Tunisie- Résultats préliminaires à la circonscription de Bizerte    France –Turquie : un choc sous très haute tension    Le Président de la République par intérim préside un Conseil des ministres consacré au projet du Budget de l'Etat pour 2020    Tunisie- A partir de demain des pluies sont attendues sur la plupart des régions    Tunisie : Accès gratuits aux monuments et musées mardi 15 octobre 2019    Equipe nationale : Aymen Abdennour commente son retour    Rencontres Internationales du film Anti-Corruption: 2ème édition du 17 au 20 Octobre 2019    114,5 MD de déficit de la balance alimentaire en septembre 2019    Tunisie- Date de l'annonce officielle des résultats du deuxième tour de l'élection présidentielle    Tunisie – Présidentielle : Biographie de Kais Saied, nouveau Président de la République Tunisienne    La Tunisienne Ons Jabeur gagne 8 places au classement WTA et se hisse à la 53e position    Bizerte: Un français poignardé au couteau et un soldat blessé    Volley – Mondial 2019 : la Tunisie encaisse sa neuvième défaite    Le bouleversant témoignage de Kenza fille autour de son papa Nabil Karoui    Coup d'envoi réussi de l'édition 2019 de l'Africa Women's Sevens à Monastir    La figure emblématique de la révolution est de retour    Kaïs Saïed : Laissez les journalistes faire leur travail en toute liberté    Rached Ghannouchi félicite Kais Saïed vainqueur du 2ème tour de la Présidentielle    Retour sur la déclaration du candidat Nabil Karoui à l'issue de sa défaite    Présidentielle, quand seront annoncés les résultats préliminaires?    18 340 sympathisants de Tahya Tounes ont voté pour Karoui    Euro 2020 (Journée 8): le programme de dimanche 13 octobre    Match Amical : le onze national, dominateur, se contente d'un match nul face au Cameroun    Euro-2020 : 168e sélection pour Ramos, nouveau record d'Espagne    Fatwa remporte le Grand Prix Festival de Fameck    Abdellatif Hmam remplace Ryadh Mouakhar à la tête du Secrétariat général du Gouvernement    La pire crise finacière pour l'ONU    Tunisie – Météo : Températures en hausse pendant le Week-End    La croissance ne dépassera pas les 2% en 2019 selon la Banque Mondiale    Forum mondial de l'eau «Dakar 2021» au Sénégal    Ne dites plus SIVP mais plutôt CIVP !    Octobre Musical 2019 à Sousse: 6ème session du 16 au 31 octobre (Programme)    La Diva Emel Mathlouthi «Catalyseur du changement du 21e siècle» le 14 Octobre au Poisson Rouge à New York    Tunisie – Météo : Ciel partiellement voilé    Hippie Tounsi Fest Les 01 et 02 novembre 2019    Il est temps de créer des politiques de marché agressives qui stimulent la croissance économique    Rencontres-débats autour du livre « BOURGUIBA », dernière œuvre du Français Bertrand Le Gendre, à Tunis, Bizerte, Sfax et Kairouan    Tunisie Présidentielle 2019 : Débat télévisé vendredi 11 octobre entre Kaïs Saïed et Nabil Karoui    L'ambassadeur du Venezuela en Tunisie, Carlos Feo Acevedo: « La coopération Sud/Sud permettra le vrai développement de nos pays »    Tunisie : Fermeture de la route menant de Menzeh 9 et Manar vers Tunis    Explosion près de l'aéroport de Linz en Autriche    Chawki Mejri n'est plus    Tunisie : les derniers chiffres du commerce extérieur    Ce dimanche, les citoyens votent en Tunisie au Kosovo et au Portugal    L'Italie rapatrie des migrants dans 13 pays dont la Tunisie    L'homme qui garde toujours la corde utilisée pour la pendaison de Saddam Hussein échappe miraculeusement à la mort à Londres    Le sommet et le forum économique Russie-Afrique    Confirmation du décès de l'Adjudant-chef de la Garde nationale Najiboullah Cherni dans les affrontements de Hydra    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





«Ré-Existence» ou la liberté d'être soi
Festival de Hammamet
Publié dans La Presse de Tunisie le 18 - 08 - 2018

L'interactivité est totale, le spectateur est déstabilisé par ce foisonnement d'images et de gestes et par ces stratagèmes techniques et ô combien artistiques.
