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Quels repéres ?
Ados, accros, mal dans leur peau : quels repères ?
Publié dans Le Temps le 14 - 11 - 2007

Près du tiers de la population tunisienne, soit environ 3 millions d'habitants sont des jeunes âgés entre 10 et 24 ans. Plus de la moitié d'entre eux sont des élèves et des étudiants.
Avec les mutations qu'a connues la société en général et la famille en particulier, les jeunes sont exposés depuis leur jeune âge à des dangers multiples :
mauvaise fréquentation, recours au tabagisme, à l'alcool, aux drogues...
Leur comportement devient de plus en plus violent envers leurs parents, leurs enseignants et tous les gens qui les entourent. Les familles qui habitent à quelques mètres d'une école ou surtout d'un lycée l'attestent et le confirment. Elles sont souvent agressées par la violence verbale des lycéens qui occupent les escaliers et les trottoirs des maisons pendant de longues heures.
Depuis 8 heures du matin, ils sont nombreux à prendre place non pas au lycée mais sur les escaliers d'une maison, dans les jardins publics et sur les trottoirs.
Filles et garçons, ils fument, ils discutent et parlent à haute voix. A la moindre remarque d'un passant ou d'un propriétaire d'une maison, ils répondent violemment comme si ce sont eux qui sont agressés.
Plusieurs enquêtes réalisées sur les adolescents et les jeunes prouvent qu'ils sont de plus en plus exposés au tabagisme, aux relations sexuelles à risque et à plusieurs autres dangers. Et pourtant, on continue à tolérer leurs comportements violents, leurs absences répétitives en classe et surtout leur présence parfois dans des états indécents (des jeunes qui s'embrassent et qui se font l'accolade) dans les jardins publics et devant chez soi et ce, pendant les heures de cours. On continue aussi à leur vendre du tabac malgré leur jeune âge.
Alcool, toxicomanie, tabac et relations sexuelles
Les enquêtes révèlent d'ailleurs, que la consommation d'alcool chez les jeunes est devenue un phénomène assez répandu. Ils sont relativement jeunes à la première « saoulerie ».
Les comportements à risque sont en effet, plus fréquents chez les jeunes qui s'adonnent à un âge précoce au tabagisme, à l'alcool, à la drogue et aux pratiques sexuelles.
La sexualité en dehors du mariage a été longtemps considérée comme un interdit absolu. L'évolution des attitudes et la libéralisation des moyens de contraception ont entraîné un changement des comportements sexuels.
Les trois quarts des adolescents scolarisés pensent que les jeunes de leur âge ont déjà eu des rapports sexuels. Ils pensent, dans leur majorité, que ces rapports sont avec des partenaires différents et qu'ils ne sont pas protégés.
Pour ce qui est de la toxicomanie, une enquête réalisée en 2005 a révélé que près de 10% des jeunes ont consommé de la drogue et 3,3% continuent à en consommer au moment de l'enquête. Les taux de consommation de la drogue sont environ 4 fois plus élevés chez les garçons que chez les filles.
Les jeunes consomment aussi de l'alcool, certains d'une manière régulière et assez fréquente. Plus d'un jeune sur 5 consomme de l'alcool. Ce phénomène est assez répandu dans le milieu urbain que dans le milieu rural et beaucoup plus chez les garçons que chez les filles.
L'habitude de fumer commence également de plus en plus tôt et touche de plus en plus les jeunes. L'usage du tabac débute avant l'âge de 13 ans.
Une enquête réalisée en 2005 montre que le tiers des jeunes garçons fument du tabac. La consommation du tabac est en effet, plus répandue dans la région du Centre Est et dans la région du Grand Tunis.
Frustration et solitude
Les enquêtes réalisées démontrent que le mal-être et les difficultés psychologiques semblent être assez fréquents parmi les jeunes. L'inquiétude et la tristesse, l'irritabilité, l'intolérance à la frustration, l'instabilité de l'humeur, les idées morbides obsédantes et le sentiment de solitude sont assez fréquents.
A chaque obstacle et surtout d'ordre financier, ils sont plusieurs à penser à l'émigration légale ou illégale . D'autres jeunes après quelques années de consommation d'alcool, deviennent du jour au lendemain des fanatiques de l'Islam. Les garçons entretiennent leurs barbes, troquent leurs « Jeans » pour des « djebbas » et ne quittent plus la mosquée. Les filles portent quant à elles, le voile parfois sans être convaincues. Certaines continuent même à fumer et à boire de l'alcool en cachette.
Le plus grave, c'est que certains pensent même au suicide.
Les chiffres révèlent que la mortalité des jeunes est plus élevée chez les garçons et s'explique par la fréquence, chez ces derniers, des morts violentes (accidents, traumatismes et empoisonnement). Le taux de mortalité par accident, suicide et empoisonnement est estimé à 29,3 pour 100 mille garçons âgés de 15 à 19 ans, contre 2 pour 100 mille filles du même âge. Pour la tranche d'âge des 20-24 ans, ces taux sont respectivement de 38,7 et 5,85 pour 100 mille.
Cela constitue donc une menace réelle qu'il faudrait contrer par une véritable politique d'information et de formation. Nos jeunes doivent être plus sensibilisés aux dangers de certaines pratiques. Les cellules d'écoute et le rôle du psychologue doivent être renforcés en milieu scolaire. Les parents doivent aussi assumer leur responsabilité et mieux encadrer et surveiller leurs enfants surtout en cette période critique où le jeune commence à construire sa personnalité.
Afef BEN ABDELJELIL

Karima, 18 ans :
« Mes parents sont responsables de mon état »
« J'ai 18 ans et je bois quotidiennement. Mes parents ont été toujours en conflit. Ils se disputent tout le temps. Ils ont ensuite divorcé et chacun d'eux s'est remarié. Depuis, j'habite avec ma grand-mère qui est une vieille dame et ne peut pas contrôler mes sorties. J'ai commencé à consommer de l'alcool lors d'une rencontre avec certains amis et depuis je n'ai pas arrêté d'en consommer. Mes parents m'ont abandonnée et jusqu'à ce jour, je ne les vois que très rarement. Je sors quand je veux, avec qui je peux et je fais ce qui me plaît. Je m'absente tout le temps du lycée et je me débrouille ensuite pour avoir un billet. Au fond, je suis profondément triste de mon état, mais malheureusement je ne peux plus arrêter. Et je ne sais plus quoi faire. »
Samia, parente
« Je croyais que cela ne pouvait arriver qu'aux autres »
« Je me disais tout le temps que ma fille est complètement à l'abri et que je l'ai très bien éduquée. Un jour, j'ai découvert des pilules contraceptives dans son sac, je n'ai pas cru mes yeux. En l'interrogeant, elle a complètement nié qu'elles soient les siennes et elle ne sait même pas ce qu'elles sont. Depuis, j'ai pris un congé et je l'ai suivie, jusqu'à ce qu'un jour je l'ai surprise entrant avec un garçon la main dans la main à son domicile. Je l'ai emmenée au médecin et j'ai découvert qu'elle a perdu sa virginité. J'étais complètement anéantie. J'ai cru que cela ne peut arriver qu'aux autres. »


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