Par Jalel Mestiri En football, il y a un constat qui n'a évidemment pas de valeur de règle absolue, mais il ne pousse guère au défaitisme : les résultats ont tendance à tout effacer, même les choix les plus discutables, même les choix les plus incompréhensibles. Toute victoire, quelle que soit nature et d'où qu'elle vienne, est aujourd'hui bonne à prendre en sélection. La valeur de l'adversaire et ses limites à la fois collectives et individuelles ne doivent pas nous faire oublier que s'imposer en déplacement constitue à juste titre un bon point positif sur lequel on peut construire. En dépit du changement du sélectionneur, il n'y a pas eu de changements notables, particulièrement dans le onze rentrant, et dans la liste des convoqués de façon générale. Peut-on dire que le sélectionneur a pris la meilleure option quand il a gardé l'ossature de l'équipe ? A quelques éléments près, ce sont pratiquement la même stratégie, la même manœuvre et les mêmes choix. En football, on prend les bonnes décisions quand les joueurs sont excellents. Mais aussi quand l'entraîneur fait les bons choix et connaît suffisamment leurs dispositions. L'effectif dont dispose l'actuel sélectionneur est assez riche. C'est là l'un des principaux mérites que l'on a toujours accordé à Nabil Maâloul, notamment lorsqu'il a ouvert la porte de l'équipe nationale aux joueurs expatriés. Ceux qui méritent vraiment d'être convoqués et l'apport est certain. Toujours est-il que la sélection a quelque part appris à nourrir les regrets. Les quelques éclaircies ne peuvent atténuer les tristes souvenirs. Ceux qui, en quelques lettres, donnent une signification simple à un ressenti, au manquement et des fois à un dérapage certain et évident. L'équipe nationale est aujourd'hui dans l'obligation de renverser une trajectoire déclinante. On ne s'empêchera jamais de penser que le rendement des joueurs est souvent sujet à des coups de théâtre. Aussi, ces derniers savent aujourd'hui qu'ils sont fortement attendus et que rien ne devrait compromettre l'évolution de toute l'équipe. Les contraintes de résultats et l'intensité sportive doivent prendre en considération la manière de jouer de l'équipe. Certes, il serait difficile d'imposer du jour au lendemain un style et un cachet bien particuliers, parce qu'on aura toujours affaire à des hommes et à des pratiques qui pourraient inciter à trouver d'autres formules. Même si ce n'est pas encore le temps de trancher à ce sujet, il serait quand même impératif d'assurer un certain équilibre pour que le genre de victoire, comme celle obtenue face au Swaziland, ne puisse pas masquer une autre réalité, celle de la suffisance, de l'absence de rythme… Même dans certains échecs, on peut des fois voir du positif. Sauf que ce n'est pas vraiment le cas de l'équipe de Tunisie ces dernières années. Une équipe dont le parcours est essentiellement fait de regrets, d'éternels regrets!...Pourtant, le football ne lui a jamais tourné le dos. Mais certains de ses principaux acteurs étaient orientés dans le sens contraire. Au lieu de grandir, la sélection a mal vieilli. Nouvelle ère, nouvelles habitudes. Ça devrait être différent aujourd'hui. L'ambiance devrait être également autre. Il est impératif d'en débattre et d'en délibérer. Une ligne directrice ressort chaque fois des épreuves qu'on affronte. La sélection doit désormais monter dans la hiérarchie. Cela devrait être nettement visible dans sa manière de jouer, dans le comportement de ses joueurs, et surtout dans les stratégies adoptées. Si dans le passé, derrière les beaux discours se cachait souvent une ambiance pesante, si ce n'était un mal-être...Le temps est aujourd'hui à la réconciliation. La philosophie des grandes équipes repose sur l'équation ‘'donner et redemander''. Le degré de jeu, le degré d'épanouissement, le degré d'inspiration ont signification particulière dans la vie d'une équipe. Que dire alors lorsqu'il s'agit d'une sélection ! On le sait pertinemment, l'équipe de Tunisie souffre depuis longtemps, et comme cela était le cas lors du dernier Mondial, de l'absence de buteur spécifique et de métier. Son système offensif était pendant de longues années d'une pauvreté sans nom. L'organisation générale et tactique conformément aux exigences offensives ne ressemblait souvent à rien. Tout était dans tout et dans son contraire. De quoi aurait-elle besoin dans sa version actuelle? Un entraîneur qui favorise le jeu défensif ou bien celui qui donne la priorité aux options offensives? D'un côté comme de l'autre, il y a beaucoup de facteurs à prendre en considération. Mais, de façon générale, nous dirons que la sélection aurait besoin aujourd'hui d'un entraîneur qui joue pour gagner, mais aussi pour plaire, satisfaire et convaincre. L'équipe doit être bonne aussi bien avec que sans ballon. Bien des choses devraient changer dans la manière de jouer de l'équipe, mais aussi dans le choix des joueurs et la répartition des rôles. Cela devrait résulter des effets conjugués d'inspirations tactiques appropriées, de modalités et de stratégies tactiques bien pensées.