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De l'obligation de patience et de la nécessité de vigilance (1ère partie)
Au cœur des débats en vue de la Constituante
Publié dans La Presse de Tunisie le 24 - 06 - 2011


Par Salah HADJI
On ne peut ne pas constater et avec quelle inquiétude, à l'endroit du temps présent de la Révolution tunisienne, l'inflation exubérante des «partis» avec la place indigente qu'ils accordent à la pensée politique, alors qu'en face, se tient sur la rampe, et comme sur un fond de lumières contrastées, un gouvernement de transition qui fait de son mieux, et en dépit de toutes les adversités, pour maintenir le pays debout. Pourtant, cette œuvre «sublime» qu'est la révolution tunisienne appelle toutes les forces vives du pays à en assumer les requisits qui engagent l'avenir de tout un peuple et qui ont pour noms : dignité, liberté et démocratie républicaine.
Ce que l'on recueille, eu égard à ce constat alors que le pays se trouve, à la veille des élections de la Constituante, face à un événement critique, c'est qu'après toute une longue période historique faite de décadence et surplombée par plus de soixante-dix ans de colonisation—tout relayé pendant plus de cinquante ans par deux pouvoirs politiques oppressifs érigés l'un et l'autre en «présidence à vie» et sans alternance d'aucune sorte —, il y a bien là un problème de mémoire! Que la révolution parvienne à avoir raison d'un pouvoir on ne peut plus répressif et à bousculer la réalité nationale au point qu'il n'est une «idéalité» de nature psychologique qui n'en soit concernée, voilà qui aujourd'hui doit pourtant interpeller tout le monde, quels que soient par ailleurs les intérêts immédiats des uns ou les positions politiques des autres.
Ne cesser pour longtemps de parler de la Révolution tunisienne comme événement qui s'est produit sous le signe du «sublime», ou encore comme avènement de l'irruption de la «jeunesse» sur la scène de l'histoire politique, c'est au moins se sentir conduit, sous la perspective de la générosité d'esprit, à reconnaître la prodigalité d'un temps fait de luttes longtemps comprimées et qui ont pourtant résisté en dépit de toutes les formes de répression. C'est ainsi — et il faut bien le souligner — que s'est développée une conscience supérieure qui voit le temps de l'histoire semblable, pour une grande part, au temps des saisons et qui fait qu'en lieu de ce qui tombe éclôt, par la «relève» historique, une nouvelle perspective d'avenir et de vérité (Hegel).
Voilà, nous semble-t-il, ce que doivent bien com-prendre les Partis politiques en particulier. Car il arrive que des «partis» trébuchent, que leurs discours s'agglutinent autour du souvenir morbide de l'ancien régime, cela est sans doute dans l'ordre des choses humaines. Mais il nous faut bien espérer que ces «partis», en trébuchant sur les vérités historiques, faute de pouvoir les voir, «ne les écrasent pas» (Nietzsche).
Nous avons affaire à mille et mille problèmes aussi complexes parce qu'ils se posent simultanément pour être inhérents à une révolution d'autant plus insolite qu'elle survient dans un pays arabo-musulman longtemps dominé, et dans une période de l'histoire mondiale où les maîtres financiers et idéologiques de la «mondialisation» avaient cru jusque-là avoir fini, une bonne fois pour toutes, avec toute idée de révolution. Voici, pensons-nous, ce qui doit accaparer, à présent, la pensée politique : oublions-nous que de tels problèmes, dont l'ampleur ne pouvait que surprendre, nous ne savons pas encore ce qu'ils nous commandent quant à leur prise en charge en termes d'obligation, de patience et d'exigence de vigilance ?
Surtout ne perdons pas de vue, ici, la lignée des deux grandes résolutions, en l'occurrence la «française» et la «russe», qu'a connues l'histoire moderne. Il s'agit d'y voir — et de découvrir à dessein et à temps singulièrement pour nous qui sommes à la veille des élections de la Constituante —, ce que toute précipitation gérée dans la confusion des faits, des idées et des objectifs risque de faire payer très cher et à la révolution et aux forces démocratiques du pays.
Au titre du premier exemple, celui de la Révolution française, nul ne l'a souligné plus amèrement que Michelet après les élections générales du 23 avril 1848, qui avaient donné une Assemblée constituante composée d'une majorité de conservateurs dont un grand nombre de «bonapartistes» dissimulés sous le nom de républicains modérés. C'est alors que Michelet écrit à Béranger (comme pour être l'écrivain éducateur du peuple) : «Vous êtes, entre tous, celui auquel j'éprouve le besoin de m'épancher dans nos douloureuses circonstances (…) je disais, en décembre 1847 : la presse n'atteint pas le peuple. En effet, vous le voyez, elle est, en ce moment, d'un côté et les masses de l'autre. Elle laisse un grand nombre d'hommes bonapartistes (c'est-à-dire idolâtres) (…) Il faut que la République agisse». Dans ce même ordre d'idées, il n'est pas sans intérêt de rappeler qu'à la même période, Balzac pouvait écrire dans Les Chouans : «La religion ou plutôt le fétichisme de ces créatures ignorantes désarmait le meurtre de ses remords (…) Il y avait des convictions dans ces trahisons (…) les familles, qui, la veille, se déchiraient encore, le lendemain soupèrent sans danger sous le même toit». Réservons-en le commentaire pour après!
Le second exemple au sujet de ce qui nous préoccupe — et toutes proportions gardées comparativement à la situation de notre pays — nous renvoie à 1918 en Russie, et singulièrement à Lénine. Quand une «Constituante» a été élue dans des conditions qui rendent impossible l'expression fidèle de la volonté du peuple qui a accompli la révolution du 25 octobre, Lénine s'exprime alors : «Le droit de rappel est le droit de contrôle effectif. Nous parlons de la liberté (…) Jusqu'ici c'était la continuité exercée sur le peuple par une poignée de richards (…) Les paysans ont été trompés (…) Ils ont voté pour un parti qui n'existe plus. Cette situation rappelle un correctif : le droit de rappel». La loi électorale élaborée par le gouvernement de Kérenski avait, en effet, facilité la victoire des forces de droite. Dès lors, Lénine, se mettant à chercher les moyens d'enrayer leur succès, dit à Trotski : «Il faut proroger les élections. Il faut élargir le système électoral, en accordant le droit de vote aux jeunes gens de dix-huit ans». Quand on lui répondit que «ce n'est pas commode (…) d'autant plus que nous avons nous-mêmes accusé le gouvernement provisoire de retarder intentionnellement sa convocation», Lénine réplique : «Pourquoi trouvez-vous incommode d'ajourner? Et si l'Assemblée constituante se compose de (...) menchéviks (...), est-ce que ce sera commode ?».


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