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L' écrit qui bouleversa la vie de Gandhi
Livres
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 12 - 2010

Il y a 150 ans, paraissait Unto This Last, le livre qui devait transformer la vie de Gandhi et influencer profondément sa pensée.
Le père de l'indépendance indienne découvre ce traité d'économie politique en 1904, lors d'un voyage en train en Afrique du Sud, où il vivait alors.
"C'était 'Unto This Last' de [John] Ruskin, écrit Gandhi dans son autobiographie. "Dès lors que j'eus commencé ce livre, il me fut impossible de le reposer", "j'[y] ai découvert quelques-unes de mes convictions les plus profondes".
"Cette nuit-là, je ne pus dormir et je décidai de changer ma vie en accord avec les idéaux du livre", ajoute Gandhi, qui transformera peu après son journal, Indian Opinion, en coopérative installée dans une ferme.
Quand il a écrit Unto This Last, Ruskin était au milieu de sa vie. Cet écrivain et critique d'art britannique, qui allait être vénéré par Marcel Proust, avait déjà publié deux de ses ouvrages majeurs: «Les Sept Lampes de l'architecture et Les Pierres de Venise».
Critique radicale du capitalisme industriel dont l'émergence bouleverse la société anglaise, Unto This Last paraît en décembre 1860 sous la forme de quatre articles, qui seront regroupés en un livre, 18 mois plus tard.
Le scandale est immédiat. L'ouvrage récuse l'idéologie dominante de l'époque: la pensée économique classique théorisée par les Anglais Adam Smith, David Ricardo et John Stuart Mill.
Gandhi en écrira une paraphrase en gujarati dans laquelle il développera sa pensée économique. Pour l'apôtre de la non-violence, les trois enseignements principaux de Ruskin sont:
- "que le bien de l'individu passe par le bien de tous",
- "que le travail de l'avocat [métier qu'exerça Gandhi,] a la même valeur que celui du coiffeur",
- "qu'une vie de labeur, c'est-à-dire celle du laboureur et de l'artisan, est digne d'être vécue".
Le titre du livre est un emprunt à la parabole des "ouvriers de la dernière heure", dans l'Evangile de Matthieu, où le maître de la vigne accorde le même salaire à ses journaliers, quel que soit le nombre d'heures qu'ils ont travaillées.
Ruskin s'évertue à montrer que la théorie de l'offre et de la demande ne peut engendrer que misère, en forçant les ouvriers à vendre leur travail au rabais quand l'emploi se fait rare.
Il s'attaque à la base de la pensée classique en récusant la notion d'"homo economicus": un être mu uniquement par le désir de satisfaire son intérêt propre et obéissant en toutes circonstances aux lois de la raison.
Au contraire, démontre Ruskin, l'homme est animé de passions et capable d'actions désintéressées et toute analyse occultant cette facette est condamnée à se fourvoyer.
Il redéfinit les concepts de l'école classique: utilité, échange, valeur, richesse... pour arriver à cette conclusion: "Il n'est de richesse que la vie".
Dénonçant l'imposture d'une théorie qui justifie à ses yeux le maintien, voire le creusement des inégalités, Ruskin écrit que "l'homme le plus riche" est celui capable de mener une vie juste pour le plus grand bénéfice de "la vie des autres".
Ce qui est particulièrement intéressant et toujours pertinent, c'est "son éthique de la responsabilité", un renommé professeur d'économie, dans un article paru récemment, où il voit un "parallèle évident" entre les idées de Ruskin — comme le plaidoyer pour une consommation responsable qui trouve un écho dans la vogue du commerce équitable — et les appels actuels en faveur d'une "responsabilité sociale de l'entreprise", qui prendrait "en compte les intérêts de toutes les parties prenantes, non simplement ceux des actionnaires ou des dirigeants".


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