Nouvelle année sous haute vigilance : 367 interventions de la protection civile en une journée    Nouvelle année, nouvelles règles : qui peut entrer aux Etats-Unis ?    CAN 2025 : Tunisie–Mali dirigé par l'arbitre sud-africain Tom Abonjel    Kerkennah : perturbations prévues sur les traversées aujourd'hui et demain    Drame du Nouvel An à Crans-Montana : des Français parmi les victimes    Démantèlement d'un réseau international de trafic de cocaïne à l'aéroport de Tunis-Carthage    Alerte du ministère des Finances : voici les dernières échéances fiscales de janvier 2026    Scandale des billets de la CAN : 118 personnes interpellées au Maroc    Droits de circulation : à partir d'aujourd'hui, payez en ligne ou directement auprès des recettes    Ministère des Finances : calendrier officiel de paiement des dettes et amendes pour 2026    Explosion dans un bar à Crans-Montana : plusieurs morts et blessés    Projets de lois : le président du parlement presse l'exécutif d'agir    Zahran Mamdani prête serment sur le Coran et entre dans l'histoire de New York    Prévisions météo pour le premier jour de l'année 2026    Conseil de sécurité: Vives contestations de la reconnaissance du Somaliland par Israël    Tahar Bekri : Voeux de l'oiseau patient    Etudier en France : procédures pour l'année 2025–2026 et Forum des Mobilités 2026    L'Année 2026 sera l'année de la lecture en Tunisie : pour réconcilier les jeunes avec les livres    Maroc 2025 : qui jouera et quand ce 31 décembre ?    Pluies record en Tunisie : où en sont les principaux barrages ?    Tunisie - Tanzanie 1-1: Une qualification amère    Match Tunisie vs Tanzanie : Où regarder le match de la CAN Maroc 2025 du 30 décembre?    ESET Research révèle LongNosedGoblin, un nouveau groupe APT aligné sur la Chine    La startup "PayDay" et la "BTE" lancent une nouvelle dynamique bancaire à fort impact RSE    Note de lecture : Une Reine sans royaume, de Hella Feki    Hammam-Lif : lancement officiel des travaux de restauration du Casino historique    George Clooney et sa famille deviennent Français et s'installent en Provence    Signature de cinq accords tuniso-saoudiens à Riyad    Décès de Brigitte Bardot, icône du cinéma et militante pour les animaux    De l'invisibilité à l'hyper-visibilité: le voile dans l'imaginaire onusien    Tunisie-Japon : SAITO Jun prend ses fonctions et promet un nouvel élan aux relations bilatérales    Kaïs Saïed : seule l'action sur le terrain fera office de réponse    Yadh Ben Achour reçoit le prix Boutros Boutros-Ghali pour la Diplomatie, la Paix et le développement (Vidéo)    Elyes Ghariani - Le Style Trump: Quand l'unilatéralisme redéfinit le monde    Fusillade de Bondi : 1,1 million de dollars récoltés pour le héros blessé !    Forum de l'Alliance des civilisations : Nafti plaide pour un ordre mondial plus juste et équilibré    Allemagne : une femme voilée peut-elle encore devenir juge ? La justice tranche    Accès gratuit aux musées et sites archéologiques ce dimanche 7 décembre    Trois marins portés disparus après le chavirement d'un bateau de pêche au large de Skhira    Après le choc de Fordo... l'Amérique se prépare à une arme encore plus létale et dévastatrice    Ouverture de la 26e édition des Journées théâtrales de Carthage    Béja : Deux femmes blessées après un jet de pierres contre un train de voyageurs (vidéo)    Il pleut des cordes à Nefza: Une journée sous le signe des intempéries    Le Brésilien Neymar victime d'une nouvelle blessure    Daily brief régional: Messages pour Gaza: Des bouteilles parties d'Algérie finissent sur le sable de Béja    Le Dollar clôture le mois de mai sous les 3 Dinars sur le marché interbancaire    CHAN 2024 : avec 3 tunisiens, la liste des arbitres retenus dévoilée    Coupe de Tunisie : ESS 2-4 ST, les stadistes au dernier carré avec brio    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.



