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Entre le marteau de l'autoroute et l'enclume de la révolution
Le souk d'El Jem
Publié dans La Presse de Tunisie le 02 - 04 - 2012

Le souk d'El Jem a-t-il perdu de son éclat ? En effet : tout simplement parce que l'autoroute M'saken-Sfax attire bon nombre de nos compatriotes. Ajouter que la prolifération des souks est la cause de la stagnation du marché d'El Jem. Là, l'inquiétude et le pessimisme prennent le dessus chez les commerçants.
A environ 200 km de Tunis et à 64 km de Sousse, le marché d'El Jem s'étend sur presque trois kilomètres regroupant des centaines de marchands qui exposent leurs articles à vue d'œil. En fait, tout au long de la route de Sfax, entre 200 et 300 magasins se sont dispersés de deux côtés. Quel genre de produits vendus? Alors, on peut trouver des luminaires, vêtements, rideaux, objets de décoration, ustensiles de cuisine, tapis, produits alimentaires, sanitaires, électroménagers, pièces de rechange, pneus de voiture... Bref, dans ce souk on peut trouver de tout.
A dix heures du matin, nous sommes dans le souk. Il était presque vide, à l'exception de quelques personnes ici et là. Alors que les commerçants sont, les uns en train d'ouvrir leurs boutiques et les autres de réorganiser leurs marchandises, des échoppes sont encore fermées. Une heure plus tard, le nombre de visiteurs commence à croître. On peut voir des familles, des couples, des hommes, des filles... en train de découvrir les produits. Pour eux, il faut prendre le temps de chercher puis décider quels produits ils doivent acheter. C'est le cas d'une famille, qui est en train d'équiper sa fille, future mariée en été, venue acheter des ustensiles de cuisine et des objets de décoration... Un peu plus loin, deux couples sont en train de choisir des luminaires en cristal. Dans une boutique de vêtements, on a rencontré une jeune fille, accompagnée de sa sœur, qui nous a expliqué «avant de décider quels sont les vêtements que je dois acheter, je fais le tour du souk afin de repérer la bonne qualité et le prix qui convient». Une dame de l'autre côté, est entrée en négociation avec le commerçant à propos du prix des vêtements qu'elle a pris pour sa fille. Une autre cliente nous a indiqué «qu'elle préfère ce souk car il regroupe tout : vêtements, électroménagers, tapis, rideaux, même les jouets et les produits alimentaires. Je ne suis pas obligée de me déplacer puisque je vais trouver tout ce dont j'ai besoin dans ce souk». Quelques mètres en avant, on a rencontré un enfant essayant de convaincre son père de lui acheter une bicyclette qui lui plaît. Un homme de l'autre côté est en train de vérifier les quatre pneus avant de les acheter... «Je suis un commerçant. Et chaque fois que je me déplace à El Jem j'achète tout ce qui me manque. Concernant les pneus, ils sont pour mon ami, ils sont moins chers ici. Pourquoi je préfère ce souk? nous a-t-il répondu, le système de commercialisation de ce souk me permet de bénéficier des prix très réduits sur des produits neufs». En fait, au souk d'El Jem chacun peut trouver ce qu'il désire en fonction de son budget. D'une autre manière, ce marché était depuis toujours une opportunité pour les gens ordinaires ou qui ont un revenu limité et qui trouvent tout ce qu'ils désirent pour des prix plus que compétitifs.
Le marché d'El Jem, d'autre part, a participé pendant des années, à limiter le problème du chômage, en fournissant plusieurs postes d'emploi.
Baisse du mouvement commercial
Malgré le grand nombre de clients, mais comparativement aux années précédentes, ce nombre et par la suite l'offre et la demande ont baissé d'une manière remarquable. Auparavant, la ville d'El Jem était la destination préférée pour l'ensemble de la République, notamment les couples qui vont se marier et qui comptent meubler leur futur foyer de tout ce qui lui manque et cela à moindres frais. Aujourd'hui, on remarque l'absence des rangs de véhicules garées sur les deux côtés et la diminution des foules des gens arrivés au marché. Nous pouvons dire que ce souk, qui avait connu un mouvement commercial et économique assez important tout au long les dernières années, passe aujourd'hui par une situation très compliquée. C'est, carrément, la stagnation.
La plupart des commerçants qu'on a rencontrés estiment que l'essoufflement de leurs commerces est dû, d'une part, à l'exploitation de l'autoroute M'saken-Sfax, qui contoure la ville. «Le flux des passagers a été réduit, nous affirme Mohamed, propriétaire d'une quincaillerie, on ne voit plus les files de voitures sur les deux côtés comme avant, ainsi que l'absence totale des excursions organisées chaque samedi et dimanche», il a ajouté avec un soupire. «Dès l'exploitation de l'autoroute, la baisse du mouvement commercial a dépassé les 50%». Cette situation s'est accentuée, d'autre part, par le «grand nombre de ce genre de marché qui ne cesse de croître de jour en jour». En fait, «le chiffre d'affaires réalisé en 2000 était entre 4 à 5 mille dinars par jour, alors qu'aujourd'hui, on peut passer de deux à trois jours sans effectuer des transactions commerciales», précise l'un des vendeurs.
De son côté Ajmia, vendeuse des meubles, voit que «cette situation est due à la prolifération de ce genre de marché : Souk Lahad à Sfax, Souk Boumendil, Souk Mellassine, Souk M'saken... et non pas à l'exploitation de l'autoroute. Mais, à mon avis le commerçant qui traite avec des clients fidèles ne sera pas affecté par cette autoroute. Le mouvement commercial a vécu une grande baisse qui a dépassé les 60%. En ce qui me concerne, le chiffre d'affaires réalisé en 2000 était environ trois mille dinars par jour...».
La crise de ces commerçants a été multipliée lors de la révolution tunisienne, égyptienne et libyenne. La Libye était toujours le passage principal des marchandises importées, par voie terrestre et provenant des marchés d'Asie et du Golfe. Suite à ces dernières secousses, notamment la perturbation observée à Ras Jdir, la situation de ce marché est devenue plus critique. Actuellement, les commerçants rencontrent des difficultés au niveau de l'approvisionnement, et ce, suite à l'absence totale des facilités douanières. Le volume des importations des marchandises sera diminué. La quantité et la qualité s'en ressentiront et les commerçants, par conséquent, vont trouver des difficultés, non seulement au niveau de l'approvisionnement, mais aussi au niveau des prix. Ceci pourraient inciter les uns à arrêter leurs activités et donc aggraver le taux de chômage.


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