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Chronique d'une dictature annoncée
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 05 - 2011

L'opinion publique, à l'échelle individuelle, évolue selon le principe du mouvement brownien, anarchique et aléatoire, Mais, à l'échelle d'un groupe dominant d'individus, elle détermine le devenir d'une nation. Elle imprime une orientation idéologique décisive au pays.
La Tunisie est en gestation. Elle porte en elle un événement important. On la croyait stérile, mais sa jeunesse a montré une vigueur au-delà de toutes les espérances. Elle a ensemencé le Monde arabe et bien d'autres pays, phénomène inouï qui n'a pas fait que des heureux. D'aucuns voudraient provoquer un avortement, même tardif. La Tunisie nouvelle verrait le jour au mois de juillet 2011. En attendant cette re-naissance, beaucoup de personnes se penchent sur le berceau vide. La nature ayant horreur du vide, nous observons actuellement une lutte pour le pouvoir.
Comme des poupées russes, les récents évènements politiques s'emboîtent parfaitement et prennent une signification et un relief particuliers. Nous en rappelons les plus marquants selon leur date d'antériorité, comme autant de bornes balisant le chemin menant au Palais de Carthage :
- 14 janvier : chute du régime Ben Ali.
- 7 février : en vertu de l'article 28 de la Constitution, le parlement autorise le président par intérim à gouverner par décret-loi, sabordage de la Chambre des députés et de la Chambre des conseillers.
- 1er mars : légalisation du parti Ennahdha, d'idéologie islamiste, pourtant l'article 8 de la Constitution stipule qu'«un parti politique ne peut s'appuyer fondamentalement dans ses principes, objectifs, activités ou programmes sur une religion, une langue, une race, un sexe ou une région».
- 3 mars : abrogation de la Constitution
- 9 mars : dissolution du parti-Etat RCD
11 avril : adoption par la Haute Instance de la révolution du projet de décret-loi relatif à l'élection de l'Assemblée constituante
Ainsi, en l'espace de quelques semaines, l'Etat tunisien a été démantelé, vidé de sa substance. Un nouveau pouvoir naîtra des urnes le soir du 24 juillet, il aura l'onction de la légitimité du vote démocratique. Le parti ou la coalition de partis qui aura la majorité absolue de la Constituante exercera les pouvoirs exécutif et législatif. Il aura également la charge de rédiger une nouvelle Constitution. Un régime, tout transitoire qu'il soit, concentrant autant de pouvoirs absolus s'appelle une dictature.
Un exemple bien connu de dictature transformée en régime totalitaire est celui institué par le parti National - Socialiste d'Adolf Hitler arrivé au pouvoir démocratiquement en Allemagne en 1933 avec moins de 40% de voix.
Selon la doctrine d'Ennahdha, «la démocratie n'est le meilleur système qu'en l'absence du système islamique».
Comme l'Allemagne au début du siècle dernier, la Tunisie n'a pas de tradition démocratique. Notre pays va au-devant d'une crise sociale majeure, peut-être comparable à la crise de 1929, toutes proportions gardées.
La patrie est en danger. Le feu couve à l'intérieur de notre Maison-Tunsie, il s'appelle démagogie, populisme et politique politicienne, il est également à nos frontières, en Libye et en Algérie.
Pour certains pays étrangers, l'expérience tunisienne est un coup de boule dans un jeu de quilles. Pour éviter un strike, il faut dévier la trajectoire de la boule. Robert Gates, secrétaire américain à la Défense, a récemment déclaré que «si on regarde l'agitation dans le Monde arabe, beaucoup de personnes seraient contentes si elles pouvaient être là où l'Irak se trouve aujourd'hui». Le cynisme de ces propos se passe de tout commentaire. Après le plan A de l'Amérique (soutien des dictatures), voici le plan B : faire parvenir au pouvoir démocratiquement des partis islamiste dits modérés. Avec la collaboration des monarchies du Golfe et la vigilance du gendarme israélien, l'hégémonie américaine a encore de beaux jours devant elle.
Au-delà des spécificités de chaque civilisation et du contexte historique dans lequel elles évoluent, les peuples se soulèvent contre les tyrannies et aspirent à plus de dignité, de justice et de liberté.
Quelles que soient les révolutions qui les portent au pouvoir : Révolution des lumières, Révolution athée, Révolution islamique, les dirigeants politiques ont toujours trahi les idéaux révolutionnaires.
L'heure est grave. Ne vivons plus dans le mensonge.


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