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Liberté au parfum de jasmin
Un vent de liberté
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 01 - 2011

«Quel pays voulez-vous que je serve ? Quel pays voulez-vous que j'aide à évoluer, à rendre beau… Ce pays ? Ce pays pillé et pourri par ses propres dirigeants ?... Je n'appartiens pas à une telle nation, et je ne ferai aucun effort pour l'améliorer, car ce n'est pas moi…, ce n'est pas nous, le peuple, qui en profiterons, mais, uniquement les vermines qui nous représentent. Elles sont le véritable fléau de la Tunisie !».
Combien de fois nous sommes-nous retrouvés face à un tel discours, et combien de fois avons-nous dû baisser notre regard, non pas par désaccord mais par peur et impuissance. La Tunisie, une terre d'histoire et de richesse, convoitée par toutes les civilisations depuis l'aube des temps, s'est retrouvée du jour au lendemain, trahie et dépouillée par ceux qui devaient la fleurir et l'enrichir. Comme les sauterelles des dix plaies d'Egypte qui couvrirent la surface de toute la terre et la firent sombrer dans l'obscurité; elles dévorèrent toutes les plantes de la terre et tous les fruits des arbres, ne laissant aucune verdure.
Mais désormais, ce mal a été chassé et la Tunisie est de nouveau la nôtre. Les termites et les rongeurs se sont fait chasser par la volonté et la force du peuple qui ne pouvait plus supporter leur oppression et leur injustice. Maintenant, l'espoir renaît dans le cœur de tous les Tunisiens qui finalement peuvent, enfin, penser et créer, ensemble, une Tunisie où les termes «liberté» et «démocratie» peuvent être dits tout en ayant la tête haute et les yeux levés.
«Ne demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous. Demandez plutôt ce que vous pouvez faire pour votre pays», comme disait John Fitzgerald Kennedy.
Ces récents évènements ont réveillé dans le cœur des jeunes Tunisiens le patriotisme qu'ils ont cru perdre. Chacun d'entre eux s'est senti responsable de ce pays sans véritable guide pour le soutenir. Pendant qu'ils veillaient sur leurs familles et protégeaient leurs quartiers et leurs maisons durant le couvre-feu et par des nuits hivernales, La Presse Jeunes s'est permis de demander à ses jeunes hommes et femmes ce qu'ils seraient prêts à accomplir et à changer pour aider leur pays à se relever et à se développer. Il faut avouer que tous avaient leur mot à dire et tous semblaient viser une Tunisie juste et épanouie.
Devenir Monsieur Propre
Durant les gardes de nuit, autour d'un bon feu pour se réchauffer, certains se sont rendus compte de la pagaille causée dans la rue, des débris de bois et des cendres. Petit à petit, ils se sont aussi rendus compte des crachats, des mégots de cigarettes, des bouteilles vides et des sachets poubelle déversés juste à côté de la benne à ordure. Ceci a entraîné une discussion très profonde sur l'image des Tunisiens. Pour eux, la propreté de la rue reflète la personnalité des gens qui y habitent. Ainsi, une rue propre abrite des citoyens propres et vice versa. C'est pourquoi dès le lendemain, chacun sortait avec son balai et son seau pour nettoyer les ordures qu'il a laissées derrière lui la nuit précédente.
Selon eux, désormais, il faut faire très attention à notre image. Maintenant que ce pays nous est revenu, il faut traiter chaque centimètre carré comme s'il s'agissait de son propre corps. Il ne faut pas tout rejeter sur le gouvernement. Certes, il serait plus pratique d'avoir des bennes à ordures à chaque coin de rue, mais là aussi, le citoyen doit prendre conscience qu'il faut les utiliser pour y jeter ses déchets et non pas pour les renverser ou bien les voler.
La vie sociale
La vie sociale est l'un des soucis majeurs des jeunes. Pour eux, l'ancien régime a tout mis en œuvre afin d'en priver les jeunes et les moins jeunes. Tout cela pour les occuper au maximum par leurs études et leur travail pour qu'ils ne trouvent plus le temps à consacrer à autre chose, notamment la politique. Ainsi, on devrait laisser plus de temps aux jeunes pour vivre leur jeunesse et aux parents pour vivre avec leur famille. Pour ce faire, chacun a énoncé ses idées.
L'enseignement
On s'est toujours demandé si étudier du matin au soir, tous les jours, était nécessaire. Année après année, les programmes scolaires, au lieu de s'alléger, sont en train de s'alourdir, même si on tend à prétendre le contraire. Il est clair qu'un tel système est défaillant, car les jeunes ne trouvent plus le temps de faire d'autres activités et s'ils y parviennent, c'est aux dépens d'autres choses, telles que les devoirs à la maison par exemple. D'ailleurs, il faut être aveugle pour ne pas remarquer qu'on a de moins en moins de jeunes inscrits dans des clubs. Bien sûr, c'était le but, car les clubs incitaient aux rassemblements et les rassemblements incitaient aux discussions et les critiques, et c'est ce qu'il fallait éviter. Donc, la liberté des jeunes a été censurée. D'ailleurs, remarquons-le, ces dernières années, nos jeunes ne savent plus discuter, ni analyser. Le manque d'activité cérébrale et d'échange d'idées les a engourdis et enchaîné leur cerveau. Ils ont perdu l'esprit critique et ne pensent plus qu'à une seule chose : le football ; la doctrine qu'a su insuffler le gouvernement aux jeunes pour les hypnotiser et les séparer en alimentant, implicitement, le régionalisme.
