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Un «troisième front» au Yémen ?
Chronique du temps qui passe
Publié dans La Presse de Tunisie le 05 - 01 - 2010


Comme pour les premier et second fronts, le troisième, s'il était ouvert, il serait la conséquence d'une série d'erreurs commises par les décideurs à Washington durant la décennie écoulée. La première erreur commise par les Etats-Unis est la légèreté avec laquelle ils ont traité l'attaque terroriste contre l'USS Cole au Yémen le 12 octobre 2000. L'ancien Premier ministre yéménite, Abdul Karim Al Iriyani, a raison de remarquer que «l'attaque contre l'USS Cole aurait dû être considérée comme le plus grand signal d'alarme devant attirer l'attention sur le danger d'Al Qaïda». Aucun effort sérieux ne fut déployé pour poursuivre les auteurs de l'attaque et de démanteler leurs structures organisationnelles. La deuxième erreur commise par les Etats-Unis est qu'ils n'ont rien trouvé de plus urgent à faire au Yémen que de «promouvoir la démocratie» et de «lutter contre la corruption». Un pays déchiré par une guerre civile au nord et une guerre de sécession au sud, miné par une pauvreté endémique et croulant sous un taux de chômage de 40% a sans doute besoin beaucoup plus d'aide économique que de leçons de démocratie. Au même titre qu'un étudiant affamé a besoin beaucoup plus de nourriture que de leçons sur la théorie de la séparation des pouvoirs de Montesquieu. La troisième erreur commise par les Etats-Unis est d'avoir réduit progressivement leur aide à un pays qui en a désespérément besoin. Selon les chiffres de l'OCDE, l'aide américaine au Yémen est passée de 56, 5 millions de dollars en 2000 à 25, 5 millions en 2008. La raison avancée officiellement par Washington est le «peu de progrès en matière de lutte contre la corruption». Mais l'aide consiste-t-elle seulement à donner de l'argent cash ? La méthode japonaise d'aide pour l'Afrique a permis d'éviter le piège de la corruption. Ils construisent eux-mêmes les infrastructures, les logements et les écoles et donnent les clefs aux bénéficiaires. Le gouvernement yéménite serait sûrement dans une meilleure situation, si les Etats-Unis avaient pris la peine de fournir les moyens économiques et militaires qui auraient permis à l'Etat yéménite de faire face aux énormes défis qui le guettent (terrorisme, rébellion chiite au nord, mouvement sécessionniste au sud). Mais les Etats-Unis ont continué à tourner le dos au Yémen, même après le second grand signal d'alarme de 2006. En effet, cette année-là, pas moins de 23 terroristes d'Al Qaïda s'évadèrent d'une prison de haute sécurité à Sanaâ. Parmi eux, se trouvaient des personnes impliquées dans l'attaque de l'USS Cole et Nasser Al-Wuhayshi, qui devait devenir le chef d'Al Qaïda dans la péninsule arabique. Il est vrai qu'à l'époque, les Etats-Unis étaient empêtrés dans la guerre d'Irak qu'ils avaient déclenchée trois ans plus tôt et grâce à laquelle ils ont fourni une aide appréciable à Al Qaïda en la dotant des atouts inespérés qui lui ont permis d'élargir sa base et le champ de son action. Alors que le premier signal d'alarme du danger terroriste en provenance du Yémen a retenti avec force le 12 octobre 2000, les Etats-Unis ont attendu l'incident de la tentative avortée de faire sauter un avion reliant Amsterdam à Detroit le 25 décembre 2009, pour se rendre compte que, finalement, ce qui se passe au Yémen constitue «un problème pour la sécurité américaine». Reste à savoir à quoi va aboutir cette prise de conscience tardive ? L'administration Obama va-t-elle ouvrir « un troisième front » dans le cadre de ce que les Américains appellent Global War on Terror (Gwot) ? Si oui, comment compte-t-elle le gérer ? L'armée américaine est certes puissante, mais pas omnipotente. Fortement engluée en Irak et en Afghanistan, elle n'a ni les moyens militaires ni humains pour s'engager dans une troisième guerre terrestre au Yémen pour démanteler les camps d'entraînement d'Al Qaïda. L'engagement direct étant exclu, les Etats-Unis pourraient recourir aux bombardements «ciblés» en utilisant des drones ou des bombardiers décollant de l'une de leurs bases dans la région. Le problème avec ces bombardements est qu'ils ne sont pas aussi «ciblés» que ne le croient les stratèges américains. L'expérience dans certaines régions d'Afghanistan et du Waziristan pakistanais montrent qu'ils font plus de victimes parmi les civils innocents que parmi les terroristes et, par conséquent, aboutissent à l'inverse de l'effet recherché. Les stratèges américains ne peuvent ignorer, comme le prouve le réveil spectaculaire des talibans afghans, que les terroristes se nourrissent des bombardements qui manquent leurs cibles, causant la fureur légitime des victimes. Qui peut honnêtement reprocher à quelqu'un qui a perdu sa maison et ses proches dans un bombardement «ciblé» de vouloir, par désir de vengeance, aider les terroristes ou même rejoindre leurs rangs ? L'administration Obama doit être consciente d'une chose : si elle recourt aux bombardements «ciblés» au Yémen, elle rendra le meilleur service aux terroristes d'Al Qaïda qui appellent de leurs vœux la répétition des erreurs catastrophiques commises en Irak et en Afghanistan. Reste l'aide massive que les Etats-Unis peuvent toujours offrir à l'Etat yéménite pour éviter au Yémen le sort de l'Afghanistan ou de la Somalie. Mais là encore, une aide militaire pure ne résoudra pas le problème. Une aide économique massive est indispensable pour ce pays classé comme l'un des plus pauvres de la planète. Car si les bombardements non ciblés sont des bienfaits pour les terroristes d'Al Qaïda, les investissements économiques ciblés sont un désastre pour eux parce qu'ils sont le seul moyen efficace de nature à leur couper l'herbe sous les pieds.

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