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La machine infernale
Désinformation et propagande
Publié dans La Presse de Tunisie le 07 - 05 - 2012

• Les mécanismes ayant permis de détruire un secteur, celui des médias, qui était déjà embryonnaire, en l'instrumentalisant à outrance
Par Foued ALLANI
«Cachez-moi ces informations que je ne saurais voir!», leitmotiv de toute dictature qui se respecte. Cette créature laide et disgracieuse, monstrueuse même, a, en effet, besoin d'épaisses couches de cosmétique pour maquiller sa hideuse réalité et paraître sous son «meilleur» jour.
Pour se construire puis s'enraciner, une dictature a, faut-il le rappeler, besoin de réduire puis de détruire toute forme de critique et même toute tentative de donner une version des faits, autre que celle qui est considérée comme officielle, toute idéologie autre que celle consacrée.
Mais le système dictatorial construit par et pour le déchu avait épousé à fond la logique tartuffienne et criait à qui voulait l'entendre qu'il était le champion des droits de l'homme et des libertés publiques et individuelles et qu'il faisait tout pour promouvoir le secteur de l'information. Ce qui aggravait son cas, car la réalité était aux antipodes de ses déclarations.
Déjà fragile avant 1988, le secteur de l'information a été quasiment détruit à partir de cette date. Production, diffusion et consommation de l'information, ont, en effet, subi, chacune les assauts d'un régime qui déteste l'information médiatisée jusqu'à la moelle des os au profit de celle à caractère policier et sécuritaire. Dans ce volet bien précis, il a fait des progrès énormes à tous les niveaux.
Dire que le secteur de l'information a été détruit c'est dire qu'il a été totalement apprivoisé, dominé, instrumentalisé, vidé de sa substance. Retour de manivelle, la majorité des Tunisiens se sont retournés vers les médias étrangers à l'affût de toute information, opinion, analyse ou critique pouvant discréditer le régime déchu le 14 janvier 2011.
Ainsi est donc née une certaine résistance passive qui a été très utile après le 17 décembre 2010 et même bien avant cette date.
Ménager le pouvoir, acquérir des galons
Possédant trois composantes essentielles, socio-culturelles, politique et économique, le secteur de l'information est resté embryonnaire en Tunisie et était presque totalement asservi au pouvoir politique, qui, à travers son administration et depuis l'Indépendance, délivrait au compte-gouttes les visas de publication tout en assurant que ce fameux obstacle n'existait pas. Une imposture en bonne et due forme.
Décidé d'assurer un contrôle total de l'arrivée de nouveaux titres sur la scène, le pouvoir, en promulguant en 1975 le code de la presse, a mis en place une supercherie tragi-comique appelée «le récépissé» (loi n°75-32 du 28 avril 1975, articles 13 et 14). Pour lancer un périodique, il fallait en faire déclaration auprès du ministère de l'Intérieur. Celui-ci est tenu de délivrer à l'intéressé un récépissé. Précieux document qui seul peut faire démarrer l'imprimerie. Or, on pouvait attendre une éternité sans que ce document ne soit délivré.
Resté embryonnaire, le secteur de l'information était en plus en majorité détenu par le public donc inféodé au pouvoir politique qui désignait ceux appelés à diriger les institutions médiatiques et apparentées et leur dictait ce qu'il fallait publier et ce qu'ils devaient censurer.
Les médias privés, eux, appartenaient à des propriétaires, surtout personnes physiques, dont le premier souci était le maximum de gain, ce qui était tout à fait légitime de leur point de vue. Leur attitude était donc de ménager autant que faire se peut le pouvoir. Ceux qui ont essayé de hausser légèrement le ton ont vite été échaudés. Redressement fiscal, fermeture de la manne de la publicité publique (annonces appels d'offres…) et souvent les deux à la fois. Un bâton, plutôt un gourdin mille fois plus éloquent que n'importe quelle carotte, si douce soit-elle.
