chiisme, le Judaïsme, le Christianisme sont autant de thèmes qui seront étudiés au gré des rencontres. La démarche sur laquelle ont insisté les présentateurs aborde la religion comme phénomène sociopolitique et culturel et non pas comme une somme de dogmes et croyances et la véracité ou non de sa foi. Les conférences se présentent comme des pistes de recherche s'inscrivant dans la pluralité, sans aucun exclusivisme religieux et à équidistance de toutes les pratiques religieuses quelles qu'elles soient.
La première conférence intitulée «Du fait religieux» est donnée par Pr Wahid Essaâfi qui n'est autre que le chargé de la direction scientifique de l'ensemble de la manifestation. Il lui a été donné de présenter son allocution devant un public d'initiés, qui se trouve essentiellement composé d'universitaires et de chercheurs toutes disciplines confondues.
Dans un style poétique et imagé, Pr Essaâfi a donné une conférence sur les manifestations religieuses depuis les origines de la vie jusqu'à l'apparition des religions dites révélées, monothéistes. Il a commencé par se présenter comme un lecteur de texte, et, par pure coïncidence, ce texte est religieux. Et le lecteur d'un texte, énonce-t-il, «c'est lui le créateur de son sens, s'orientant vers une direction qui peut correspondre à une signification quelconque auprès des récepteurs ou pas».
Avant de parler religion, le conférencier a commencé par établir un contrat avec l'auditoire selon lequel il inscrit son propos en dehors du schéma binaire de la foi ou de l'athéisme. Son approche s'appuie au contraire sur le fait religieux en tant qu'art et culture, et comme une manifestation de la vie ouverte à tous et non pas une caractéristique exclusive aux hommes de religion.
La Tunisie qui est une terre de civilisation et d'histoire est aussi terre de religion, insiste-t-il. Les temples racontent les histoires des religiosités anciennes, romaine, phénicienne, carthaginoise, berbère au sein desquels on offrait des sacrifices en chantant les louanges des divinités pour l'accomplissement des vœux pour l'opulence, la fertilité et pour la protection contre la sécheresse et les aléas de la vie.
Multiplicité des divinités jusqu'à la révélation du Dieu unique
A travers une démonstration qui s'appuie sur l'enchaînement historique des pratiques religieuses, leurs manifestations, leurs symboliques et leurs dieux correspondants, le professeur a démontré que la religiosité émane de l'essence même de l'individu qui a besoin de croire en quelque chose. Ainsi un balisage de l'histoire des pratiques religieuses a été fait chez les Pharaons, les Grecs et les Romains, entre autres et leurs déesses dont il a énuméré quelques-unes : Aphrodite chez les Grecs, déesse de la beauté, de l'amour et de la fertilité, Vénus dans la religion romaine, Isis, déesse dans la mythologie égyptienne, ou encore Tanit, dans sa représentation levant les bras au ciel, déesse punique de la fertilité selon les croyances berbères et carthaginoises. Le conférencier a suivi la chronologie sinueuse des croyances religieuses représentées à travers la multiplicité des divinités jusqu'à la révélation du Dieu unique des trois religions monothéistes, le Judaïsme, le Christianisme et l'Islam.
La dialectique que Pr Essaâfi a cherché à établir entre l'individu et l'apparition de son dieu se manifeste à travers une relation qui demeure entourée de mystères, difficile à en définir les origines premières. Les questions restées sans réponses sont ainsi reléguées au champ mystique et surnaturel. L'incapacité à trouver des explications sur l'apparition de la vie sur terre à laquelle se sont liées par la suite les manifestations religieuses relève encore et toujours du domaine de l'inconnu. Un inconnu que l'homme a tenté d'apprivoiser par les sacrifices, les processions et les fêtes qui interpellent les divinités et cherchent à les amadouer ensuite par l'adoration d'un Dieu unique dans la pluralité.
Compte tenu de ce besoin manifesté par l'homme depuis la nuit des temps de croire en des divinités multiples ou un Dieu unique, la religion est apparue sous différentes pratiques et croyances. Jusqu'au jour où l'homme a cherché à se libérer du poids de la religion la remplaçant parfois par une idéologie.
Le conférencier s'est posé entre autres la question si les trois religions monothéistes avaient réussi à fermer la voie à l'apparition de religions nouvelles. Or, les représentations de l'imamat et de l'imam infaillible ne seraient-elles pas des tentatives pour lever cette obstruction faite à la naissance de nouvelles pratiques religieuses? En donnant l'exemple du bahaïsme (XIXe siècle en Iran) qui serait une religion née dans l'antre d'une religion. Ainsi, les prochaines conférences se proposent de traiter une par une les manifestations de religiosité en Tunisie en commençant par l'Islam tunisien.
Hella


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