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L'exemple et le contre-exemple
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 06 - 2011


Par Hmida BEN ROMDHANE
En 1983, un événement singulier se produisit en Afrique du Nord: la Libye et le Maroc annoncent leur union politique, à la surprise générale du monde entier. C'était une décennie après l'union mort-née entre la Libye et la Tunisie signée dans des conditions confuses à Djerba.
A l'époque, le souverain marocain Hassan II était fortement agacé par le comportement un peu trop turbulent du colonel libyen. Il entreprit de le ligoter en lui faisant miroiter une unité à laquelle personne ne croyait, sauf Kadhafi. La manœuvre réussit parfaitement puisque celui-ci se laissa facilement divertir par le leurre que lui confectionna Hassan II, le temps de régler quelques problèmes avant d'envoyer paître le dirigeant libyen qui n'avait d'autre choix que de ruminer encore une fois un nouveau fiasco unitaire…
La différence entre le colonel libyen et Hassan II est que celui-ci était un grand stratège politique, alors que celui-là est un piètre politicien. Hassan II, pendant 38 ans de règne (1961-1999), avait construit les bases d'une société cohérente, même s'il avait gravement négligé les profondes inégalités sociales. Il avait légué à son fils, Mohamed VI, un pays tout à fait gérable, une économie qui marche tant bien que mal et une réputation internationale que beaucoup de pays envient.
Kadhafi, lui, pendant près de 42 ans, de 1969 jusqu'à ce jour, n'a pas cessé de semer le désordre politique, économique et financier dans son pays, le gérant à coups de caprices et d'incongruités, faisant de la Libye une singularité dans le monde et du peuple libyen une masse d'individus désorientés et amers face à l'immensité du temps perdu et du gâchis économique et social.
Aujourd'hui, ce qui se passe au Maroc et en Libye est le résultat direct de l'action politique entreprise sur des décennies par Hassan II et Kadhafi. A trois jours d'intervalle, les 17 et 20 février, la Libye et le Maroc ont connu les premières manifestations de contestation de leurs régimes politiques. Le régime de Kadhafi a répondu par une violence excessive, qui s'apparente à des crimes de guerre, quant au régime marocain, il a répondu par un discours le 9 mars dans lequel il promettait de profondes réformes constitutionnelles.
Du 17 février jusqu'à ce jour, Kadhafi continue de mettre son pays à feu et à sang. Bien qu'il n'ait aucune chance de s'en sortir (la chute de son régime est une question de temps), il continue de fanfaronner, de promettre une défaite cuisante pour l'Otan et une victoire éclatante pour «le peuple libyen».
Du 20 février jusqu'à ce jour, le Maroc est en train de faire le chemin inverse. Certes, de temps en temps une manifestation est organisée par tel ou tel mouvement. Certes, le risque terroriste est toujours présent, comme on l'a vu le 28 avril dernier à Marrakech, mais le pays semble préférer l'évolution à la révolution.
Il ne fait pas de doute que sans le bouillonnement politique qui secoue l'Afrique du Nord et le Moyen-Orient, le Roi Mohamed VI n'aurait même pas eu l'idée de se dessaisir d'une partie de ses prérogatives. Et c'est là où intervient l'intelligence politique: réagir au bon moment avec la bonne décision avant qu'il ne soit trop tard.
Le discours du Roi du Maroc de vendredi dernier dans lequel il annonçait une profonde réforme constitutionnelle, grignotant sur ses prérogatives et renforçant celles du gouvernement, restera sans doute comme un moment fort dans l'histoire moderne du pays. La monarchie marocaine est encore loin du modèle monarchique espagnol ou britannique, et ce n'est pas demain que le Roi du Maroc se contentera d'inaugurer les chrysanthèmes. Cela dit, et même s'il a gardé des prérogatives assez substantielles, Mohamed VI a fait un calcul intelligent: partager le pouvoir avec les représentants du peuple, plutôt que de voir sa monarchie balayée par la fronde révolutionnaire qui secoue la région.
Le grave déficit d'intelligence politique a été fatal pour Kadhafi. Au lieu de prendre la révolution tunisienne comme un signal sérieux qui pourrait affecter la Libye et d'agir en conséquence, le colonel a choisi de comploter avec Leïla Ben Ali, d'après les révélations de hauts gradés militaires libyens, le but étant d'envoyer 30.000 mercenaires armés jusqu'aux dents mettre la Tunisie à feu et à sang et préparer le retour de la dictature mafieuse. Le complot aurait avorté suite au soulèvement du peuple libyen le 17 février.
Il est hautement improbable que le régime de Kadhafi célèbre une quarante deuxième fois «la révolution du 1er Septembre». Il disparaîtra bien avant, selon toute vraisemblance, sans qu'il y ait grand monde pour le regretter.


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