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L'indicible postérité
contrepoint - Par Khaled TEBOURBI
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 11 - 2010

Passée la semaine de l'Aïd, et ce sera le compte à rebours pour les organisateurs des «JMC». Deux à trois semaines encore, c'est déjà demain. Quant aux compétiteurs, le mieux que l'on puisse leur recommander,c'est de ne pas trop s'attarder sur «les joies de la présélection. Que l'on sache, le jury des «journées» est fermement résolu à ne s'en tenir qu'aux toutes meilleures prestations.
Que les heureux candidats se rendent bien compte que la barre est, désormais, placée haut. Finis les temps «permissifs», celui des «petites» musiques et des chants «empruntés», il va falloir créer, répéter, se surpasser, être performant.
Autre erreur à ne pas commettre : tout tabler sur l'événement. Nos compositeurs, nos chanteurs, nos musiciens en général, doivent avoir à l'esprit que les «JMC» ne sont qu'une étape dans leur parcours artistique, importante certes puisqu'elle peut leur ouvrir des perspectives de réussite, insuffisante néanmoins, car une vraie carrière musicale ne se construit que sur la durée.
Une distinction à faire
Qu'est-ce, précisément, que durer dans la musique ? Presque tous les artistes que l'on interroge répondent que c'est «produire des chansons à succès». Mais qu'est-ce encore qu'une chanson à succès ? Est-ce, comme le veut l'entendement commun, une chanson au goût du jour, à la libanaise pour ainsi dire, ou percussive et franchement expressive à la manière des nouvelles idoles du mezoued?
Vraisemblablement oui.
Pour autant, succès signifie-t-il durée?
Assurément non.
Depuis deux décennies, plus particulièrement depuis que l'on est entré de plain-pied dans le commerce de la chanson, que de «tubes» ont flambé puis se sont éteints! Des mille et des cents ! En revanche, des airs anciens, des répertoires d'époques lointaines habitent toujours les mémoires, traversant les années sans prendre la moindre ride, se communiquant, avec un égal plaisir, de génération en génération.
Il n'est pas sûr que nos artistes, aujourd'hui, fassent bien la distinction entre ceux-ci et ceux-là, entre des tubes qui font vibrer des foules, le temps d'un succès de passage, et des œuvres mémorables qui perdurent dans les écoutes exactement comme elles sont nées.
Sonder le secret de cette différence est pourtant la seule voie de salut pour l'art musical dans nos contrées. Qu'est-ce qui fait que des chansons de Tarnane, Jouini, Riahi résonnent encore en nous, alors que des centaines et des milliers de «rotaniennes», de «libanaises» et autres «arias populaires» disparaissent à peine surgies? Voilà toute la question.
Un «je ne sais quoi» et «un presque rien»
Y répondre, soit, n'est pas une mince affaire. On ne sait, à vrai dire, si «les chansons pérennes» dépendent directement de la qualité de leurs mélodies et (ou) de leurs paroles, ou encore, tout simplement, du talent et (ou) du charisme de leurs interprètes.
On en parlait l'autre jour avec un compositeur de la place, il hésitait : «Souvent, observa-t-il, ces chansons se réduisaient à trois ou quatre notes, quant à leurs textes, à bien y voir, ce n'était que langage ordinaire mué, comme par miracle, en prosodie».
Trois à quatre notes, «Poésies courantes» : il y avait bien autre chose au-dedans de ces œuvres immortelles. Par delà le motif mélodique, par delà les textes, par delà la qualité et la personnalité des chanteurs eux-mêmes. «Le simple inaccessible», peut être, ces «je ne sais quoi» et ces «presque rien» (chers à Jan Kélévitch) qui transcendent, subrepticement, les formes et les techniques, révélant «l'intime vérité».
Riahi, Tarnane, Jouini et les géants de l'Egypte musicale que furent Sayyed Derwish, Abdelwahab, Kassabji, Zakaria, Soumbati, avaient, sans doute, ce génie de la simplicité. Les poètes et les paroliers qui les accompagnaient, aussi. On a du mal, cependant, à se convaincre que ce fut un choix conçu d'avance, une sorte de vision préméditée et organisée. Le plus probable comme l'avait si bien perçu El Akkad (déjà dans les années 20) est que ces chefs-d'œuvres éternels jaillissent de «la discrète harmonie des âmes et des choses», de la «convergence subtile, rare, exceptionnelle, d'«une expérience et d'une intuition». On pense à la rencontre, nécessaire à tout art, du «vécu» et du «connu».
«Le périple humain» de nombre d'artistes n'est peut-être pas assez fourni, disait Akkad (avril 1927. «De la musique». Article de presse), et si le manque de savoir s'y ajoute, la postérité musicale n'est jamais donnée». Joyeuse fête!


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