Quand les lignes rouges sont approchées par un média, même la publicité privée pouvait être retirée. Facile était la dissuasion de ces annonceurs privés par les pouvoirs politiques.
Le régime s'était donc entouré de toutes les précautions en amont. (Voir notre article : Aveuglement et surdité - La Presse du 15 janviert 2011).
Ecraser les journalistes
Et à mesure qu'il plantait ses tentacules dans la chair de la société, il tuait toute tentative de prise de distance par rapport à ses choix. Il lui fallait donc porter atteinte aussi à l'organe le plus noble du secteur qui est le corps des journalistes. Il fallait déprécier le métier, le corrompre, (en payant aussi le silence de certaines «brebis galeuses») le discréditer, le vider de l'intérieur, le miner par les intrus, affaiblir sa formation initiale puis continue, le noyer dans des conditions de travail lamentables et surtout le livrer à la précarité.
Le déchu est resté plusieurs années de suite après son usurpation du pouvoir en 1987 à dénigrer les journalistes, à les taxer de lâcheté, de manque d'audace, d'autocensure, de non-professionnalisme et feignait son mécontentement d'un secteur qui, d'après lui, restait à la traîne de «l'essor que connaissait le pays dans tous les domaines» (une véritable supercherie)...
Entre-temps, il planifiait, à travers ses conseillers, surtout Abdelwaheb Abdallah, sa mainmise sur leur association (l'Association des journalistes tunisiens ou AJT, fondée en 1962), puis sur leur Syndicat national né de la métamorphose en 2008 de l'AJT, une naissance forcée, dictée par la volonté du régime de contrecarrer un syndicat des journalistes créé au sein de l'UGTT en 2004 par des journalistes militants. Structure qui a fini par disparaître car jamais reconnue par les autorités.
Non convaincu de l'équipe dirigeante du nouveau syndicat démocratiquement élu car ayant fait valoir son indépendance, le régime déchu n'y était pas allé par quatre chemins. Le 15 août 2009, soit quelques semaines avant les élections présidentielles et législatives d'octobre, il organisa, par le biais de ses fidèles, un congrès qui sera qualifié de putschiste. Instance à laquelle les journalistes des médias publics ont participé sous la menace.
Cela sans oublier parmi, les méthodes d'asservissement des professionnels, le palmarès du Prix annuel Hédi-Laâbidi de journalisme, qui récompensait «les plus méritants» dont certains, ironie du sort, n'étaient même pas journalistes.
Un montage diabolique
Trois principales fonctions incombaient aux médias du temps du déchu. Gonfler au maximum l'activité du régime et reluire son image, masquer toute information qui dérange, minimiser son impact en attaquant sa crédibilité, donc tout un travail de désinformation et enfin souiller à fond opposants et militants des droits de l'homme au regard de l'opinion publique nationale et internationale en usant de calomnie, de mensonges et de méthodes immorales s'il le fallait. Là une presse de caniveau assurait la sale besogne. Et comble de la mascarade, le déchu intervenait parfois pour soi-disant «remettre les pendules à l'heure» et appeler à l'éthique professionnelle, à l'éthique d'une façon générale.
En s'installant sournoisement, la dictature avait profité d'un préjugé favorable né avec elle comme l'espoir d'un naufragé en voyant une planche. C'est à cette époque-là, d'ailleurs assez courte (1987-1989) ,que tout le dispositif propagando-censuriel s'était mis en place. Celui-ci se basait sur les postulats suivants:
• L'information doit être au service du développement. Lire au service des politiques publiques tracées par le pouvoir politique qui contrôlait également de fait le pouvoir législatif et judiciaire. Lire aussi au service de la communication gouvernementale. Cela voulait tout dire car entre communication et journalisme, il y a tout un monde.
