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Telle une fièvre ondulante...
Autrement dit
Publié dans La Presse de Tunisie le 17 - 01 - 2018


Par Bady BEN NACEUR
Dans un gouvernement qui se respecte — ce que tente de faire Monsieur Youssef Chahed —, il faut nommer des esprits savantissimes. De véritables savants, c'est-à-dire des «pros», des fins connaisseurs dans les ministères qu'ils vont investir. Et qui ne seraient pas uniquement des technocrates, pour lesquels — d'en haut! — on pense pour eux... Ils devraient posséder une culture générale, une marge de liberté de penser, ce qui exigerait d'avoir déja une grande expérience du domaine, et ce, pour quoi ils ont été nommés. Ils devraient ressembler, en tous points, à ces chercheurs dans leurs laboratoires, à ces savants. Il y en avait de cette espèce, autrefois, des énarques riches de connaissances parfaites et qui avaient donné le meilleur d'eux-mêmes à la patrie, sans rien demander en contrepartie. Et il en existe, encore aujourd'hui, dans les divers domaines de la vie active. Ceux de la nouvelle génération à l'époque du high-tech ayant fréquenté assidûment les grandes écoles internationales, bardés de diplômes et, contraints pour beaucoup d'entre eux — à cause du chômage —, de s'exiler et d'aller donner tout leur savoir-faire à l'étranger ! Ce qui est inadmissible !
Inadmissible !
Il y a quelques jours, dans le silence qui a régné durant cette journée du 14 janvier 2018 qui en dit long sur le ras-le-bol de ces jeunes diplômés au chômage, et du peuple tunisien dans son ensemble, qui n'ont rien vu venir depuis sept ans, j'ai suivi la grogne de la rue à la «télé-urne» et puis, je suis tombé sur un vieux livre des années vingt du siècle dernier, dans l'un de mes cartons. Pas si vieux que ça d'ailleurs, si l'on considère ce que fut la Tunisie d'hier.
L'ouvrage, consacré à Etienne Burnet, sa vie, son œuvre écrit par sa femme après la mort de cet illustre savant qui a tant donné à la Tunisie, quand il fut nommé sous-directeur de l'Institut Pasteur et qu'il s'était lié d'amitié avec Charles Nicolle, autre personnalité de taille dans le domaine de la microbiologie et des fléaux qui régnaient dans la régence de Tunis.
Dans les mémoires qu'Etienne Burnet nous a laissé de ses expériences sur les grands fléaux (la tuberculose, la lèpre, la fièvre de Malte...), celles-ci «furent contrôlables par tous les autres confrères» et qu'elles étaient les vrais titres de noblesse de chaque carrière d'un savant. Son épouse attentive à sa vie de chercheur déclare ainsi qu'«il y a des travaux qui restent pendant des générations, des réservoirs d'idées et des modèles de méthode pour les générations futures, tandis que d'autres tombent d'eux-mêmes parce que les faits rapportés n'ont pas été minutieusement observés et assez rigoureusement contrôlés». Et d'ajouter : «Les travaux d'Etienne Burnet portent la marque d'une parfaite probité, et les intuitions qui animent ses expériences n'ont pas cessé d'être vraies et vivantes».
Ces deux commentaires devraient être appris par cœur par nos politiques, nos «ministres» et nos «spécialistes» en tout genre, car il en va de la santé de tout un peuple, un organisme vivant et dont il faut s'occuper soigneusement de la santé physique autant que mentale.
Or, la société tunisienne est aujourd'hui confinée dans un stress formidable à cause de la mal-vie qui règne depuis, même des décennies! Et à propos du titre de la chronique de ce jour, nous avons été le chercher encore chez Etienne Burnet qui, à un certain moment, ne pouvant plus travailler sur la tuberculose au laboratoire, dut chercher un nouveau type d'expérience où il put déployer son activité.
Or, il y a presqu'un siècle (en 1921), la fièvre ondulante, dite fièvre de Malte sévissait très violemment à Tunis, surtout parmi la population israélite et maltaise. Cette maladie virulente, après la tuberculose, fit payer à Etienne Burnet ce tribut de souffrance qu'imposent aux savants expérimentateurs presque toutes les maladies contagieuses lorsqu'ils essayent d'en pénétrer le secret et s'acharnent à en découvrir et dévoiler l'agent pathologique. Et peut-être que la révolution du 14-Janvier, avec sa «fièvre ondulante» et parce que «vivant au milieu de microbes dangereux et de leurs cultures», finira-t-elle par nous contaminer et même nous tuer, si tout va de ce train...


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