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Elu, es-tu là ?
Point de mire
Publié dans La Presse de Tunisie le 15 - 05 - 2011


Par Abdelhamid Gmati
C'était au siècle dernier, au lendemain du fameux 7 novembre. Des élections étaient organisées pour renouveler les structures du RCD. qui venait de phagocyter le PSD. Dans une localité de quelque 10.000 habitants aux environs de Tunis, on élisait le président de la cellule de ce parti. Deux principaux candidats : le président sortant (celui de l'ex-PSD) et un médecin, séduit par les promesses de renouveau du nouveau-ancien parti. L'ancien président fut réélu à une majorité écrasante (près de 80%). Déçu, le médecin, candidat malheureux, n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait réélire un bonhomme de «l'ancien régime». Les bonnes volontés lui expliquèrent alors que l'ancien président de cellule habitait la localité, y vivait en permanence, voyait et discutait quotidiennement avec les gens ; il les connaissait tous, leur rendait visite chez eux , chez eux, pour s'enquérir de la santé du petit, se mettait à leur disposition pour emmener le petit malade à l'hôpital de la ville, leur rendait de menus et de grands services, jouait aux cartes avec eux, riait et plaisantait. Certes, il avait des adversaires, des ennemis mais la majorité ne lui était pas hostile, même ceux qui n'avaient jamais fait appel à ses services. Tandis que le médecin habitait la localité, certes, mais il travaillait à Tunis et ne venait s'attabler dans le café du coin que le dimanche matin, juste pour une partie de cartes et pour échanger quelques mots. Sa campagne électorale avait été exemplaire, mais cela ne suffisait pas, les gens ne voyant pas en lui un être de proximité, quelqu'un qui pouvait leur être utile. Et on lui fit comprendre qu'il devait se sentir heureux d'avoir récolté 20% des suffrages.
Un responsable d'un des nouveaux partis qui foisonnent ces jours-ci raconte à qui veut l'entendre, qu'il se déplace à travers le pays et rencontre des gens pour se faire connaître et présenter sa formation. Il n'est pas le seul à le faire. Plusieurs autres font de même et le font savoir. Ils tiennent des réunions, parlent, distribuent des dépliants, font des discours et essaient d'ouvrir des bureaux locaux. C'est normal et nécessaire, mais est-ce suffisant ? Ecoutent-ils les gens? Certains prétendent donner la parole aux gens dans leurs réunions. Mais ils ne récoltent généralement que des questions sur leur formation politique. De la curiosité. En général les gens ne leur disent pas leurs problèmes, leurs préoccupations. Et les gens sont surtout sensibles à ceux qui vivent parmi eux, ceux qui sont susceptibles de les écouter en permanence, ceux qui peuvent les aider à résoudre leurs problèmes. Au quotidien. C'est ce qui explique, en partie, que des partis ont été priés de «dégager» dans plusieurs villes et localités.
Le parti Ennahdha, lui, a compris cela depuis longtemps. Et il fait beaucoup de social. Il aurait, même, donné des instructions à ses membres, notamment dans les quartiers populaires de Tunis, pour faire régner l'ordre et rétablir le calme. Ils prétendent même qu'ils sont parvenus à récupérer des objets volés et les ont entreposés dans une mosquée pour les restituer à leurs propriétaires. Ils précisent qu'ils ne remplacent pas la police et qu'ils tentent plutôt de parlementer avec les jeunes pour les persuader de renoncer à la violence. Ils discutent aussi dans et aux alentours des mosquées. Mais, dans leur ferveur militante, et leur impatience, ils commettent des erreurs ; comme de dire qu'il ne faut pas mettre sa montre sur le poignet de la main gauche (cela relève du diable) ; ou d'affirmer qu'on ne peut pas faire la prière en portant une cravate (qui rappelle la croix) ; ou qu'il ne faut pas utiliser la cocotte pour préparer les repas (la cocotte siffle, ce qui attire le diable). Et leurs prêches qui sont des discours enflammés appelant à l'exclusion et à la haine, font fuir les musulmans pratiquant qui préfèrent alors faire leurs prières chez eux loin des discours haineux.
«La question sociale doit être au cœur du débat, vu que les jeunes se sont soulevés contre l'injustice sociale, les disparités régionales, le chômage et la précarité», a dit Jean Daniel, lors de son récent séjour dans notre pays. Tout le monde le sait. Mais les diverses manifestations qui ne cessent pas, et en dehors des actes de violence qui sont le fait d'énergumènes, expriment le sentiment que rien n'a changé et que la révolution n'a rien apporté. Le gouvernement essaie de parer au plus pressé mais le processus est long et n'est pas encore visible. Certaines organisations se mobilisent pour entreprendre quelques actions, mais c'est trop peu…
Tout cela pour dire que la politique, c'est aussi de la proximité et du social…


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