Ainsi les médias se sont rapidement retrouvés en train du jouer la caisse de résonnance d'une machine à brasser du vent, puisque le régime multipliait les décisions, les textes, les rencontres, les consultations bidon de façon à occuper le terrain événementiel. Il leur fallait colporter, rabacher, applaudir, mettre en exergue, recenser les «acquis»…
A chaque petite décision toujours «éclairée», il fallait «pondre» des éditos, des commentaires, des témoignages… afin de mettre en valeur la politique du «projet civilisationnel du changement».
Un discours officiel engendrait un autre médiatique qui, tous deux, se conjuguaient pour orchestrer la propagande dans la plus pure philosophie du conte «Le roi est nu». Résultat, l'investigation a été définitivement radiée du répertoire du travail journalistique.
• Le président-chef de l'Etat-artisan… du changement est infaillible et la Tunisie a de la chance d'avoir à sa tête ce génie en avance sur son temps, modeste, magnanime, visionnaire, humaniste, l'enfant reconnaissant et plein de gratitude pour notre mère-patrie, protecteur de l'intégrité du pays et de l'honneur de la religion. Soit, pour être concis, instaurer et entretenir le culte de la personnalité. Il fallait coûte que coûte construire pour le dictateur une légitimité qui saurait concurrencer celle de son prédécesseur et pourquoi pas la surpasser. A la place de la soulamiya qui, chaque matin, glorifiait «le combattant suprême», le premier dictateur, les responsables de la Radio nationale n'ont pas trouvé mieux qu'une chanson de feu Ali Riahi (décédé en 1970) qui disait «que Dieu te préserve pour moi, zine ez Zine seigneur des seigneurs et qu'Il nous protège tous les deux du mauvais œil» (tebgueli ye zin'ezzine, yé sid el asiyed y'najjik wi najjini min aïn el hossèd). Eh bien, c'est presque tous les matins que cette chanson était diffusée. Même le hasard était récupéré au profit du culte de la personnalité.
C'est aussi l'histoire du portrait consacré du «Président», à la une de tous les quotidiens même le jour où il n'a effectué aucune activité. Idem pour les médias audiovisuels qui étaient obligés (ou bien excès de zèle) d'ouvrir avec la fameuse photo et un rappel des activités.
Il fallait aussi récupérer toute idée originale ou tout évènement positif et en faire une invention géniale de l'artisan. C'est le cas par exemple de la médaille de la santé octroyée à la Tunisie en 1996 ou l'idée d'organiser le Sommet mondial sur la Société de l'information (SMSI).
A partir de 1999, les médias devaient encenser aussi l'épouse en utilisant la formule officielle (la dame vertueuse…», la famille honorable (karima) et les belles-familles du déchu. Là tout ce beau monde jouissait de la priorité absolue et de plus en plus d'espaces privilégiés comme les «une» des journaux et le prime time des télés.
Une vraie surenchère s'était alors développée et chacun voulait mettre du sien et rajouter de sa sauce. C'était d'ailleurs l'un des mécanismes hystériques qui s'est très tôt installé d'une façon que nous croyons préméditée et planifiée. Un organisme a été même établi pour créer et entretenir ce culte et l'exporter à l'étranger.
Unifier le message pour mieux mobiliser les énergies. Dans la plus pure tradition totalitariste, le régime déchu faisait tout pour créer et diffuser un discours normalisé, selon un registre contrôlé et aseptisé, toujours positif, laudatif et optimiste.
Il y avait donc création d'un discours, le plus souvent présidentiel, qui répondait à ces critères afin qu'il puisse servir de socle à toute la communication politique.
Ainsi, si vous prenez part en tant que journaliste à un meeting présidé par exemple par un ministre, ce que dira ce dernier sera totalement différent du communiqué qui émanera de l'agence TAP (Tunis-Afrique Presse). Texte déjà préparé bien avant l'évènement par les soins de l'attaché de presse dudit ministre.