L'amour et la haine, tout est illusion
Festival International du cinéma russe en Tunisie : Anna Karénine de Alexandre Zarkhi
Publié dans La Presse de Tunisie le 06 - 04 - 2012

Anna Karénine, «ce n'est rien, une femme qui aime un officier et qui se tue», disait Tolstoï. Pourtant, ce chef-d'œuvre de la littérature russe, écrit en 1877, a été adapté neuf fois à la télévision et au cinéma.
Le festival du cinéma russe, qui se déroule depuis samedi dernier à la capitale, entre la salle le Parnasse, la maison de la culture Ibn-Rachiq et le Centre russe des sciences et de la culture, a choisi pour le public tunisien, sous la section «retrouvailles», une de ces adaptations, purement soviétique, réalisée par Alexandre Zarkhi. Ce film est sorti sur les écrans de l'ex-URSS en 1967.
«Toutes les familles heureuses se ressemblent, chaque famille malheureuse est malheureuse à sa façon». Par cette phrase débute le livre et par un regard commence l'intrigue du film. Tatiana Samoïlova, dans le rôle d'Anna Karénine, se croyait heureuse, jusqu'au jour où elle découvre la passion en descendant les marches d'un train. Le coup de foudre. Ecartelée entre l'amour et son devoir, elle tombe malade. Son mari lui pardonne. Mais malgré ses efforts, elle ne trouve pas la force de quitter l'homme dont elle s'est éprise. Au nom de l'amour, elle défie la morale en vigueur dans la haute société, renonçant à son fils et à son confort... En face de ce couple tragique, un autre s'unit, heureux et répandant le bien autour de lui, celui de Kitty et de Lévine. Comme si chacun cherche le sens à donner à sa vie...
Pendant presque deux heures et demie, on s'introduit dans le monde élégant de la Russie du XIXème siècle : les bals avec leurs valses et leurs ballades ; les théâtres et leurs chants lyriques ; les dîners et les brillantes toilettes... Mais tout est sombre dans ce film. Les rondes ressemblent plus à une descente vertigineuse qu'à une danse ; la musique est criarde, presque stridente. Les acteurs évoluent dans des cadres moroses, à commencer par la maison des Karénine. Des murs rapprochés et des espaces vides où résonnent la voix monotone du mari, ses pas nerveux martelant le sol et les portes grinçantes qui s'ouvrent et se ferment... On traduit le malaise et l'étouffement d'une femme qui se révolte. «Elle (Anna) n'éprouvait plus envers son mari que la répulsion du bon nageur à l'égard du noyé qui s'accroche à lui et dont il se débarrasse pour ne pas couler», avait écrit Tolstoï. Le regard vacillant de Tatiana le confirme. L'amour et la haine se confondent dans une quête de l'absolu. La fidélité rejoint le mensonge et la vertu n'est qu'hypocrisie. Le mari d'Anna est représenté, dans ce film, comme l'ange et le diable. Il est l'incarnation parfaite du monde auquel il appartient, plus soucieux des apparences que de la trahison de sa femme. Il accorde à cette dernière son pardon, lui arrange des entretiens avec son amant. Il affiche, en même temps, sa souffrance, sa douleur et parfois sa rancune. Mais Anna ne sait ni mentir ni tricher et assume pleinement sa passion adultère. Au fil des jours, cet amour interdit perd de sa pureté et de sa flamme. Vronski, l'amant, finalement lassé, retrouvera les plaisirs de la vie mondaine, alors qu'Anna s'enfonce dans la solitude. Rien ne lui paraît réel. Tout est illusion, même sa propre existence. Sa quête de la vérité est vaine, elle devient une «femme perdue». Coincée entre les trains qui semblent «scier» l'écran, elle s'abandonne à la mort.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.