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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme
Rencontre autour de «L'histoire de la médecine et de la pharmacie», à Beït El Hikma
Publié dans La Presse de Tunisie le 30 - 01 - 2012

«... La tolérance est notre devise... Et des termes comme Dignité ou Liberté, qui sont désormais les piliers de notre révolution, ne sont pas étrangers à notre histoire», a affirmé Docteur Hamza Saddem, président de la Société tunisienne d'histoire de la médecine et de la pharmacie, à l'ouverture de la rencontre organisée par cette association,vendredi dernier, à l'Académie tunisienne des Sciences, des Lettres et des Arts (Beït El Hikma). Deux conférences étaient au programme : la première, tenue par l'archéologue Leïla Sebaï Ladjimi, avait pour thème «Femme et métiers médicaux en Afrique antique» et la seconde, soutenue par la professeur à l'Université de La Manouba, Fatma Lakhdhar, a développé le passage du savoir de l'Orient à l'Occident.
Les deux conférencières ont affirmé, chacune dans son domaine, une idée majeure : le savoir est ancré dans notre culture depuis l'Antiquité. Leïla Sebaï est remontée jusqu'à la préhistoire pour montrer la place de la femme savante dans la société. «La seule représentation humaine que nous possédons de cette époque est une figure féminine. Une déesse». Serait-ce là, un indice pour démontrer que la gent féminine avait un poids majeur parmi les hommes? Faute de témoignages, de traces et de documentations, il est difficile d'aller plus loin dans ces thèses...
Les images s'éclaircissent surtout à l'époque romaine. Les inscriptions et les sources deviennent plus abondantes et même bavardes. Les femmes savantes s'avèrent nombreuses : elles sont des médecins, des professeurs, des philosophes... «On désigne par ce dernier titre les personnes qui maîtrisent le latin, signe du plus grand degré de savoir », précise l'archéologue. A cette époque, rien n'interdisait à ces femmes de pratiquer des métiers aussi nobles que la médecine. Nombreuses étaient celles qui étaient admises à l'Université de Carthage. La société le tolérait et l'acceptait. Il y avait même des hommes qui comptaient parmi les patients de ces femmes médecins, félicitées souvent pour leur compétence... «L'exclusion de la femme de la vie politique et économique est un phénomène relativement récent», a ajouté Sebaï.
L'archéologue a, toutefois, évoqué l'importance du rôle de la «sage-femme» à cette époque. «Non seulement, elle assistait les femmes en travail, mais elle accomplissait plusieurs rôles d'ordre religieux et même social. Elle était appelée parfois à former les couples pour garantir la belle progéniture», s'est encore amusée à raconter la scientifique. On appelait cette sage-femme la «matrone» ; un terme employé jusqu'aux derniers siècles, pour désigner ce métier.
Le savoir n'a pas de frontière
«L'histoire est comme une chaîne composée d'anneaux indissociables», affirmait pour sa part Fatma Lakhdar. Le chercheuse a commencé son intervention par une citation qui reconnaît l'apport de «la civilisation arabo-musulmane» dans l'éveil scientifique de l'Occident. «Une citation flatteuse certes, mais qui comporte beaucoup d'erreurs historiques», a précisé l'universitaire. Pour elle, cette civilisation ne peut pas être considérée comme une entité homogène. Elle comporte plusieurs races, langues et cultures... Ce qui a facilité et accéléré le passage du savoir d'abord des Grecs et des Romains et plus tard de l'Orient vers l'Occident... Fatma Lakhdar s'est attardée à expliquer ce passage complexe qui a commencé dès le XIe siècle et elle a fini par conclure en suggérant la réécriture de l'histoire de la médecine. «Plusieurs inventions et découvertes sont attribuées injustement à d'autres scientifiques. Il faut rétablir l'ordre des choses et lever l'injustice sur l'histoire de la médecine arabe». L'historienne va plus loin encore. Elle impose des conditions de travail pour mener à bien cette réécriture. Il est essentiel pour elle, de récupérer les milliers de manuscrits répartis dans les bibliothèques occidentales et de trouver, ensuite, des chercheurs qui maîtrisent les langues anciennes, (arabe, latin et autres), ainsi que la médecine moderne. «Il faut un local et un budget... Et tout cela ne peut se faire sans une volonté politique sérieuse», insiste-t-elle... Ce projet n'a pas l'ambition de valoriser le savoir de l'Orient sur l'Occident. Selon Fatma Lakhdar, la civilisation, dans son aspect scientifique, n'a pas de frontière. Elle est le fruit d'efforts humains cohérents et complémentaires qui tendent vers un avenir meilleur.


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