Par Jalel Mestiri On prend les bonnes décisions quand les joueurs sont excellents. Mais aussi quand le premier responsable technique fait les bons choix et connaît suffisamment leurs dispositions. Nabil Maâloul annoncera la liste des 23 pour le Mondial après le match de ce soir contre la Turquie. La dernière apparition avant la date fatidique imposée par la Fifa, servira-t-elle pour déterminer les noms des joueurs qui seront maintenus et ceux qui seront écartés ? De toute évidence, le sélectionneur a déjà en tête les noms sur lesquels sera porté son choix. Plus encore, l'équipe nationale ira en Russie avec 24 joueurs et non pas 23. En commun accord avec Wadii Aj Jari, il a été convenu qu'un joueur supplémentaire, vraisemblablement un gardien, fasse partie du voyage. Mais au-delà d'une liste, des choix et des considérations susceptibles de les conditionner, nous pensons que Maâloul est considéré par les observateurs les plus avrtis comme étant un entraîneur dont le travail est fondé aussi bien sur l'aspect technique de jeu que sur l'établissement des relations humaines avec les joueurs. Il fait souvent jouer un football que les joueurs aiment pratiquer et que les gens aiment aussi regarder. Au-delà des approches et des stratégies, on le voit capable d'insuffler aux joueurs une énergie débordante. Un sélectionneur qui galvanise est certainement mieux qu'un sélectionneur qui analyse... Le compte à rebours du Mondial a commencé donc pour la sélection. Mais pour parler du plus grand événement sportif de la planète dans lequel la Tunisie sera cette fois présente, il faudrait peut-être commencer par là où tout cela a été vraiment enclenché. La sélection a su bâtir son destin jour après jour, bousculant sans cesse les obstacles pour extraire le meilleur, refuser la fatalité, obsédée par le moindre détail, assoiffée de progression et de victoires jusqu'au bout. Elle a toujours profité de ces joueurs qui en font l'histoire, et surtout la qualité. L'on pensera à tous ceux qui seront présents en Russie, mais aussi à ceux qui brilleront par leur absence. Sur le terrain comme dans les bureaux, dans les choix tactiques comme dans les discours de meneurs d'hommes, ils ont su construire à l'équipe un rôle unique, une nouvelle vie. En dépassant toutes les limites, en se battant... Dans un paysage footballistique souvent déconcertant, la sélection apparaît comme la petite île de satisfaction. Faut-il encore répéter que l'on respire ici un air plus léger qu'ailleurs. Telle qu'elle se revendique, elle ne donne pas l'impression de chercher à produire des scénarios préfabriqués. Dès le début, le programme d'action pour le Mondial était clair. Si un match se prépare tactiquement et se gère souvent par la réflexion, il se gagne aussi et surtout par le goût du risque et le panache. A l'approche du Mondial, les interrogations sont toujours là: de quoi aurait besoin la sélection dans sa version actuelle? Un entraîneur qui favorise le jeu défensif ou bien celui qui donne la priorité aux options offensives? D'un côté comme de l'autre, il y a beaucoup de facteurs à prendre en considération. Mais, de façon générale, nous dirons que la sélection aurait besoin au Mondial d'un entraîneur qui joue pour gagner et pour plaire. L'équipe doit être en effet bonne aussi bien avec que sans ballon. La métamorphose de la sélection n'est pas seulement la conséquence des réformes techniques, mais également de la révolution des esprits. Un tel talent au croisement de l'histoire du jeu. De l'histoire tout court où il y a naturellement une place réservée à l'exploit, au surpassement. La réussite actuelle de l'équipe nous enseigne que ses joueurs ne sont pas soumis aux restrictions. La philosophie de jeu repose sur l'équation ‘'donner et redemander''. Le degré d'implication, le degré d'épanouissement, le degré d'inspiration sont libérés. Nous espérons que ce mode d'emploi soit préservé dans les matches de coupe du monde.