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Du Passage au Belvédère
Nostalgie... Nostalgie : Balade à travers le centre-ville de Tunis de l'avant-Indépendance
Publié dans La Presse de Tunisie le 26 - 12 - 2010

Nous sommes au mois de juin 1955. La Tunisie vit une profonde mutation avec le passage vers l'Indépendance qui se profile à l'horizon après l'interminable et oppressante nuit coloniale.
Au Théâtre municipal
Au Théâtre municipal de Tunis, la troupe égyptienne «Ramsès», dirigée par le doyen du théâtre et du cinéma arabe, Youssef Wahby, se produisait. J'en garde un profond sentiment d'enchantement. J'avais, en effet, sous les yeux, des monstres sacrés du 4e art arabe : Youssef Wahby, Amina Rezk, Fakher Fakher (qui n'est autre que le père de la charmante comédienne Héla Fakher), Afef Chaker (la sœur de la cantatrice Chadia) et l'inégalable Taoufik Dakn lequel faisant ses premières armes dans un univers où il allait percer.
On avait alors joué quelques pièces de légende Khafaya Al Qahira (Les dessous du Caire), Awled echawaraa (Les enfants de la rue), Al maïda al khadhra (La table verte).
C'est également dans les années 50 que le sublime Férid Latrache débarque à Tunis en compagnie de Samia Gamal, la gracieuse danseuse voluptueuse, et du fantaisiste libanais Elyas Moaddeb.
Autres figures mythiques à s'être produites naguère sur les planches du Théâtre municipal : Naïma Akef, le ténor Mohamed Abdelmotaleb, celui qui use de sa voix de stentor à au moins un mètre du micro, là où d'autres ont besoin d'y coller leur bouche, et la chanteuse syrienne Nourhène. Ce dernier concert a coïncidé avec une grande date de l'histoire de la Tunisie. En effet, le 18 janvier 1952 éclatait des manifestations de grande envergure, amenant l'arrestation du leader Habib Bourguiba et sa déportation à l'île de Croix, au large des côtes françaises.
Dans le feu de ces événements tragiques, beaucoup de Tunisiens ont préféré tout simplement boycotter le gala.
Ali Riahi, bon chic
En ce temps-là, le Casino de Tunis attenait au Théâtre municipal. Ce sont surtout les Français qui s'y retrouvaient. Ali Riahi, bon chic, s'installait à une table donnant sur l'extérieur (la cloison était vitrée) et saluait de son coin, avec son sourire distinctif, les passants.
Avenue de Carthage, avant le Palmarium, vous trouverez une boîte de nuit souterraine (le Caveau). Trois petites marches de marbre à franchir et vous voilà introduit dans un haut lieu des plaisirs nocturnes.
A l'angle des avenues Jules-Ferry (Habib-Bourguiba aujourd'hui) et Carthage, l'imposant Café de Paris qui était fréquenté essentiellement par les colons puis, l'hôtel Le Capitole, tout à côté du café de Paris. A son rez-de-chaussée, un café tenu par M. Ali Azzouni, et une salle de cinéma naguère spécialisée dans le genre de films à suspense, tels que L'homme qui en savait trop avec James Stewart, Doris Day et Daniel Gelin (1956). Psychose avec Anthony Perkins, Vera Miles et John Gavin (1956 également). La mort aux trousses (1960) et Les oiseaux (1963) avec Tippi Hedien, tous des chefs- d'œuvre tournés par le gigantesque Alfred Hitchcok.
Brik aux pommes de terre
Nous sommes donc dans les années 1940 et 1950. Nos pas nous emmènent à Tunis-Marine. Tunis-Soir a installé ses imprimeries de ce côté-là. Tout comme le café-bar «El Prado».
Puis, un grand saut vers le Passage où vous ne pouvez vous soustraire à l'attrait de «L'Ecran», une salle de cinéma où nous avions vu pour la première fois Taxi El Gharam (Le taxi des amourettes), le long métrage du grand Abdelaziz Mahmoud. Celui-ci y interprète une chanson du même nom… Lahn El Wafa (Le chant de la fidélité), le premier film de Abdelhalim Hafez, à ses côtés Chadia, et Risselet gharam (Lettre d'amour) avec Férid Latrache, Myriem Fakhreddine et Kamel Chenaoui en 1954.
A l'angle du Passage et de la rue de Ghana, une pâtisserie tenue par un Tunisien de confession juive, et Le café des parasols tenu par le Français Jean Buhajar.
A côté de la station du métro «La République», un supermarché occupait un large espace. Sans oublier un café-bar, Le floréal géré par un juif tunisien, et dont le sous-sol proposait une succulente kémia à base de lablabi et de brik aux pommes de terre. On y consommait la bière Stella à profusion.
Le Belvédère
En 1893, la municipalité de Tunis a décidé, dans le cadre de l'embellissement de la ville, de créer à partir de l'extrémité de l'avenue de Paris un jardin public.
Le mètre carré valait en ce temps-là un quart de franc. Le choix s'est fixé sur une colline d'oliviers qui représente le prolongement de l'oliveraie de l'Ariana et de Jebel Lahmar.
Au départ, on avait retenu une superficie de 120 hectares, avant de revoir ce chiffre à la baisse. L'architecture et le plan général ont été confiés à un architecte de la mairie de Paris, spécialiste des jardins et des grands espaces verts. Il a pensé à une reproduction des jardins de Boulogne.
Charles, un agronome de renom qui exerçait dans la région de Lyon, s'est chargé de faire pousser cultures et plantes. Un travail qui a duré quatorze ans.
On donna le nom de Belvédère à cette région en référence à la beauté du site.
Un casino a été installé au cœur du Belvédère.
Un lac artificiel a été créé permettant aux gens de s'installer à bord de cette vaste surface d'eau.
Des pépinières ont été créées pour renouveler les plantes en tous genres.
A partir de là, on peut avoir une superbe vue sur la ville de Tunis, sur le lac et les jardins de l'Ariana .
Quartier général, au Belvédère
En 1942 et 1943, les armées allemande et italienne firent des jardins du Belvédère leur quartier général. Le dépérissement du jardin, qui en résulta lorsque les Alliés puis les habitants de la ville eux-mêmes participèrent à la destruction du quartier général, causa la mort de 2.200 eucalyptus, de 930 pins, de 650 oliviers, de 1.100 palmiers, de 3.670 arbres en tous genres et de 12.900 arbustes.
Tous ces chiffres ont été recensés en avril 1944.
Malgré toutes les tentatives de réimplantation, le Belvédère ne retrouvera jamais sa richesse d'antan.
Les dépenses de reconstruction furent évaluées en 1954 à 2.540.000 francs.


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