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Liban 2-Confessionnalisme 0
Chroniques du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 16 - 04 - 2010

Le stade était désespérément vide, mais l'ambiance parmi les joueurs était bon enfant. Plaisanteries, éclats de rire et taquineries sur la pelouse faisant office d'entraînement avant le début du match qui, compte tenu de l'âge des joueurs, ne durait que 30 minutes en tout, c'est-à-dire deux fois 15 minutes.
Si le stade était désespérément vide, cela ne veut pas dire que le public était indésirable ou que l'on craignait quelques hooligans éméchés. Ce sont les impératifs de sécurité qui ont imposé le huis-clos. Mais nul ne s'en plaignait, puisque le match était retransmis en direct à la télévision et des millions de téléspectateurs le suivaient avec une grande émotion. Pour beaucoup, ce match avait plus d'importance et suscitait plus de suspense qu'une finale de coupe du monde.
Après des années de bras de fer et des mois de tension qui ont failli réveiller les vieux démons de la guerre civile libanaise, la classe politique du Liban a eu l'idée originale d'aller régler ses problèmes autour d'un ballon rond et sur une pelouse tendre et accueillante à même d'absorber les chocs de la dispute, amoindrir l'impact des crocs en jambe et réduire la gravité des éventuelles blessures.
Mais il n'y a eu ni chocs, ni crocs en jambe ni blessures, et pour cause, le match était destiné à consacrer symboliquement la réconciliation interlibanaise, à glorifier le fair-play et à inciter les politiciens libanais à régler leurs problèmes à la manière des professionnels du sport-roi sur une pelouse plutôt qu'à celle des guerriers sur un champ de bataille.
Les deux capitaines d'équipe, le Premier ministre Saad Hariri et le député du Hezbollah Ali Ammar, représentaient les deux courants politiques dominants au Liban qui, il y a peu de temps, avaient failli en venir aux mains, ce qui aurait eu pour effet de déclencher une autre guerre civile, forcément destructrice pour un Liban qui, à l'époque, n'avait pas encore entièrement déblayé les ruines causées par la guerre d'agression israélienne de l'été 2006.
Contrairement aux matchs classiques de football où l'on voit deux équipes s'affronter, le match joué par la classe politique libanaise, mardi dernier 13 avril, comportait une seule équipe dirigée par deux capitaines, celle du Liban qui affrontait des adversaires auxquels l'entrée du stade était interdite et que les Libanais souhaitaient voir bannis du terrain politique également. Les adversaires contre lesquels se battait l'équipe du Liban avaient pour noms confessionnalisme, fanatisme, intégrisme et autres «ismes» dévastateurs.
Le plus jeune joueur, Sami Gemayel, 27 ans, petit fils de feu Pierre, a marqué les deux buts de la rencontre qu'il a «dédiés à tout le peuple libanais, et en particulier à ceux qui sont morts pour la défense du Liban». Peu importe de quel côté jouait Sami Gemayel, du moment que c'est le pays du Cèdre tout entier qui est sorti gagnant de cette rencontre un peu spéciale avec un score sans appel : Liban 2-confessionnalisme‑0.
Le choix de la date du match est plus symbolique et plus important que la rencontre elle-même : le 13 avril. En effet, c'est le 13 avril 1975 que s'est déclenchée la terrifiante guerre civile libanaise qui a fait près de 200.000 morts et s'est poursuivie pendant 17 ans, c'est-à-dire jusqu'aux accords de Taef de 1990 qui ont mis fin au carnage. Pour un petit pays de moins de 5 millions d'habitants, un bilan de 200.000 morts relève plutôt du génocide. Un génocide que les enfants d'un même pays se sont auto-infligés sur une période exagérément longue de folie meurtrière.
Dix sept ans de guerre civile pendant lesquelles Israël se délectait et se frottait les mains de voir ses ennemis s'entretuer. Dix sept ans de guerre civile pendant lesquelles Israël ne se contentait pas seulement de jeter de l'huile sur le feu et nourrissait le confessionnalisme, mais en prenait prétexte pour intervenir, et pour mener ses propres guerres contre le peuple libanais, notamment celles de 1978 et de 1982, particulièrement dévastatrices.
Mais à quelque chose malheur est bon. L'ampleur des dégâts matériels, politiques et psychologiques de la guerre de dix-sept ans semble avoir vacciné les Libanais contre la folie meurtrière et le déchaînement irrationnel qui les ont saisis de 1975 à 1990. En dehors des guerres d'agression imposées de temps à autre par Israël au Liban, les Libanais vivent depuis 20 ans en paix. Ils ont réussi jusqu'à présent à circonscrire toutes les crises politiques plus ou moins graves qui ont secoué le pays dans le cadre du débat démocratique. Les bleus à l'âme du Liban et autres séquelles psychologiques de la guerre civile y sont sans doute pour beaucoup dans la retenue dont a fait preuve ces dernières années la classe politique libanaise, toutes tendances confondues. Le match disputé mardi dernier sur la pelouse de la Cité sportive de Beyrouth vise à glorifier cette retenue et à institutionnaliser cette nouvelle tradition libanaise qui privilégie le débat sur le combat, la force de l'argument sur l'argument de la force.
Laissons le mot de la fin au député Sami Gemayel, auteur des deux buts du match du 13 avril : «Nous voulons dire aux Libanais que nous avons tourné la page des jours noirs du Liban. Nous souhaitons que l'avenir sera meilleur. A travers ce match, nous voulons démontrer que désormais nous sommes tous ensemble.»


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