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L'école des cadavres
Opinions
Publié dans La Presse de Tunisie le 21 - 05 - 2012


Par Fethi El Mekki*
Il paraît, selon certaines mauvaises langues, que pour les élections de mars 2013, les jeux seraient déjà faits... que les prosaïques, vont les remporter haut la main...et sans coup férir... Pour être honnête, pour une fois, ces langues ne sont pas aussi mauvaises que l'on prétend...
En 2009, lors d'une discussion avec l'éminent sociologue Abdelkader Zghal, ce dernier a résumé la situation politique d'alors, en un seul mot : la bêtise...mon cher, c'est la bêtise qui gère le Palais de Carthage...
Depuis, pas mal d'eau... bénite, a coulé sous les ponts... Et on ne pensait pas que la bêtise pouvait avoir un avenir aussi prospère... Que nenni, non seulement elle persiste, mais elle est plus foisonnante, plus diversifiée et plus rayonnante que jamais...
En mai 2012, l'impact de la bêtise est de plus en plus fort...On prend son temps, on progresse et on tient le rythme sans faiblir...Bref on a atteint la maturité...
Lorsque la démocratie sert de tremplin à la bêtise, on se surprend à regretter la dictature...
Les matous castrés
En face du parti au pouvoir, on a une «opposition» débridée, laminée, amorphe et atone, formée par un groupe d'individus, nombrilistes et individualistes, qui ont décidé de jouer en solo... Ces gentilshommes, nombreux à se présenter au guichet après la «libération», sont de piètres politiques, irresponsables, égocentriques et se comportent comme des gamins en crèche. Ils ne voient pas plus loin que le bout de leur nez, et ne se rendent pas compte qu'ils n'ont aucune chance de remporter quoi que ce soit, dans n'importe quelle élection...
Cette pseudo-opposition, puisqu'il s'agit de cela en fait, va tout droit devant elle. Elle ne sait pas où elle va. Mais elle y va sans détour... Au train où vont les choses, et si elle continue dans cette voie... ça va dérailler ferme et en grâce...d'autant plus qu'elle est prise tous les jours en flagrant délit d'escroquerie morale... Pourtant, arrogante, agressive et très sûre d'elle, comme un croque-mort, elle semble la mieux placée pour porter le cadavre du pays...
Aseptisée, mal calibrée, à peine consciente, à peine perçue, particulièrement douée pour les gloses, les insultes, les infamies, les chicanes, la calomnie, le népotisme, les magouilles, les élections douteuses, les nominations partisanes, les élucubrations, les palabres, les cabales et le farniente avec un naturel et une aisance époustouflants, elle donne, malgré elle, un spectacle divertissant, très instructif et révélateur de son degré de patriotisme...
Le plus pittoresque, c'est que c'est du beau linge. Du cadre supérieur. Du pignon sur rue. Mais prêt à tout pour accéder à la lumière... Même blafarde... Parfumés, rasés de près, costumes de bonne coupe, chemises blanches impeccables, tailleurs de couturier de renom et droits comme un i devant la caméra. Dominateurs et doués pour les paroles désarticulées, ces aigrefins s'écoutent parler... Les propos dégoulinants, tel un fleuve de lait pasteurisé, à défaut d'être tranquillisants sont anesthésiants...
A défaut d'investir dans le rassemblement et l'innovation, elle investit dans la bêtise, les mots creux, les phrases assassines et surveille de très près ses placements hasardeux... Suivez bien son raisonnement, il est sans fissure...Et celui qui diffère d'elle, lui gâte la digestion et trouble la sérénité de ses paysages intérieurs...
Ces «opposants» bien pensants, se soucient, non pas d'assurer l'avenir de leur pays ou de ceux qui ont voté pour eux, mais plutôt d'assurer leur avenir personnel. Tout leur être est arc-bouté sur ce misérable objectif... Pourtant en politique, il est bien connu, qu'on n'assure pas son avenir, on le choisit et on l'invente...
