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A défaut de politique, une volonté politique
Emploi
Publié dans La Presse de Tunisie le 03 - 05 - 2012

Bien qu'il représente la première étincelle de la révolution de la dignité, l'emploi reste encore le dossier qui fâche, qui crée des tensions dans les différentes régions du pays et qui connaît le plus d'entraves et de lenteurs, ne pouvant satisfaire les attentes des Tunisiens et les objectifs de la révolution. Le nombre des sans-emploi augmente de jour en jour : près de 900.000 actuellement dont 240.000 diplômés du supérieur, contre environ 500.000 en janvier 2011, dont 60% de diplômés du supérieur. Les sit-in, grèves et blocages des routes, contestés par les uns et soutenus par les autres, neutralisent les rouages de l'économie et accentuent le sentiment général d'instabilité et d'insécurité. Le gouvernement actuel, comme ceux qui l'ont précédé, tente de prendre des mesures pour réduire le taux de chômage qui a évolué de manière constante, atteignant aujourd'hui 19% (13% en janvier 2011). Jeudi dernier, au siège de l'Assemblée nationale constituante, le chef du gouvernement a dévoilé aux Tunisiens la stratégie de son gouvernement en matière de lutte contre le chômage. Il compte d'abord sur la Fonction publique pour résorber une infime partie de l'iceberg, au risque d'alourdir la charge de l'Etat, de creuser davantage son déficit, sans apporter les solutions qui rassurent et qui rétablissent la confiance des investisseurs nationaux et étrangers.
Eu égard à la conjoncture économique et sociale qui prête à l'inquiétude, le programme du gouvernement paraît ambitieux pour certains experts. Car, malgré des indicateurs au rouge, révélés par le dernier communiqué de la Banque Centrale de Tunisie, M. Hamadi Jebali a annoncé, devant les élus de la nation, la création d'emplois, une croissance positive et fait des promesses fermes d'investissements, outre des mesures de lutte contre la précarité, le déséquilibre régional et la corruption.
Grandes promesses pour petits moyens
Sans parler de politique de l'emploi, il y a une volonté politique de lutter contre le chômage, et le gouvernement de Hamadi Jebali mise sur la Fonction publique pour créer 25.000 nouveaux postes, dont 11.000 dans les entreprises publiques, d'ici la fin de l'année en cours. Se fixant l'objectif d'une croissance de 3,5%, le gouvernement promet de créer en tout 75.000 emplois au terme de l'exercice 2012. Le programme de construction de 30.000 à 35.000 logements sociaux, à lui seul, devrait, selon le chef du gouvernement, favoriser la création de 80.000 emplois directs et indirects. Des emplois toutefois non durables.
Par ailleurs, dans le cadre de la réforme active de la politique de l'emploi d'avant le 14 janvier 2011, il est prévu d'améliorer et de renforcer les mécanismes existants de promotion de l'emploi, tels que le Stage d'initiation à la vie professionnelle (Sivp), le Contrat d'insertion et d'adaptation (Ciap), le Programme d'accompagnement des promoteurs des petites entreprises (Pappe), le Programme du service civil volontaire et le Contrat de réinsertion dans la vie active (Crva), avec la consigne de regrouper les mécanismes de l'emploi tout en simplifiant leurs procédures. L'objectif de ces programmes étant d'augmenter les chances d'embauche des diplômés du supérieur et ceux de la formation professionnelle, moyennant des efforts supplémentaires en matière d'élaboration de programmes de formation qualifiante et adéquate. Pour les sans-emploi, la prime mensuelle a été maintenue. Et c'est au secteur privé que le chef du gouvernement fera appel pour créer d'autres emplois et contribuer à réduire le taux de chômage, actuellement de 19%.
Pour nombre d'analystes, les intentions sont bonnes mais les promesses difficiles à tenir. Et pour cause. Altération du pouvoir d'achat des Tunisiens et, partant, de la consommation (taux d'inflation 4,5%). Lourd dossier social affichant un taux de pauvreté de 24,7% et que le gouvernement prétend pouvoir réduire de 50% d'ici la fin de 2012 en accordant l'aide sociale (100 dinars) à davantage de familles nécessiteuses (285.000). Au niveau des investissements, malgré les appels réitérés du gouvernement de la Troïka, les investisseurs nationaux et étrangers font presque du surplace. L'hésitation est justifiée par les mouvements sociaux — même les annonces des résultats des concours de recrutement dans les entreprises publiques entraînent des sit-in —, par le blocage de la production des entreprises publiques (CPG, Groupe chimique...), les revendications qui fusent de toutes parts et se succèdent et par le manque de visibilité sur le terrain des libertés et de la démocratie. Or d'aucuns ne sont pas sans savoir que c'est la croissance, la consommation et les investissements qui créent des emplois. Les économistes affirment qu'un point de croissance correspond à la création de 15 mille emplois. Du côté des financements publics, une bonne partie relève de l'aléatoire, soit 1.200 MD devant provenir du rapatriement des biens de Ben Ali et de ses proches.
Problème d'employabilité
L'analyse du chômage en Tunisie telle que faite par certains économistes explique en partie l'optimisme de l'actuel gouvernement et des parties qui veulent bien y croire. «Il n'y a pas de problème de chômage en Tunisie», affirme-t-on dans une des tribunes consacrées au débat sur le chômage. «Les entreprises économiques sont en train de recruter et leurs besoins se chiffrent par milliers d'offres d'emploi, mais le marché ne répond pas à leurs attentes sur le plan qualitatif», assure-t-on dans cette même tribune. Le problème est plutôt identifié en termes d'employabilité et plus précisément de l'inadaptation de la formation et de l'enseignement supérieur aux besoins du marché de l'emploi. Du déjà-entendu, en somme. En d'autres termes, l'université serait en train de fabriquer des dizaines de milliers de chômeurs (80.000 chaque année) au lieu de produire des ressources humaines prêtes à l'emploi. Cette analyse n'est pas nouvelle et l'on se souvient encore que l'on s'est évertué par le passé d'expliquer que la réforme LMD de l'enseignement supérieur a été, à juste titre, adoptée pour améliorer l'employabilité des jeunes diplômés du supérieur. Pour les autres, c'est la composante formation professionnelle qui a été revue et corrigée. Mais pour quel résultat ? En tout cas, le gouvernement de la Troïka promet dans son programme économique et social de 2012 de revoir cette formation et de mettre au point des programmes qualifiants. Une initiative ambitieuse qui aurait besoin de plus d'une année pour être concrétisée. En attendant, la prospection des opportunités d'emploi du côté de la Libye voisine et l'ouverture de nouvelles négociations salariales entre l'Etat et les partenaires sociaux semblent plus proches des attentes urgentes des Tunisiens.


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