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Le défi au destin
Arrêt sur image: Najwa Slama tire sa révérence
Publié dans La Presse de Tunisie le 04 - 03 - 2018


Par Samira DAMI
Hélas, encore une fois, le cinéma tunisien est en deuil : 6 jours après la disparition de Taïeb Louhichi, Najwa Slama a tiré sa révérence à l'âge de 60 ans à l'aube de mercredi dernier.
Le monde du cinéma tunisien est d'autant plus peiné et triste que la réalisatrice s'activait, malgré la maladie, à terminer le montage de son premier long métrage «Faouzi Mosrati».
En dépit du mal qu'elle combattait, Najwa Slama Limam, animée de courage et de persévérance, avait terminé le tournage du film, il y a deux mois. Elle a d'emblée entamé le montage achevé, à 80%, nous a-t-on spécifié, espérant, ainsi, voir son premier long métrage définitivement en boîte. Hélas, la mort a été plus rapide.
«Faouzi Mosrati» traite, justement, et entre autres, de la maladie terrible du cancer qui a volé tant de vies humaines, puisque l'un de ses personnages centraux souffre de ce mal. La réalisatrice s'étant, ainsi, projetée dans son film, qu'elle n'accompagnera pas hélas à sa sortie. Mais le public pourrait, pourquoi pas, le voir lors des prochaines JCC (Journées cinématographiques de Carthage).
La défunte a démarré son parcours de réalisatrice, puis de productrice, après avoir obtenu un diplôme en réalisation au Conservatoire du cinéma en France.
Avant de passer au cinéma, elle a travaillé en tant que réalisatrice à Canal+ Horizons durant 10 ans. Puis, à l'orée des années 2000, elle créa sa propre boîte de production et de prestation de services audiovisuels «Digipro». Elle a été également assistante réalisatrice sur plusieurs films.
Son baptême cinématographique, elle l'entama avec le court-métrage «Tiraillement» (en 2010) suivi de «Une journée sans femme» (en 2014).
Deux opus qui ne sont pas passés inaperçus et n'ont pas laissé indifférent, loin s'en faut. Cela tant ils révèlent le style spécifique de la réalisatrice : un style à la fois humoristique et sarcastique afin de mieux pointer et dénoncer l'hypocrisie sociale à l'égard des femmes. C'est que la femme est au centre des films de Najwa Slama qui s'était employée au gré de personnages colorés et de situations cocasses à dénoncer les esprits rétrogrades et à refléter l'importance du rôle de la femme dans la société à travers la somme de travail qu'elle abat quotidiennement tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de son foyer.
Ainsi la réalisatrice s'est focalisée sur cette lutte dans «Une journée sans femme» en imaginant que les femmes s'absentent, durant 24 heures, laissant les hommes livrés à eux-mêmes face à une montagne de problèmes et de responsabilités. L'idée du film lui a traversé l'esprit après le 14 janvier quand les droits des femmes ont été remis en question par certains partis et mouvements politiques rétrogrades. Ce court métrage a été présenté au «Short film corner» à Cannes en 2014.
Son premier court métrage, «Tiraillement» met en scène, lui, deux personnages féminins en butte à la fourberie sociale. Et le parti pris pour une forme satirique a conféré à cet opus une «légèreté» favorisant l'adhésion aux propos qui fustigent les mentalités et les comportements archaïques à l'encontre de la femme.
Ainsi, les films de Najwa Slama relèvent du cinéma de femmes revendiquant le changement des mentalités et le droit à l'égalité et à l'impérative reconnaissance du rôle capital que joue la femme dans la société.
«Tiraillement» a été sélectionné en 2011 dans plusieurs festivals, dont ceux du «Film arabe de San Francisco» et du «Cinéma africain d'Angers» (France) où il a été doublement primé en remportant le prix du meilleur court-métrage et le prix du public.
Deux courts-métrages et un long-métrage en finition, c'est là la filmographie de la réalisatrice disparue. Elle aurait pu être plus importante n'eût été le destin.
Toutefois, grâce à sa double casquette de réalisatrice et de productrice, elle aura outre la production de ses propres films contribués à la (co)production d'autres opus, dont «L'accident» de Rachid Ferchiou et «Jeudi après-midi» de Mohamed Damak.
Les artistes et créateurs, on le sait, ne meurent pas, ils demeurent vivants à travers leurs œuvres et Najwa Slama nous a laissé, outre ses deux courts-métrages, un long métrage à découvrir, tel un défi au destin cruel.


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