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Ces chiffres qu'on ne nous a jamais révélés
Jeunesse
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 02 - 2011

• En 2009, le vrai taux de chômage chez les diplômés de l'enseignement supérieur avait atteint....44,9%! Un chiffre qui n'a jamais été rendu public.
Beaucoup de rapports et d'enquêtes effectués sur les jeunes sont restés dans les tiroirs de l'Observatoire national de la jeunesse car les chiffres et les résultats établis « dérangeaient » un peu trop les hautes sphères du pouvoir, comme cette enquête qu'avait voulu mener l'Observatoire sur les jeunes et la religion et « qui a été étouffée dans l'oeuf », observe M. Brahim Oueslati, directeur général de l'institution. Alarmants, certains taux et chiffres sur le chômage des jeunes, le célibat, leur réelle participation politique, les comportements à risque, l'analphabétisme, l'abandon scolaire ou le désir d'émigrer ont été «‑réduits‑», à la demande de hauts cadres du gouvernement, pour préserver la bonne image de marque de la Tunisie à l'extérieur.
Le directeur général a bien voulu rétablir certaines vérités qui ont été jusqu'ici soigneusement dissimulées au public. Premier chiffre caché à Monsieur tout le monde: Le taux de chômage chez les jeunes âgés de 18 à 29 ans a atteint 29,8% en 2009, il était de 24% en 2004, alors qu'on parle d'un taux de chômage général qui ne dépasse pas 14% en Tunisie. Ce taux s'avère être, particulièrement, très élevé chez les diplômés de l'enseignement supérieur atteignant....44,9%, alors que le chiffre cité officiellement fait état uniquement de 22,5% de chômeurs parmi les diplômés de l'enseignement supérieur à l'échelle nationale.
Ce taux, qui a quasiment doublé en dix ans, passant de 22,1% en 1999 à 44,9% en 2009, est la conséquence, d'un système d'enseignement supérieur davantage axé sur le quantitatif que sur le qualitatif, enregistrant des taux très élevés de réussite à tous les niveaux, et qui, chaque année, décerne des centaines, voire des milliers de diplômes, ne reflétant pas le niveau réel des jeunes étudiants, explique le directeur général de l'Observatoire national de la jeunesse. «‑Le taux de réussite est très élevé dans les établissements universitaires alors que la qualité laisse à désirer, Par ailleurs, le taux d'encadrement est faible dans les établissements et les moyens mis à la disposition sont en deçà des ambitions réelles des jeunes».
Selon 58% des jeunes: « le piston est le moyen le plus efficace pour obtenir un emploi »
Autre supercherie: la dernière consultation sur la jeunesse réalisée en 2010, qui a touché dix mille jeunes, âgés entre 18 et 29 ans, et qui a abordé plusieurs volets dont la participation des jeunes à la vie politique, a révélé que contrairement au chiffre avancé par le ministère de l'Intérieur qui a, lors d'une conférence de presse, a affirmé que 80% des jeunes avaient voté lors des dernières élections à la présidentielle de 2009. En réalité, seulement 24,7% s'étaient rendu, aux urnes, cette année là. Ce chiffre non plus n'a pas été pris en considération par les autorités de tutelle. S'agissant de la participation des jeunes à la vie associative, contrairement à ce que les décideurs ont toujours voulu faire croire à tout le monde, le taux d'adhésion des jeunes aux différentes structures de la société civile était en réalité très faible, ne dépassant pas le taux de 8,4%, dont 3,4% dans les partis politiques et 4% dans les associations à caractère culturel, politique et sportif. S'agissant de la pénétration sur le marché du travail et des chances d'accéder à un emploi, un des taux passés sous silence concerne celui des jeunes qui ont exprimé leur opinion sur les systèmes et les procédés qui permettent d'ouvrir les portes du marché de l'emploi.
58% des jeunes ont, ainsi, déclaré que «‑le piston‑» est le moyen le plus efficace pour obtenir un emploi. Cette réponse avait devancé celle du diplôme qui a été cité par uniquement 37% des jeunes.
