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Le fléau qui mine les jeunes
Débat autour du chômage
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 12 - 2017

Les jeunes diplômés représentent 40% de la population des chômeurs.
Pour le gouvernement, la priorité absolue est donnée à l'emploi. C'est un grand défi à relever depuis la révolution et auquel nous nous attelons pour lui trouver les solutions urgentes, a souligné Faouzi Abderrahmane, ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle, lors d'un débat télévisé tenu jeudi 14 décembre au palais municipal de La Marsa dans le cadre d'une série de conférences organisées par le centre de Berlin pour les médias dans différents pays arabes. Toutefois, le discours du ministre n'était pas de nature à convaincre et rassurer plusieurs jeunes participants dans la salle.
Le débat a porté sur l'emploi des jeunes comme meilleure garantie pour le développement et la démocratie et a vu la participation de représentants de la société civile et de l'agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ).
Les jeunes diplômés sont les plus touchés par le chômage
Le taux de chômage dans notre pays pour l'année en cours a atteint 15. 3% et le nombre de chômeurs s'établit à 626.1 mille. Ce taux est estimé à 12.4% chez les hommes et 22.6% chez les femmes (selon l'INS). Mais les plus touchés demeurent les jeunes diplômés qui représentent 40% du taux général, ainsi que la gent féminine, explique le ministre de l'Emploi et de la Formation professionnelle. Parmi les causes de ce taux élevé, il pointe du doigt le système de développement et la politique d'éducation et de formation.
Le ministre de l'Emploi a exposé les efforts du gouvernement et les mécanismes visant à lutter contre le chômage des jeunes, citant dans ce contexte le contrat de la dignité qui a permis de créer plus de 30 mille emplois. L'Etat se charge de prendre en charge 400 dinars de la rémunération du jeune salarié et l'entreprise n'en paye que 200. Il a ajouté que l'Etat dépense dans ce cadre 300 millions de dinars par an et a souligné la nécessité de développer d'autres mécanismes visant à faire baisser le taux de chômage.
Nouveau concept de l'économie sociale et solidaire
M. Faouzi Abderrahmane a tenu à rassurer en mettant l'accent sur le fait que les grandes réformes annoncées par le chef du gouvernement sont en cours de concrétisation et que plusieurs projets dans le cadre de l'économie sociale et solidaire (ESS) vont voir le jour en 2018. «On se penche actuellement sur l'élaboration d'un texte de loi organisant l'économie sociale et solidaire. C'est une nouvelle approche stratégique à laquelle prennent part l'Etat, l'Ugtt, l'Utica et la société civile. Il a reconnu que le gouvernement n'avait pas écouté suffisamment les jeunes dans le passé et qu'il est primordial aujourd'hui de rectifier le tir et d'être à leur écoute. Aussi faut-il revoir le système éducatif de fond en comble pour rétablir l'équilibre entre la demande et l'emploi».
Les jeunes Tunisiens se sont insurgés en 2011 pour l'emploi, la liberté et la dignité, a fait savoir, de son côté, Salem Ayari, secrétaire général de l'Union pour les diplômés chômeurs, qui a qualifié certains mécanismes et processus adoptés par l'Etat de gaspillage de l'argent public et a appelé à consolider le partenariat avec le secteur privé dans le cadre du recrutement des jeunes chômeurs. Faisant allusion à la saturation du marché du travail dans le secteur public, il a accusé les partis politiques qui ont gouverné le pays après la révolution d'être à l'origine de cette saturation.
Le chômage n'est pas un problème propre à la Tunisie
Le parcours professionnel de Youssra Ben Mansour a été mis en valeur lors de ce débat comme une expérience réussie. Bien que diplômée, cette dernière n'a pas baissé les bras et a refusé la défaite. Elle a réussi à travailler comme déléguée médicale grâce à un programme de réinsertion professionnelle mené par le Centre d'orientation et de reconversion professionnelle (Corp). Quand l'opportunité se présente, il ne faut pas la rater, conseille-t-elle.
Le chômage n'est pas un problème propre à la Tunisie, il touche pratiquement tous les pays du monde, a fait remarquer le représentant de l'Agence de coopération internationale allemande pour le développement (GIZ). L'Allemagne apporte une aide importante à la Tunisie en matière de coopération technique. Il a appelé à moderniser les programmes et mécanismes visant à absorber le taux de chômage élevé en Tunisie. Ceci nécessite cependant du temps, de la persévérance et de la patience, a-t-il expliqué. Et d'ajouter qu'il faut développer l'économie pour assurer la création de nouveaux postes d'emploi.
Le représentant de la GIZ a expliqué sur un autre plan que le programme de coopération avec la Tunisie touche les secteurs de l'énergie, la gouvernance, le développement durable. Dans ce même contexte, le ministre de l'Emploi a mis en valeur l'importante expérience allemande dans le domaine de la formation professionnelle, ce qui contribue pleinement à la croissance de l'économie de ce pays.
Le ras-le-bol des jeunes
Certains jeunes participant à ce débat n'ont pas manqué de critiquer sévèrement les choix du gouvernement en matière de création d'emploi. «Il y a toujours cette condition de l'expérience qui me handicape et me renvoie à la case de départ», déclare un jeune diplômé. Un autre jeune enchaîne : «Les complications administratives et la bureaucratie sont un grand handicap pour les jeunes qui veulent élaborer des projets».
Le dernier témoignage d'un autre étudiant de la faculté de Sousse dénote la détresse de la majorité des jeunes : «Je ne suis pas chômeur, je poursuis encore mes études, mais j'ai peur de ce futur qui ne rapporte rien de bon pour la jeunesse tunisienne, on n'a plus confiance. Trop de promesses pour rien».
La deuxième partie du débat fut consacrée au rôle de la culture dans la lutte contre la violence, le terrorisme. L'oisiveté étant la mère de tous les vices, le jeune peut facilement dévier vers les dérives comportementales. Il ne trouve comme issue que l'immigration clandestine qui le fait rêver d'un avenir qu'il croit meilleur.
Intégrer des activités culturelles dans le système éducatif est une solution qui peut immuniser les jeunes quand ils passent par des moments difficiles dans leur vie, ils éviteront ainsi la violence, l'extrémisme et penseront d'une façon plus sage, selon Raouf Ben Yaghlane, auteur de la comédie sociale «Terroriste moins quart» dans laquelle il évoque l'histoire d'un jeune chômeur diplômé pris dans les dédales de la drogue et du terrorisme.
Le jeune en question a été repêché par l'acteur Raouf Ben Yagfhlane et a présenté un témoignage édifiant lors de ce débat. Un témoignage qui en dit long sur le désespoir dans lequel vivent plusieurs jeunes dans les régions oubliées du pays.


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