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Soldons nos comptes avec la corruption
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 22 - 08 - 2011


Par Habib Chekili*
Sept mois après l'heureuse révolution tunisienne du 14 Janvier 2011 qui a permis au peuple de recouvrer ses droits et sa dignité, pourquoi sommes-nous en état de stagnation, avec une économie qui régresse, une désobéissance civile qui continue, illustrée par de nombreuses grèves, agitations sociales et fréquentes violences un peu partout dans notre pays?
Pourtant le Chef de gouvernement nous a bien précisé, il y a quelques mois, que l'économie est à genoux et qu'il faut se remettre sérieusement au travail et arrêter les revendications intempestives et handicapantes, ainsi que les grèves et agitations !
Pourquoi n'a-t-il pas été écouté ?pourtant c'est un homme intègre et engagé!
Il semble y avoir donc problème ! Pourquoi nos citoyens ne semblent pas avoir été convaincus ?
De quel côté se trouve la balle de la responsabilité? Est-ce que le gouvernement et les autorités annexes n'ont pas su bien expliquer l'état de notre situation nationale ? ou bien, est-ce que le citoyen tunisien n'a pas bien compris l'importance et la portée de la chance historique d'avoir conquis sa liberté, aliénée depuis fort longtemps, peut-être 130 ans ?
Probablement, ya-t-il partage de responsabilités ! Quoi qu'il en soit, on peut dire qu'après notre indépendance, l'éducation civique de nos citoyens ainsi que leur promotion sociale n'ont pas bénéficié des priorités politiques du régime de Bourguiba, qui a privilégié le pouvoir personnel et l'attitude narcissique, au détriment de l'initiation progressive à la démocratie, et ce, malgré ses engagements, fort louables, en terme de scolarisation.
Quant au régime de Ben Ali, non seulement il a négligé son devoir, mais en plus, il a dégradé l'équilibre social de notre pays et a perturbé la qualité du citoyen.
Il y a donc certainement des insuffisances sociales dont nous sommes en train d'observer les manifestations.
Mise à part ces lacunes, comment expliquer la continuation de la désobéissance et de la violence alors que nous nous sommes débarrassés d'un monstrueux régime dictatorial et que de claire évidence nous respirons maintenant un air frais et stimulant de liberté?
N'ya-t-il pas un mécontentement social profond ressenti par le Tunisien, du fait de la corruption ?
La pratique de la corruption a été niée par Bourguiba qui ne voulait pas l'admettre. Pourtant, elle était bien présente. Quant à Ben Ali, il a fait un système organisé et sophistiqué qui a ruiné notre économie.
Le citoyen observe des procès et des condamnations. Mais il voit toujours, autour de lui, les gens qui ont profité de la dictature, qui ont contribué au malheur d'autrui, appauvri les uns, humilié d'autres, et ce, du fait du pouvoir qu'ils détenaient ou auquel ils étaient acoquinés.
Comment peut –on accepter que les personnes qui se sont impliquées dans de longues études ou fourni d'importants efforts, pour réussir dans la vie, se retrouvent, après imputation des retenues à la source sur leurs salaires, ou acquittement de leurs impôts sur les revenus, en situation de minimum vital, en termes de revenus ?
En même temps, d'autres personnes, qui pourraient être moins instruites, mais officiant dans un secteur qui a le pouvoir de décision, encaissent des bakchich, fraudent le fisc et narguent les autres par leur richesse, visible, exprimée en pouvoir d'achat outrancier et en biens mal acquis.
Comme nous voyons partout ce type de situations, avec des gens qui ont, depuis des dizaines d'années, acquis d'importants immeubles, amassé des fortunes, localement et à l'étranger, le tout en provenance d'un enrichissement sans cause, il ne faut pas s'étonner du malaise social, après que le pays fût saigné à blanc par Ben Ali et ses compagnons.
Les gens se posent des questions. Où sont passées les très importantes sommes d'argent allouées à la Tunisie, pendant des années par l'Union européenne, au titre de la mise à niveau de nos entreprises, pour les aider à renforcer leur compétitivité, dans le cadre de notre association avec l'Europe ?
Nos entreprises, aujourd'hui, sont plus fragiles et moins compétitives qu'avant.
