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La vraie drôle de guerre
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 01 - 2010


Par Hmida BEN ROMDHANE Les historiens désignent le laps de temps s'étendant entre le 1er septembre 1939 et le 10 mai 1940 par la curieuse appellation de «Drôle de guerre». Le 3 septembre 1939, les troupes allemandes envahirent la Pologne. Le 10 mai 1940, elles envahirent la Belgique et les Pays-Bas. L'expression «Drôle de guerre» a été inspirée au journaliste français, Roland Dorgeles, correspondant de guerre, par l'inaction des troupes alliées face à l'écrasement de la Pologne par les Nazis. Apparemment, la «drôle de guerre» était redevenue une guerre «normale» quand les alliés n'avaient plus le choix que de passer à l'action après l'invasion de la Belgique et la Hollande. Si Roland Dorgeles vivait encore, il se serait senti un peu confus, et même un peu drôle, si l'on peut dire, d'avoir donné un tel nom au début de la Seconde Guerre mondiale, au vu de la «Guerre globale contre le terrorisme» (Global War on Terror) déclenchée par George W. Bush au lendemain des attentats du 11-Septembre, et héritée par Barack Obama. C'est cette «Global War on Terror» (GWOT) qui est la vraie drôle de guerre. Et Roland Dorgeles n'aurait sans doute trouvé aucune objection à ce transfert d'adjectif d'une guerre à l'autre. La GWOT n'est pas drôle seulement par le nom. Elle l'est aussi par la durée (on «fêtera» l'année prochaine le dixième anniversaire de son déclenchement), par les moyens mis en œuvre par les uns et les autres, par les forces en présence dont les unes sont connues et les autres fantomatiques, par les résultats, ou plutôt par l'absence de résultats, par l'impossibilité pour quiconque de dire si cette GWOT a une issue ni si elle peut être un jour gagnée ou perdue et par qui ? N'est-ce pas drôle de voir une guerre durer depuis plus de huit ans sans que les adversaires ne se soient rencontrés sur le terrain pour en découdre entre hommes une fois pour toutes. Bombardements par ci, explosions de bombes humaines ou de voitures piégées par là, voilà ce à quoi on assiste depuis octobre 2001 jusqu'à ce jour. N'est-ce pas drôle de voir que dans cette guerre qui dure depuis plus de huit ans, ce sont les civils qui sont ciblés, soit volontairement par les kamikazes, soit involontairement par les bombardements aveugles des forces alliées. Les historiens peuvent fouiller autant qu'ils veulent, ils ne trouveront pas de précédent où les victimes civiles sont cent fois plus nombreuses que celles que comptent les combattants dans leurs rangs. Que l'on se tourne vers l'Irak, vers l'Afghanistan ou vers le Pakistan, le constat est le même : les populations civiles paient le tribut le plus lourd. N'est-ce pas drôle de voir que dans cette guerre qui dure depuis plus de huit ans, aucun objectif n'a été atteint ni d'un côté ni de l'autre. Pire encore, plus elle dure, plus elle s'éloigne des objectifs qu'elle s'est tracés, et plus les combattants se transforment en robots obéissant à des automatismes macabres. Les uns procèdent quotidiennement à un certain nombre de bombardements, les autres font exploser un certain nombre de bombes humaines ou de voitures piégées conduites par des kamikazes qui choisissent de préférence les endroits les plus fréquentés par les civils. Si l'on excepte l'Irak, dont le cas relève de l'agression caractérisée contre un pays souverain et non de la guerre contre le terrorisme, tous les autres champs de bataille où un large nombre de soldats surarmés ont été envoyés n'offraient pour cibles à bombarder que des montagnes poussiéreuses et des civils sans défense. Il était clair dès le départ que le danger posé par le terrorisme dans ces contrées lointaines ne pouvait être combattu par des armées suréquipées ni par aucune sorte d'armement aussi sophistiqué soit-il. Beaucoup de voix s'étaient élevées dès le départ, y compris aux Etats-Unis, pour dire que le vrai remède réside dans une combinaison de deux actions parallèles: d'une part une implication exclusive des services de renseignements et de police, et d'autre part des investissements massifs pour tirer les populations civiles d'Afghanistan et du Pakistan du dénuement et de l'ignorance. On n'a qu'à imaginer que pourrait être la situation aujourd'hui si les centaines de milliards de dollars qui n'ont servi jusqu'à présent qu'à bombarder les montagnes poussiéreuses et à tuer les civils, étaient investis dans la construction d'écoles et d'usines, assurant éducation et travail aux millions de déshérités ? On a préféré la drôle de guerre, et on est en train de récolter de drôles de résultats. Les victimes ne se comptent pas seulement parmi les civils, tant s'en faut. L'armée américaine elle-même est l'une des grandes victimes de ce choix désastreux. Enfoncée jusqu'au genou dans un bourbier dont elle ne sait trop comment s'en dégager, elle a trop perdu en efficacité et en réputation, sans compter les pertes matérielles faramineuses qui se comptent en centaines de milliards de dollars. Les services de renseignements américains sont une autre victime de la drôle de guerre. Ils semblent si désarticulés qu'en une semaine ils ont subi deux graves revers, ayant nécessité l'intervention personnelle du Président américain qui a réuni en urgence leurs chefs. Le jour de Noël, un Nigérian a failli causer un désastre sur la ville de Detroit en tentant de faire exploser un avion. Heureusement, il n'a réussi qu'à se faire brûler lui-même. Et le jour de l'An, un agent double que la CIA croyait être son homme, s'est révélé être celui d'Al Qaïda. Il s'est fait exploser dans une base de l'Agence américaine de renseignement à Khost, tuant sept parmi ses cadres les plus expérimentés. Le plus drôle est que les Etats-Unis ne semblent avoir aucun autre choix que de continuer cette drôle de guerre qui coûte annuellement au contribuable américain un million de dollars par soldat.

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