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Lilliputiens et célèbres
Publié dans La Presse de Tunisie le 11 - 10 - 2011


Par Fethi El Mekki
Il parait que le Tunisien est bien privilégié. Il parait aussi que ce privilège est en relation étroite avec le bonheur qu'il ressent en regardant nos exceptionnels pousse-balles faisant semblant de jouer au football et voulant à tout prix nous faire gober une si indigeste supercherie et ce chaque week-end.
Ce samedi, encore une fois, il a fallu que les Saint-Jean du miracle soient présents pour que le jour du jugement dernier n'ait pas lieu pour notre football. Grâce au Tchad, notre équipe première, s'est qualifiée pour la Coupe d'Afrique. Encore une fois, les commentateurs sportifs et leurs vénérables invités pavoisent avec une inélégance rare, alors que c'est le contraire qui aurait du se produire et l'émoi n'est pas général…
La Tunisie doit être le seul pays au monde où on est agressé moralement et physiquement, durant huit ou neuf mois d'affilée par des émissions sportives sur les quatre chaînes de télévision et en simultanée s'il vous plaît, durant une bonne partie de la soirée, où le ridicule se dispute avec le pitoyable et l'exécrable. Ces émissions qui débutent dimanche soir et se poursuivent tout le long de la semaine, et dont les principaux acteurs sont nos joueurs-grimaciers, sont " produites " par des dirigeants sportifs au dessus de tout soupçon et réalisés par la fine fleur de nos journalistes sportifs.
Battants, humbles et talentueux
Nos footballeurs, dépourvus de la mentalité de gagneur et pourvus d'une mentalité de supérieur, passionnés d'ufologie, bambochards, égotistes et surtout alcoolo-tabagiques, peut-être même insuffisants respiratoires, voire cirrhotiques, sont toujours en dehors du coup. Régulièrement roulés dans le caniveau de la défaite, on aura le bonheur de les voir, soit au cours de folles agapes et libations … soit dans les vestiaires en petite tenue, ânonner des balourdises, même après une parodie sportive !...pour nous convaincre du contraire…On connaît la suite…
Juchés sur le tapis volant des mille et une nuits, ivres d'eux-mêmes (quand ils ne le sont pas pour de vrai !!), ils sont bichonnés, voire quasiment divinisés. Embaumés de compliments, écrasés par l'honneur qui leur est fait….Ils n'arrivent pas à comprendre ce qui leur arrive… Complètement dépassés par les évènements, aux idées très courtes, ils ont grande peine à articuler une phrase compréhensible et le débit est impossible à canaliser. Impudiques et farauds, ils en viennent jusqu'à parler d'eux mêmes à la troisième personne… Grandiose…
Nos footballeurs sont célèbres. Très célèbres. Très très célèbres. C'est une célébrité qui ne sort de nulle part, dont on ignore la raison, la genèse et surtout la longévité. Ils ne sont connus qu'à travers leurs coupes de cheveux clownesques, leurs passes à l'adversaire, leurs formidables simulations, leur technique frôlant le zéro pointé et la carrière qu'ils n'auront jamais. Ils sont célèbres parce qu'ils sont célèbres. Un point c'est tout.
Alexandre Vialette disait : la célébrité du néant, par le rien.
Pour nous, amateurs du ballon rond et véritables dindons de la farce, c'est le nouveau culte de l'époque, celui du Facebook et des marchands de vent.
Patriotes, dévoués et désintéressés
Nos cohortes obscures de "dirigeants", légion d'honneur à la boutonnière (Hé oui !!) ventrus et poilus, dont la plupart semble sortie a priori du siècle dernier, reconvertis curieusement au sport, au cuir épais et bien droits, pour gagner quelques centimètres d'honneur, sont la plupart du temps, dans un état second et acrimonieux. Gonflés à l'hélium, géniaux dans le décervelage, hâbleurs, aux discours maîtrisés et aux mensonges calculés, l'œil moqueur, Ils donnent l'impression d'être capables de lire le présent et l'avenir dans une boule de cristal…les résultats sont là… aucun doute… ils naviguent à vue.