Pourquoi les gens qui ont détourné, volé, profité des autres, utilisé leurs fonctions pour s'enrichir illicitement, ne rendent-ils pas compte de leur prévarication, pour, au moins, rétrocéder au budget de notre pays l'argent qu'ils ont usurpé ? Pourtant ces gens sont bien connus. Leurs patrimoines mal acquis en témoignent. Il suffit de les appeler pour rendre les biens du citoyen. Les documents sont là et foisonnants .Il suffit de les consulter autant que les rapports des associations nationales et internationales des droits de l'Homme, qui étaient censurés et qui sont maintenant disponibles avec les noms des individus qui ont outragé les gens et confisqué leurs droits et leurs biens. Pourquoi tolérer que des personnes notoirement impliquées dans la corruption et les détournements, continuent à juger dans les tribunaux, à exercer des fonctions publiques et sociales, et même de hautes responsabilités médiatiques alors qu'ils étaient les compagnons fidèles et laquais de Ben Ali et sa clique ? Pourquoi hésiter à mettre en examen et à sévir contre les individus qui ont fait du mal à nos concitoyens, porté atteinte à leur intégrité, empoché l'argent qui aurait dû aller à la construction des écoles et des hôpitaux qui manquent scandaleusement ?
Ces questionnements peuvent continuer indéfiniment, tellement sont nombreux les pauvres gens qui triment à l'épuisement, pour avoir le minimum vital, qui endurent les affres du chômage, qui manquent, pour certains, de tout, et qui essayent de survivre, alors qu'un grand nombre d'individus qui ont détourné, pillé et agressé, se la coulent douce, sans soucis, avec les grosses fortunes qu'ils ont accumulées illicitement, aussi facilement que rapidement.
Un fait est significatif. Quand Ben Ali a pris le pouvoir le 7 novembre 1987, il ne s'est jamais préoccupé des détournements qui avaient eu lieu sous le régime de Bourguiba, certes, limités, mais néanmoins évidents. Il n'a jamais soulevé la question de la corruption.
Peut-être a-t-il cherché par là à laisser ouvertes toutes les portes de l'enrichissement frauduleux, à son profit personnel et à ses proches. Peut-être que plusieurs personnes, encouragées par cette permissivité historique, inspirées par la personnalité équivoque et versatile de Ben Ali et par l'étendue de sa dictature, se sont empressées à accumuler indûment et frauduleusement des richesses, sans se soucier de la sanction qui pourrait tomber un jour.
Quoi qu'il en soit, la révolution est arrivée et a surpris beaucoup de gens.
Certaines personnes peuvent penser qu'il ne faut pas faire la chasse aux sorcières, ni installer l'inquiétude dans le pays et risquer ainsi la méfiance des investisseurs locaux et internationaux, qu'il ne faut pas trop remuer pour éviter les mauvaises odeurs, qu'il vaut mieux passer l'éponge, pour ne pas effrayer les hommes d'affaires et faire ainsi un compromis d'opportunité et sauver l'avenir du pays.
D'autres personnes peuvent penser qu'il faut respecter et appliquer la loi qui doit être la même pour tous, qu'il faut inventorier et rechercher les coupables de prévarication et d'abus de pouvoir, qui se sont enrichis indûment au détriment de leurs concitoyens, pour les remettre à la justice.
De quel côté faut-il opter ?du côté des arrangements et de la souplesse, pour sauver l'économie, ou bien du côté de la rigueur et de l'obligation de justice ! Une chose est certaine. On ne peut pas tout avoir !
Néanmoins, si nous voulons continuer dans l'esprit du compromis et de compromission du régime de Ben Ali, nous risquons de perdre, ensemble, notre crédibilité et la santé de notre économie.
En effet, la paix sociale ne se réinstallera que lorsque justice sera faite et que le citoyen tunisien sera en paix avec lui-même, rassuré sur l'avenir de son pays, avec une justice intègre pour le sécuriser et le protéger contre les agresseurs et les voleurs qui doivent être recherchés et sanctionnés.
Tant que le doute subsiste au niveau de la justice, de la sécurité, de l'administration et d'autres secteurs publics, le citoyen restera incrédule et inquiet et ne sera pas assez animé d'esprit de patriotisme pour coopérer et collaborer avec les forces vives et intègres de son pays afin de le protéger contre les aventuriers et les fraudeurs.
Ces préoccupations de sécurité sont vitales pour le citoyen, qui a besoin de se sentir en confiance, protégé par des institutions crédibles, pour se remettre sérieusement au travail, sans peur et sans crainte.


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