Comme un arbre foudroyé, qui ne sait pas qu'il est mort, «l'opposition» finissante et agonisante, livrée à des luttes intestines pitoyables, rigolotes et impardonnables, va s'agiter jusqu'aux prochaines élections, tel un pantin désarticulé, avant de rendre l'âme...
La politique demeure l'un des seuls domaines où l'on continue à nous parler comme à des enfants...Ceux qui croient à de telles bouffonneries devraient plutôt s'initier aux mystères des défaites cuisantes annoncées...
Vérités acerbes
On distingue deux branches maîtresses issues du tronc commun de la bêtise : la branche de ceux qui ont pris conscience de leur état et celle de ceux qui ne sont pas au courant et qui ne savent pas ce qu'ils font...
En Tunisie, les adeptes de la bêtise en politique, que je surnommerai par pudeur, les imbéciles, forment un club. Car la bêtise est un club. A la fois ouvert à tous et très fermé. Pour s'inscrire au club, certains ambitieux, mettent comme on dit le paquet, d'autres font même des démarches pour y entrer. Plus rarement, on peut s'y parrainer soi-même, mais il faut vraiment y avoir fait ses preuves...
Ses adhérents très fiers, qui ont négligé le caractère fatal de l'ascension par la bêtise, n'aiment pas les intrus. Car les imbéciles ne supportent que la compagnie des imbéciles...Assez souvent, certains y trouvent refuge, pour avoir la paix...et même l'esprit le plus délié éprouve une véritable fascination à son regard...
Cette tare a ouvert aux fidèles falots de nouveaux horizons... Ainsi on écrit une page sans gloire de l'histoire des idées creuses et on se raccroche aux vieilles formules tout en changeant les dosages. Hantés par des rêves hors de prix, on force sur la bêtise et on gravit chaque jour un degré de plus...oubliant que quand on veut être au centre de tout, on est au centre de rien...les faits sont là, le vide est sidéral...
Grâce à ces partis de pacotille, où le rentre-dedans est un besoin impérieux, on assiste à l'apothéose de la bêtise: des millénaires de progrès pour en arriver, non pas à supprimer l'imbécilité, mais à la perfectionner...puisque aujourd'hui, non seulement elle connaît une vogue certaine mais en plus, c'est une valeur sûre... Pourtant il y a de plus en plus de gens qui n'ont plus envie de mettre leur destin entre les mains de ces inconscients... qui par leur attirance par la bagatelle, leur aveuglement et leur haine, naviguent pour le parti d'en rire...
Fait important, le club présente la même affiche que celle qu'on trouve dans les toilettes : on est prié de laisser cet endroit dans le même état que celui où on l'a trouvé...
Henri Verneuil disait : «Il y a une chose plus grave que la trahison : c'est la bêtise...»
Une dette honteuse
Ces arrivistes prétentieux ont l'impression de réparer les dégâts, de sauver leur civilisation, alors qu'ils sont en train d'ensevelir l'espoir qui avait un instant surgi, le 14 janvier. Ils croient de bonne foi éteindre un incendie, c'est la lumière qu'ils éteignent...
Par leurs calculs mesquins, effrayants et hideux, par une attraction morbide, pathologique et utopique du pouvoir, ils ont décidé de livrer le pays à une griffue intelligentsia, pour qui le livre doit être épais comme un coussin, pour être glissé sous la nuque à l'heure de la sieste...
Quoi qu'il arrive, avec ces pharisiens hallucinés, le résultat est là : non seulement ça saigne bien comme il faut, mais en plus on ensevelit lentement mais sûrement, tout l'appareil d'Etat, sous des nominations partisanes avec l'incompétence que l'on sait...Alors de grâce chers messieurs réveillez-vous et cessez de rêvasser et de regarder le monde de haut...
Pour sauver nos enfants des exciseurs et des menteurs, comme l'a fait, si fièrement, l'Algérie, il faut se réunir sous une seule bannière, au sein d'un seul parti, derrière un seul homme, comme un seul homme, avec le défi de sauver notre si beau pays, la Tunisie, des intempéries de la nuit...
Homère disait : «Le sot ne s'instruit que par les événements...»
*(Pneumo-allergologue)


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