Ces "justes", princes de l'assassinat verbal et du Kick-boxing (on les a vus royalement à l'œuvre), intraitables sur les principes, mais artistes de la passe arrière, se sentant intouchables, pratiquent avec délectation, l'incontinence verbale et le débordement extra-buccal. D'une voix sucrée, ils s'écoutent parler en prenant la pose, ils nous soûlent et se soûlent eux-mêmes de formules pathétiques et misérables…On se croirait du temps des Beys Husseinites…
Dans ce milieu fort bien protégé des gros bonnets, dont la majorité appartient à l'association mondiale des grands voyageurs, on se bat passeport en mains, avec une majesté carnassière pour les places, comme des chiffonniers dans un mutisme éloquent... L'estomac est en béton, la tête en acier et le cœur inattaquable palpitant au rythme de minables voyages et de tristes affaires tel que le marché noir des billets de stades (jamais résolu…). Etrange mélange de vulgarité abyssale, d'avidité au gain et de patriotisme probablement non feint…
Les animateurs
Nos joueurs-imposteurs, avec à leurs têtes nos dirigeants-voyageurs, n'auraient jamais dû prospérer et même exister n'eut été l'heureux tremplin dressé par leurs complices de toujours, les animateurs sportifs ou si vous voulez pour êtres plus objectif, les " animatueurs ", de certaines chaînes de télévision et de certaines chaînes radiophoniques, grands spécialistes de spéculation intellectuelle et de méditation prolongée.
Cette tribu, à la morale si élastique, avec qui ils ont établi un compromis boiteux et tortueux pour que tout le monde puisse faire son beurre, nous fait croire régulièrement que toutes les bonnes herbes sont réunies pour faire une bonne soupe et puis brutalement on se retrouve avec une mixture pesante et toxique capable d'abattre le plus résistant des rats. Ces intellectuels n'ont pas compris que la magie des mots ne fait plus recette.
Le plus incroyable, c'est que parfois nos pauvres tympans sont agressés et en direct s'il vous plaît, sur les ondes radiophoniques, par les râles et les étranglements d'un joueur-farceur (hospitalisé dans une clinique, suite à une chute de sa propre hauteur), captés par le micro d'un journaliste, apitoyé par son triste " sort " et surtout à la recherche du sensationnel. Une autre fois en regardant la télévision ou si vous voulez ce qu'il en reste, on s'est brutalement retrouvé, en pleine ménagerie, en train de célébrer le mariage d'un autre charlatan dans une foire indescriptible où se mélangeait dans une joie rare, le gotha de la filoucratie tunisienne. Le sordide est magistralement atteint lorsque des articles de presse sont entièrement consacrés à l'accident de voiture, vraisemblablement à l'aube, d'un de ces chenapans, avec pour conclusion les souhaits de toute la rédaction pour un prompt rétablissement. Pauvre Tunisie livrée aux effroyables escortes sataniques...
Désinvolture, immunité et impunité
Dans ce climat maléfique où les polémiques et les affrontements sanglants sont légion, où on ne se conforme guère aux lois de l'hygiène morale et où l'indifférence humaine est lourde et les fautes déontologiques magnifiques, pour ces artistes et leurs maîtres, toute critique passe pour outrage et toute contestation pour complot du diable.
Devant cet effroyable amas, il nous faut laver à grande eau et tirer la sonnette d'alarme, car par notre abdication, notre atonie civique, notre paresse citoyenne, et notre torpeur politique, nous participons pleinement à cet esclandre.
Le navire sportif tunisien embourbé dans les plénums de cette hydre mafieuse est en train de sombrer corps et âme… Les trompettes doivent impérativement sonner pour cette voyoucratie institutionnalisée et immunisée à vie.
De grâce arrêtons de prendre des mesures insignifiantes, à pas de sioux et de sanctionner ces esprits "supérieurs" avec des peines fourrées au chocolat. Espérons qu'avec " la révolution ", nos médias enfin " libérées ", cesseront de nous imposer un si affligeant spectacle, et mettront le holà à la médiocratie régnante. Neuf mois après, a priori ce n'est pas encore le cas…
Il ne fait aucun doute qu'un reclassement professionnel bien étudié de ces vertueux marquis du sport, rendrait un énorme service au pays, à commencer par eux mêmes.
Pour le bien de notre jeunesse et de notre si doux pays, la Tunisie qui, vraiment, n'en peut plus d'être traînée dans la boue.


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