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L'écriture comme rempart
Lecture à haute voix d'extraits de romans
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 12 - 2017

La saison 2017 prendra fin avec un feu d'artifice de mots d'amour, exceptionnellement le 14 février prochain à Mad'Art, à Carthage. Pour célébrer la fête des amoureux, des mots et expressions autour de la thématique amoureuse seront tirés des écrits d'auteures et universitaires connues.
Il s'est tenu, à la libraire Mille-feuilles à La Marsa, une rencontre exquise pour ceux qui aiment le monde de la littérature, sous le titre général, un brin provocateur : « Les femmes écrivaines sont-elles dangereuses» ? C'est la neuvième rencontre avec des auteures tunisiennes. Et c'est la jeune romancière Nidhal Guiga qui est à l'honneur en ce mercredi après-midi.
Un groupe composé d'amis tunisiens, français et franco-tunisiens de tous les âges, regroupés en la « compagnie des vives voix » est l'instigateur de l'événement. Et c'est François Barbier Wiesser, ancien directeur de la médiathèque Charles- de-Gaulle, lecteur à haute voix et écrivain, qui en est le chef d'orchestre. Resté en Tunisie après sa retraite en 2009, c'est la cent-quatrième lecture qu'il organise, « dont un bon tiers avec cette compagnie ».
La séance de lecture à haute voix -débat s'est segmentée en deux volets ; lecture des extraits des livres de l'écrivaine invitée. Ensuite, pour approcher son univers et son imaginaire, des passages de livres d'auteures qu'elle apprécie seront également cités. Pour Nidhal Guiga, c'est incontestablement Marguerite Duras qui fait office d'auteure préférée et admirée, et même de « muse ». Quatre passages de son célèbre roman Un barrage contre le pacifique ont été déclamés par les membres de la compagnie des vives voix. Concernant la célèbre romancière française, Nidhal Guiga nous dit d'ailleurs, « c'est l'auteure qui m'a bouleversée quand j'avais quinze ans, j'ai tout lu d'elle».
Mathilde Bourguiba
Au fil de la lecture et des interpellations du public, Nidhal Guiga évoque des événements qui ont marqué sa vie et déclenché son envie d'écrire. Quand elle était jeune, loin de ses parents qui étaient expatriés, elle n'arrivait pas à communiquer avec eux par téléphone, étant fort timide. Son père a eu l'idée alors de lui envoyer des lettres.
Ainsi, son intérêt pour la lecture et l'écriture s'est développé progressivement comme un rempart contre la timidité. Après avoir écrit des lettres à ses parents, des poèmes lorsqu'elle était adolescente et des nouvelles plus tard, et, après avoir fait du théâtre, elle se retourne vers l'écriture, d'où ses deux romans, Mathilde B. et Tristesse Avenue.
Mathilde B., édité chez Sud-Editions, est sorti en 2012 et a obtenu le prix de Zoubeida-Bchir. C'est une lettre imaginaire que Mathilde Bourguiba a envoyée à la Tunisie d'aujourd'hui. L'auteure nous précise qu'elle a imaginé l'âme de Mathilde revenir pour voir ce que la Tunisie postrévolutionnaire garde de l'époque de Bourguiba. C'est un récit dans lequel l'héroïne Mathilde, alias Moufida évoque ses souvenirs avec son compagnon et ami. Elle le critique, le taquine, mais se livre aussi en décrivant ses émotions et ses peines. Des choix de vie comme de ne pas intervenir sur la scène politique, « contrairement à sa seconde épouse », sont également évoqués.
L'intelligence est-elle dangereuse ?
Quant à Tristesse Avenue, paru en 2015 aux éditions Arabesques, c'est une fiction qui met en scène une enquête policière, prenant pour point de départ la disparition d'une comédienne. Au-delà de l'intrigue, une véritable réflexion se développe autour de « la culture et le théâtre d'un pays qui ne les encourage pas vraiment » regrette François Barbier Wiesser. Nidhal Guiga évoque la désespérance du milieu du théâtre, en abordant plusieurs thématiques parallèles qui enrichissent le roman, telles que le harcèlement moral et sexuel. Le thème de la ville triste et grise, écrin des événements, est également abordé en filigrane. Quant à l'écriture, elle est parfois narrative, mais souvent se construit comme un scénario de film.
Répondant à la question posée par notre journal sur le thème général de la saison, «Les femmes écrivaines sont-elles dangereuses », la romancière répond que cela dépend du sens qu'on donne à « danger » et « dangereuses », et d'ajouter « est-ce que l'intelligence et la culture sont dangereuses ? Il est néanmoins possible qu'une femme qui se démarque du statut qu'on veut lui attribuer et s'insurge contre les conventions pourrait être perçue comme dangereuse, c'est fort possible. Mais, pas aux yeux de tout le monde, pour certains seulement», prend-elle soin de nuancer.
Un thème est choisi par saison qui, elle, dure six mois. La saison 2017 prendra fin avec un feu d'artifice de mots d'amour, exceptionnellement le 14 février prochain à Mad'Art, à Carthage. Pour célébrer la fête des amoureux, des mots et expressions autour de la thématique amoureuse seront tirés des écrits d'auteures et universitaires connues, comme Azza Filali, Rabaâ Ben Achour, Alia Baccar, Najet Fakhfakh, Sonia Chamkhi, Emna Belhaj Yahia, Nidhal Guiga, Khaoula Hosni, Elodia Turki. Cela promet !


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