«Diviser pour régner», c'est du Machiavel.
Le football, la drogue
Combien y a-t-il d'émissions, que ce soit à la télé ou bien à la radio, qui concernent le football ? On précise bien, football et non pas sport. Et quelle est leur fréquence ainsi que leurs horaires ? La réponse est simple… Il n'y a pratiquement que des émissions consacrées au foot, tous les jours, que ce soit le matin de bonne heure, à midi, à l'heure du déjeûner ou bien le soir, après la sortie des écoles et du boulot. Sans oublier les différentes parties durant tout le week-end. Il n'y a qu'un seul sport à succès en Tunisie: le football… Les jeunes ne connaissent que ça. Ainsi c'est tout ce qu'ils suivent pendant leur temps libre. D'ailleurs, certains le disent franchement: « Si on rate ses études, il y a une seule chose que le jeune Tunisien peut faire, c'est devenir critique de football».
Il ne faut pas nier que le football est un sport populaire, mais en Tunisie, il s'est répandu au détriment d'autres sports, qui, face à ce favoritisme et à une mauvaise gestion de la part du ministère du Sport, se sont éteints et ont cessé d'exister (comme le polo, dont la Tunisie était l'hôte de différents tournois, avant que ce sport ne disparaisse), ou pis encore, existent sans que personne n'en entende parler.
Ainsi, une révision du planning sportif et un partage équitable entre les différents sports doivent être élaborés. Les jeunes ont hâte de découvrir de nouveaux horizons et ils ne demandent que ça. Le rugby, le polo, le water-polo… et pas que les sports physiques, car il existe aussi des sports cérébraux: les échecs, les dames, le sudoku (eh oui ! le sudoku est un sport cérébral et on organise même des tournois pour ce jeu qu'on vend dans les kiosques)… Il faut faire découvrir aux jeunes ce qu'il y a dans le monde et non pas leur imposer ce qu'on veut. Leur créer des clubs et les promouvoir dans les lycées et différents organismes éducatifs. Poussons-les à se regrouper, à discuter et à échanger librement leurs idées. Laissons les goûter aux différents plaisirs de la vie et choisir tout seuls ce qui leur convient, sans les restreindre, car la diversité et la liberté de choisir sont les fondements même de la démocratie qu'on s'est tous soulevés pour avoir.
Ceci dit, pour que nos jeunes aient le temps de se retrouver dans des clubs, il faudrait qu'ils aient moins de temps à passer dans les écoles.
Programmes d'éducation
L'enseignement est nécessaire au bon développement de la vie et de la culture d'un pays. Plus il y a de diplômés, plus le pays a de chances d'évoluer. Ainsi personne n'est contre les lycées ou les universités. Cependant, comment se fait-il que dans d'autre pays, les jeunes lycéens trouvent le temps de s'inscrire dans des clubs, de pratiquer un travail à mi-temps et d'être diplômés, alors qu'en Tunisie, l'élève ou l'étudiant travaille d'arrache-pied du matin au soir et a, à peine, le temps de réviser et de se préparer pour le lendemain, autant de s'endormir… Le week-end, c'est football !
Il est clair qu'on est tous humains et qu'on a tous les mêmes facultés mentales. Pourquoi alors ne pas jouir des mêmes libertés ?
Télévision
La télévision tunisienne a un très grand rôle à jouer dans la société. Elle est le miroir du peuple et en même temps le reflet du gouvernement. On ne peut plus nier que les chaînes tunisiennes manquaient cruellement de créativité et d'innovation. On peut même dire qu'elles manquaient de tout : transparence et manque d'idées, et souffraient de censure flagrante et surtout de la peur et de la crainte de l'ancien régime… Maintenant, avec cette nouvelle ère qui s'annonce, les jeunes espèrent une nouvelle bouffée d'air frais pour nos deux chaînes nationales. D'abord, séparer les programmes de ces deux chaînes télé, la première, dédiée aux jeunes, offrira des programmes à leurs goûts : des dessins animés, des séries, des jeux et un journal télévisé, présenté par de jeunes chroniqueurs, où on parle des nouvelles tendances des nouvelles modes et de tout ce qui peut intéresser les jeunes.
Les programmes, plus mûrs, sont réservés à la chaîne nationale tunisienne. Documentaires, discussions, débats, vérités et mensonges, ainsi que programmes sans tabou et en toute transparence afin de regagner la confiance du peuple et ainsi réussir à avoir une grille décente digne du peuple.
Ce ne sont pas les idées qui manquent à nos jeunes d'aujourd'hui. Le fait qu'ils soient tous motivés, pour faire changer les choses, prouve que malgré tout, la Tunisie a engendré de véritables hommes dont elle peut être fière et qui ont prouvé leur valeur et leur courage aux yeux du monde entier. Désormais, c'est tous unis qu'ils grimperont l'échelle mondiale soulevant sur leurs épaules la Tunisie vers un développement stable et continu.


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