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Un poignant huis clos
Ceci n'est pas un film, de Jafar Panahi
Publié dans La Presse de Tunisie le 19 - 02 - 2012

Réalisateur de chefs-d'œuvre tels que Le Cercle rouge (2001) et Sang et or (2004), Jafar Panahi est considéré, avec Abbas Kiarostami, comme l'un des plus grands cinéastes iraniens. Ses films dénonçant les maux de la société, lui ont valu l'ire du pouvoir de son pays. Accusé de «propagande contre le régime», pour avoir réalisé un film sur le mouvement de protestation consécutif à la réélection du président Ahmadinejad en juin 2009, il est arrêté à son domicile le 1er mars 2010. Libéré sous caution le 25 mai 2010, son procès a eu lieu des mois plus tard. Verdict : six ans de prison avec interdiction de tourner des films pour une durée de 20 ans, de sortir du territoire iranien et de donner des entretiens aux médias. Cette sentence brutale est une mise à mort symbolique de l'artiste.
Mais, c'est sans compter avec la détermination de Panahi. Prisonnier désormais dans son appartement, il fait de sa situation le sujet même du film. Une chronique d'une journée de sa vie qui ne manque pas de drôlerie. Attendant incessamment le verdict de son jugement, le réalisateur contourne les interdits du régime et évite la passivité intellectuelle en se filmant en train de prendre le petit-déjeuner, téléphoner à son avocate, faire des plans de l'appartement vide, tourner en rond, demander à son ami Mojbata Mirtahmasb, un ami documentariste, de venir filmer pour lui quelques extraits d'un scénario censuré : l'histoire d'une jeune fille cloîtrée dans son appartement par ses parents, mettre en scène à l'aide de ruban adhésif en guise de marques au sol les premiers plans imaginaires de ce film avorté, méditer en compagnie d'un iguane qui se promène indifférent dans l'appartement. Il est clair que Panahi refuse de se résigner et continue à réaliser ce qu'il sait faire de mieux, le cinéma.
Voyage avec la puanteur
Ce huis clos n'est pas tant linéaire, une progression dramatique lui permet de prendre son envol. Son ami Mojbata doit rentrer chez lui, Panahi le filme à son tour avec son téléphone portable. Tandis qu'il le raccompagne à la porte de l'ascenseur, un jeune homme chargé de ramasser les poubelles en sort. Panahi s'empare de la caméra que son ami a abandonnée sur la table et s'engouffre dans l'ascenseur pour filmer le ramasseur de poubelles s'arrêtant à chaque étage de l'immeuble. La séquence est poignante et symbolique. Un «voyage avec la puanteur» qui s'achève, pour le cinéaste, devant les grilles de l'immeuble, alors que dans la profondeur de champ, pétarades et brasiers embrasent la rue à l'occasion de la célébration illégale de la fête du feu.
On reconnaît la marque d'un grand cinéaste à sa capacité de contourner les obstacles en réalisant une œuvre poignante sur l'impossibilité de tourner. Un extraordinaire acte de résistance mais, en même temps, un défi lancé à un pouvoir pour lequel la liberté de création n'existe pas. Dans ce bras de fer entre le réalisateur et le régime iranien, le cinéma sort vainqueur, car au final, ce sont «les images qui restent».


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