La danse à l‘honneur. Par une fraîche soirée d'août, le festival de Hammamet invite Nawal Skandrani et ses danseurs à se produire sur scène. «Ré-Existence» est un spectacle vivant, polyvalent, fait de son et lumière et dédié à la danse contemporaine. Diverses expressions n'y sont pas en reste, avec en primeur l'art vidéo conduit par Sergio Gazzo avec la collaboration artistique de David Brown.
Interprétée par une kyrielle de jeunes et passionnés danseurs, Houssemeddine Achouri, Haroun Ayari, Achref Ben Hadi M'barek, Mariem Ben Hamida, Moayyed Ghazouani, Serra Mokaddem et Malek Zouaici, l'histoire, parce qu'il y en a une, raconte les affres intrinsèquement liées à la vie d'artiste. C'est la trame de l'œuvre.
Sous le regard bienveillant de la chorégraphe en titre Nawal Skandrani qui avait pris place sur le côté avec le chanteur et musicien Jawhar Basti, ce spectacle d'une heure et demie se présente comme un périple à travers l'intériorité d'un individu, certes doué mais poursuivi par une malédiction. Les cris, les mimiques, la gestuelle étirée ou contorsionnée dévoilent des corps en souffrance et des âmes frustrées. Cette vie racontée en trois temps est représentée par trois teintes. Celles ternes qui enveloppent les danseurs au début pour exprimer leur amour de la danse et leurs souffrances aussi. Ceux-ci se parent ensuite de couleurs chatoyantes, vert, rose, bleu et rouge, pour marquer en solo ou à l'unisson, une deuxième étape de leurs parcours, peut-être en phase avec leurs aspirations. Des tenues blanches et aériennes sont portées au final.
Interactivité complète
Au commencement de tout, pointe la naissance. Mais la mise au monde d'un artiste ne peut être ordinaire, normale. Recroquevillés sur eux-mêmes et enveloppés de draps blancs attachés aux structures en métal du plafond, quatre jeunes danseurs commencent à entrouvrir la boule de tissu et apparaître aux yeux du monde pour opérer leur descente vers le sol, la tête en avant.
Ils sont éjectés hors de la matrice, dans la vie, sur scène et commencent à révéler déjà par leur corps leur mal-être et l'incompréhension d'un entourage hostile. Ils dansent et parlent, déclamant des textes défilant sur la toile blanche. A travers une frontière poreuse, un va-et-vient s'opère alors entre deux espaces : le réel et le virtuel, le rêve et la réalité. Le comédien-danseur est sur scène, son double est projeté sur écran. La scène et l'écran se confondent et se superposent. L'interprète en chair et en os et en mouvement se meut sur le plateau mais sa tête émerge hors de l'eau. Le carrelage du fond d'une piscine relie l'écran aux planches pour atteindre les premières rangées dans les gradins. L'interactivité est totale, le spectateur est détabilisé par ce foisonnement d'images et de gestes et par ces stratagèmes techniques et ô combien artistiques.
Un orchestre à lui tout seul
Des bribes de vie sont racontées alors et l'éternelle thématique de l'artiste incompris s'y déploie à loisir. Ce jeune, qui, contraint et forcé, s'inscrit dans une quelconque formation mais finit par retrouver ses premières amours et se consacre exclusivement à la danse. Une autre qui revendique le droit de faire et la danse et « Ponts et chaussées ». Une conscience qui se veut libre de choisir l'art et des études dites « sérieuses ». Deux processus parallèles se croisent et s'opposent et des incursions dans la vie et en soi-même mettent à mal ces jeunes et fragiles personnes.
Jawhar Basti par sa voix, ses sonorités métissées et sa guitare sensible et puissante les accompagnait en s'impliquant par moments. Un orchestre à lui tout seul qui raconte en chantant la dérive d'un pays, les morts inutiles de jeunes vaincus par la mer ou plus légèrement la belle ambiance d'une soirée. La comédienne Nadia Boussetta faisait partie du jeu plutôt à titre de danseuse et pour rappeler d'autres formes d'art. Unis dans la diversité artistique et la même galère, les artistes du monde se tiennent la main.
Nawal Skandrani était debout, tout de blanc vêtue, à travers son corps, devenu par la magie de la technique virtuelle un plateau sur lequel évoluait une danseuse. La scène finale regroupe la totalité de la compagnie unie dans un cercle déstructuré, compacte et solidaire se mouvant vers le public et faisant de discrets signes de victoire. Ce spectacle de danse et de chant, tout en révélant un grand travail en amont, dénonce de fait un contexte politico-social étouffant. A ce détail près, précédée par le préfixe ré, l'existence est revécue à travers le filtre artistique. Est-ce le signe d'une victoire, en tout cas d'une liberté d'être soi.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.