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Entretien avec un vampire
Point de mire
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 04 - 2011


Par Abdelhamid GMATI
On sait tous ce qu'est un vampire. Cela a été popularisé par le cinéma. On se rappellera toujours Dracula dans toutes ses versions. Cette créature de légende et romanesque est supposée être «une créature mort-vivante qui se nourrit du sang des vivants afin d'en tirer sa force vitale». Dans le cas qui nous intéresse, il s'agit d'êtres réels qui se nourrissent de la substance des événements pour survivre et servir leurs intérêts.
Le spécimen en question s'est trouvé dans un endroit public. Après s'être repus, il salua un des présents en ces termes :
— «On les a eus, nous avons gagné». On lui demande alors des explications : «Vous avez eu qui ?».
Il répond : «Les gens du RCD». On comprend que ce Sieur est membre de l'Instance supérieure de la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique. On veut préciser :
— «Vous avez gagné quoi ou qui ?».
Réponse pour le moins surprenante : «Vous êtes de mauvais perdants !». Les gens s'insurgent : «Nous ne sommes pas du RCD, au contraire, nous en sommes victimes ; mais nous voulons savoir ce que vous avez gagné et quels sont vos objectifs ?». Le gars affirme : «C'est la majorité qui le veut».
— «La majorité vous l'a dit? Vous représentez la majorité ? Comment ?». Il persévère: «Vous avez du ressentiment … Ils doivent s'estimer heureux que nous ne les ayons pas envoyés à la guillotine».
La Guillotine ? En Tunisie, nous avons la potence et nous ne l'employons plus depuis un certain temps. Quelqu'un lui fait remarquer : «Attention ! Ceux qui ont envoyé d'autres à la guillotine, Robespierre et St. Just, ont fini à la guillotine. Ça risque de vous arriver».
— «Ah, non ! Moi, je suis contre la peine de mort ". Alors, pourquoi parler de guillotine ?».
Renseignements pris, le gars a la double nationalité, sa mère étant française, il est fonctionnaire dans l'administration française (inspecteur des impôts) et membre d'une association dont personne n'a jamais entendu parler. Que fait-il dans cette Instance ? Il représente qui ?
Cela nous renvoie à la démission du penseur islamiste, connu et respecté, Hmida Enneifer de cette Instance qui a dénoncé «l'hégémonie d'un climat politique polarisateur et orienté… des calculs politiciens qui continuent à obéir à des conditions de l'avant-révolution et de la mentalité de mise sous tutelle…, l'apparition de tendances minoritaires redoutant les impératifs de l'engagement démocratique… et la marginalisation des problématiques de la justice, de la sécurité, de l'information et des questions religieuses, pour favoriser la surenchère, et les règlements de comptes». Il invite «ses collègues membres du conseil à réviser leur position à l'égard de cette instance afin qu'ils ne soient pas de simples figurants, cautionnant l'inacceptable. Il appelle le gouvernement provisoire à lancer une consultation populaire et engager une concertation avec un comité de sages afin de convenir des choix appropriés à l'avenir du pays, à même de le prémunir de retomber sous la coulpe de la dictature de parties refusant le pluralisme, hostiles à la différence et insouciante de ce qu'elles entreprennent et des impératifs d'une saine transition démocratique». Cela renvoie aussi à la démission de Abdelaziz Mzoughi, avocat indépendant, pour des raisons similaires et qui dénonce «une sorte» de complot fomenté par des parties et des éléments qui, à coups d'ententes, d'alliances, parfois contre nature et même d'irrégularités (des personnes se présentant au nom d'associations alors qu'ils sont membres de partis politiques), font tout pour imposer leurs points de vue et leurs intérêts au détriment de l'intérêt de la Nation.
Il s'agit donc de vampires. Des personnes, des partis, des organismes, qui s'adonnent à de la manipulation, et usent de moyens plus ou moins honnêtes, pour vampiriser la révolution, la vider de sa substance et servir leurs intérêts personnels et partisans. Des gens qui imposent des exclusions et rêvent même de guillotine, non pas dans un esprit de justice, mais seulement pour éliminer des adversaires potentiels. Le peuple tunisien, lui, dans sa majorité, est surtout soucieux de ses problèmes quotidiens et attend de la révolution qu'elle amène des solutions et qu'elle permette une vie meilleure, digne et libre. Il ignore l'existence de ces gens et ne sait pas ce qui se trame en son nom.
Pour rester dans la légende et y faire référence, les vampires œuvrent dans la nuit et l'obscurité. Au petit jour, ils meurent : la lumière, c'est à dire, dans le cas d'espèce, l'information, les tue. Dont acte.


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