Les ministres avaient déjà depuis des années imposé aux rédactions (sans doute après consignes suprêmes) de ne se référer qu'aux dépêches de la TAP dès qu'il s'agit de leurs discours et allocutions. Principe de précaution et d'aseptisation oblige. Il n'était pas rare ainsi que certains responsables de médias aillent jusqu'à envoyer des produits prêts à la publication ou à la diffusion à Carthage pour avis afin d'être à l'abri d'éventuels problèmes.
Cette manie de tout centraliser nous allons la retrouver au quotidien quand les professionnels des médias étaient à la recherche de l'information. Aucun cadre, si élevé soit-il dans la hiérarchie administrative, ne pouvait fournir des informations sans l'aval d'un personnage-clé du système de verrouillage, l'attaché de presse du ministère ou de l'organisme public sollicité.
Si certains d'entre eux étaient plus ou moins coopératifs et se pliaient en quatre pour faciliter l'accès à l'information publiable, d'autres étaient des champions dans l'art de devenir invisibles et inaccessibles.
• L'information doit servir l'image du pays. Traduire, éviter à tout prix de soulever les vrais problèmes et enjoliver la réalité. L'argument massue étant qu'il faudrait éviter de porter atteinte aux efforts d'attraction des investissements et des touristes étrangers.
Afin de mieux convaincre du bien-fondé de cette démarche, on nous racontait dès 1993 l'exemple du «scorpion qui avait dissuadé bon nombre de touristes allemands à venir en Tunisie».
Il s'agissait, selon cette version, d'un article paru dans un journal allemand avec une «belle photo» à la Une sur la base d'un reportage publié dans un journal tunisien qui alertait sur la prolifération dans le Sud de cet animal venimeux.
Tout était donc permis à ceux qui voulaient tout interdire, qui usaient et abusaient des ciseaux et profitaient ainsi pour tuer toute critique, fût-elle constructive et bien argumentée.
Le pire dans tout ça, c'est que la plupart des institutions appliquaient une règle très simple : vous la critiquez, eh bien, vous n'aurez plus à l'avenir aucune information.
En juin 2010, et pour les besoins d'une enquête de notre journal sur le suicide en Tunisie, le ministère de la Justice nia en bloc l'existence de statistiques alors que tout le monde sait que ces morts violentes et provoquées font toujours l'objet d'une autopsie bien notifiée par l'appareil judiciaire et qu'un centre d'études dépendant dudit ministère avait pour entre autres missions d'étudier ce genre de phénomènes sur la base des rapports et des PV archivés.
• L'information doit réfuter les allégations des détracteurs et défendre les acquis. Une activité orchestrée par le fameux conseiller logé au Palais de Carthage et qui tirait à boulets rouges sur tout ce qui bouge. C'est-à-dire, toute information ou opinion jugée non conforme aux versions et messages officiels est systématiquement attaquée et leurs auteurs traînés dans la boue. Des journalistes (par le fait de leur exercice dans un média et non par une vocation professionnelle) avaient brillé dans ce genre de tâche bien rémunérée.
Résultat : un article paru à l'étranger que presque personne n'a lu est attaqué dans la presse nationale sans que personne ne sache exactement de quoi il parlait. Du coup, tout le monde devenait curieux et certains finissaient par en obtenir une copie.
Bref, un monde kafkaïen doublé d'un cauchemar à la stalinienne où l'édito d'un journal (appelé à La Presse dans notre jargon interne «l'intox») pourrait être écrit plusieurs années à l'avance sans que cela ne soit senti par les lecteurs (s'il y en avait) et où en l'écrivant, l'éditionaliste craignait de se trahir lui-même à force d'avoir peur d'écrire ou de dire quelque chose qui serait interprété comme une velléité d'opposition, car la machine de la propagande et de la censure avait l'extraordinaire don de lire entre les lignes.
Exemple, un article a été censuré car il parlait des méthodes du choix du sexe du fœtus parcequ'à cette époque le dictateur n'avait pas encore un fils.
L'important aujourd'hui est de faire en sorte que cette machine soit livrée à la casse sans récupération car elle risque à tout moment de se remettre en marche.


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