L'Observatoire a, par ailleurs, réalisé huit enquêtes sur les jeunes, dont les résultats n'ont jamais été exploités pour mettre en place des stratégies et des plans d'action visant à améliorer la situation de la jeunesse et à répondre aux soucis des jeunes. Un groupe d'experts des Nations Unies avaient élaboré un document de travail sur le thème «‑les adolescents et les jeunes en Tunisie‑: données et défis‑», à partir des résultats de ces enquêtes ainsi que des consultations de l'Observatoire national de la Jeunesse.
Lorsque ce document a été présenté lors d'une conférence de presse devant des médias étrangers, un chiffre concernant la question de l'émigration,publié par le journal français Le Monde, avait suscité « l'ire » du palais présidentiel qui a ordonné à l'Observatoire de ne plus réaliser ni publier aucune enquête sans son autorisation préalable.
D'après des statistiques datant de 2005 jamais publiés, 15,2% des garçons âgés de 15 à 24 ans avouent avoir consommé de la drogue.
Selon ce rapport, qui a été publié en 2007, environ 41% des jeunes âgés de 15 à 19 ans désirent émigrer et 15% sont prêts à le faire dans la clandestinité. La tentation serait plus forte chez les garçons (52,7%), les chômeurs (55%) ainsi que chez les jeunes issus des régions défavorisées, en particulier du nord-ouest où plus d'un jeune sur quatre rêve de franchir illicitement les frontières, des chiffres qui n'avaient pas du tout été appréciés à l'époque, dans les hautes sphères du pouvoir.
Le rapport en question avait alors observé que «‑ce phénomène est jugé d'autant plus inquiétant que la motivation la plus citée est l'absence d'avenir en Tunisie‑», ajoutant que cette «‑perception négative de l'avenir concerne notamment l'emploi, le niveau de vie et la citoyenneté‑». Les données du dernier recensement de la population avaient, par la suite, confirmé cette tendance. 71,1% des Tunisiens avaient choisi d'immigrer pour étudier ou chercher un emploi à l'étranger, dont 18,2% pour les études et 9,3% pour le mariage.
Un autre thème qui a été abordé également, concerne celui de l'abandon scolaire. Toujours, d'après ce rapport, durant les dix dernières années, plus de 1,3 million d'adolescents et de jeunes ont quitté l'école. Le tiers ont interrompu totalement leurs études sans intégrer le cycle du secondaire.
Certes, si l'abandon scolaire a été maîtrisé au niveau du primaire, ce n'est pas le cas au niveau du second cycle de l'enseignement de base où « on note une tendance inquiétante à l'augmentation des taux d'abandon ». Selon des données du ministère de l'Education sur lesquelles s'est basé le rapport, le taux d'abandon scolaire a, certes, baissé au primaire passant de 4,7% au début des années quatre-vingt-dix pour atteindre 1,7% en 2004/2005, mais, il n'a, par contre pas cessé d'augmenter dans le secondaire, atteignant respectivement 10,9% et 12,7%, alors qu'il était de 6,9% et de 13% en 1992.
Une des conclusions qui avait été alors établies par le rapport était que la persistance du phénomène de l'abandon scolaire pouvait présenter le risque «‑de perpétuer un taux d'analphabétisme relativement élevé chez les adolescents et les jeunes notamment dans certains gouvernorats comme ceux de Jendouba, Zaghouan, Sidi Bouzid, Kasserine ou Kairouan où le taux d'analphabétisme chez les adolescentes et les jeunes dépasse 11%‑», révèle le document. Enfin, toujours selon ce document, qui s'est également penché sur la question des comportements à risque chez les jeunes, il s'avère que plus de 25% des jeunes ont eu des comportements à risque (relations sexuelles non protégées, toxicomanie). S'agissant notamment de la consommation de drogue, le rapport a montré que 15,2% des garçons et 3,8% des filles, âgés entre 15 et 24 ans, avaient touché à la drogue. Par ailleurs, si 72% des jeunes se considèrent «‑en bonne santé physique‑», trois jeunes scolarisés sur quatre avouent avoir souffert d'un certain «‑mal-être‑». Ces chiffres n'avaient jamais été publiés par les autorités.


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