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Le petit insolent
Publié dans La Presse de Tunisie le 09 - 11 - 2011


Par Fethi El Mekki
Saint Thomas d'Aquin disait : le dénigrement d'autrui est la passion de l'insuffisance.
La semaine dernière, les puristes on eu droit, malgré eux, à une exceptionnelle prestation audiovisuelle. Estomaqués et dégoûtés, que le niveau du journalisme après la «révolution» ait pu atteindre un niveau aussi répugnant, ils sont persuadés que cette émission restera comme l'un des plus grands moments de la médiocrité journalistique où, à la manière orientale, le poison était enveloppé de miel. L'ambiance était cafardeuse, on ne pouvait que suffoquer de honte et se mordre les lèvres.
L'invité de cette émission est M. Nejib Chebbi, militant pur et dur, vrai patriote, formé à la dure école du militantisme et l'une des principales figures d'opposition politique depuis presque 45 années. Il est parmi les rares personnes qui peuvent prétendre n'avoir jamais répondu aux sirènes du pouvoir et n'avoir jamais courbé l'échine, dans un pays où cette prouesse est un sport national.
M. Chebbi n'est ni un ami, ni un parent. Je ne l'ai jamais rencontré. Je n'adhère pas à son parti. Je ne fais pas partie de ses admirateurs et je n'ai pas voté pour lui.
Ce qui s'est passé ce soir-là est un scandale, une véritable honte pour nous tous et pour notre paysage médiatique. Essayer de trainer dans la boue une sommité internationale, intègre et honnête, pour faire son beurre et de l'audimat, tout en ricanant sous cape est digne de la petite truanderie.
Notre prosaïque journaliste, dont la popularité repose sur du sable, au visage poupin mais défiguré par l'hostilité, la bouche sèche, le menton volontaire, avec une petite pointe de morgue, tel le provocateur du fond de la classe, dépassé par la taille du costume, a sécrété la cruauté voulue avec magnificence durant toute l'émission. Malgré le large et franc sourire qui lui barre le visage et des dents exagérément blanches, le sourire était proche du rictus du renard, le propos outrancier et la blague glaireuse.
Avec une délectation bizarre, sous un air de civilisé, il n'a cessé de lancer des questions inintelligentes, répétitives et vicieuses, comme un poisson rouge des bulles ; a priori ce jeune homme couve des ulcères et derrière l'eau calme de ses yeux, il y a une haine qui bout, que rien n'arrête, pas même le ridicule, qui, en avançant, déconstruit.
Jamais on n'a vu pareille haine. Les narines tremblantes et fumantes, la voix tantôt sucrée et mielleuse, tantôt étranglée d'indignation, tantôt railleuse, comme un bruit de scie électrique, émet tour à tour des sifflements et des halètements, avec une sorte de houle intérieure qui les tordait et des yeux qui fusillaient la cible, probablement condamnée à mort, sans jugement. L 'exécution, Dieu merci, n'a pas eu lieu.
L'esprit parfois enchanteur de notre contempteur déploie sans hauteur quelques compliments, mais il a été trahi par son arrogance qui égalait son bonheur ; il croyait apparaître d'autant plus grand qu'il abaissait les autres, tel un vieil enfant déguisé en journaliste, pourtant la fête d'Halloween, c'était le 31 octobre.
Qu'il prenne un air aimable, qu'il ait le tutoiement facile, ce monsieur n'arrive pas à dissimuler sa méchanceté et si on lui perçait la peau, dessous on verrait qu'il n'y a que du venin et du mépris. Possédant le sens de la méchanceté sans lequel, le journalisme politique est un potage insipide, la haine et la bile lui coulaient des lèvres, avec la violence doucereuse qui, manifestement, lui échappe, sans regrets, ni remords.
D'un adjectif fielleux, d'une question interlope, d'une remarque vide de sens, le sourire carnassier, notre histrion au grand cœur, tire par le manche, l'homme d'Etat vers le bas et tente de l'assassiner le plus proprement du monde, sans laisser de trace et surtout sans passer par les assises et les jurés.
Essayer de déstabiliser par des moyens on ne peut plus louches, M. Nejib Chebbi, qui plus est un homme du barreau, en se basant sur le «il paraît que» est d'un infantilisme journalistique digne des incultes et de tyranneau malappris de petit village, qui habité par cette nouvelle éthique du trou de serrure, s'est retrouvé dans la basse politique où clapotent les rebuts et les rognures d'un système journalistique finissant et bon pour le vide-ordures.
S'inspirant d'un journalisme de pacotille, fonctionnant selon les lois de la jungle, fait de scandales, de détails gluants, de succès immérités, de réussite rapide, de marchand de grand commerce et de faibles scrupules, lourd d'indifférence humaine et de fautes déontologiques, il ne fait aucun doute que ce jeune homme a de mauvaises lectures et un destin professionnel funeste.
Lumineux, il est devenu le miroir de lui même, fasciné par son propre génie, puant de fausse gloire et abusant du crachoir, il se réclame du journalisme du grand jour, déclamatoire et péremptoire, mélange de platitudes et de satisfecit, bref de la bouillie pour chats, où on se goinfre de ragouts de ragots, pour aller vomir dans les caniveaux de la calomnie. Avec cette éminence grise, l'information est devenue un torrent boueux, bouseux et affolé, que plus personne ne peut canaliser. Emouvant...
Interloqué, M. Chebbi a proposé, ironique, que cette émission devrait être proposée aux étudiants de journalisme, dans les prochaines années, comme un bel exemple d'une mauvaise préparation d'un travail journalistique. J'ai une autre proposition, on devrait la proposer aussi aux cours d'instruction civique dans les collèges, comme étant un bel exemple de manque de savoir-être, de savoir-faire et de savoir-vivre, envers autrui, ou aux étudiants en histoire comme un exemple frappant de manque de reconnaissance envers un militant courageux.
Cette émission s'est magistralement terminée. L'animateur toujours en transe, carbonisé, tel un aiglon foudroyé, dans un grand moment d'élégance et de majestuosité, s'est levé et s'est apprêté à partir alors que l'invité était encore assis. Chacun d'entre nous alors a senti une odeur qui ne trompe pas, pesante et puissante, celle des curées purificatrices.
Devant ce champ de ruines et de désolation, un reclassement professionnel serait souhaitable pour cet aimable monsieur, pour les futurs invités, pour les téléspectateurs qui vraiment n'en peuvent plus de tant de déliquescence morale et de cruauté gratuite et enfin pour notre pays, la Tunisie.
Ce bestiaire devrait faire du sport, un sport de combat, par exemple, calmerait sûrement ses ardeurs.
L'émission aurait pu se faire avec les manières les plus polies, les plus affables et les plus engageantes, cela n'a pas été le cas, a priori, et c'est visible à l'œil nu, il n'en n'a pas les moyens.
Les journalistes de qualité existent, on les a vus à l'œuvre. Il est grand temps, qu'ils mettent fin à la médiocratie régnante et qu'ils fassent, eux aussi, leur révolution.


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